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Mgr Bernardito Auza @ Holy See Mission

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ONU: Mgr Auza déplore la situation des réfugiés palestiniens

Devant le Bureau de secours pour les réfugiés du Moyen Orient

« Tant que le sort des réfugiés palestiniens ne sera pas suffisamment pris en compte, le travail de l’UNRWA restera inestimable pour les cinq millions d’habitants de Gaza, de Cisjordanie, de Jordanie, de Syrie et du Liban qui, sans l’appui de l’Agence, vivraient dans une misère encore plus grande et un désespoir encore plus profond », a déclaré Mgr Auza.

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège, est intervenu à la quatrième Commission de la soixante-douzième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, sur le point 53 de l’ordre du jour : Bureau de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), à New York, le 6 novembre 2017.

« L’Agence mérite l’encouragement et le soutien tangible de la communauté internationale », a poursuivi le représentant du Saint-Siège, en particulier en ce moment où « elle opère dans des environnements de plus en plus difficiles » et doit « faire face à une situation financière difficile et instable, car le financement n’a pas suivi le nombre et les besoins accrus des réfugiés palestiniens ».

Voici notre traduction du discours prononcé en anglais par Mgr Auza.

HG

Intervention de Mgr Auza

Monsieur le Président,

Le Saint-Siège exprime une fois de plus sa profonde gratitude pour le travail inestimable accompli par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). L’Agence mérite l’encouragement et le soutien tangible de la communauté internationale, en particulier à un moment où elle opère dans des environnements de plus en plus difficiles en raison des conflits armés et de la détérioration de la situation humanitaire au Moyen-Orient.

Ma délégation est particulièrement alarmée par la situation en Syrie, où le conflit en cours fait des ravages à la fois sur les réfugiés palestiniens et sur le personnel de l’Office. L’UNRWA estime que le nombre de personnes dans le besoin approche rapidement de la population totale des réfugiés palestiniens enregistrés en Syrie, soit plus de 500 000 personnes. Des milliers ont été contraints de quitter leur foyer et sont devenus des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI). D’autres réfugiés palestiniens ont été contraints de quitter le pays. Le Saint-Siège suit également avec une profonde inquiétude l’impact significatif de la crise syrienne sur les pays voisins. Au Liban en particulier, l’augmentation du nombre de réfugiés palestiniens dépasse les capacités des camps existants et influe sur les possibilités du Liban lui-même.

En plus de tous les défis liés aux différentes crises dans la région, l’Office continue de faire face à une situation financière difficile et instable, car le financement n’a pas suivi le nombre et les besoins accrus des réfugiés palestiniens. Depuis les 750 000 réfugiés au début des activités de l’Office en 1950, l’UNRWA en aide maintenant environ cinq millions.

Monsieur le Président,

En fin de compte, notre objectif est de rendre l’UNRWA superflu et inutile, mais la seule façon de le faire est de le priver de sa raison de poursuivre les opérations, par l’application intégrale de la résolution 181 de 1947 de l’Assemblée générale. Malheureusement, seulement la moitié de cette résolution a été mise en œuvre. Les récentes tentatives progressives pour s’éloigner de la solution des deux États sont très préoccupantes. L’effondrement, en avril 2014, des négociations de paix entre les deux parties a conduit à des actions unilatérales négatives et à des actes de violence alimentés par une rhétorique incendiaire des deux parties. L’égarement du processus de paix de Madrid et les Accords d’Oslo des années 90 ont accru le niveau de frustration et de désespoir parmi le peuple palestinien.

La question palestinienne demeure donc centrale, de manière regrettable, parmi tous les problèmes qui affectent le Moyen-Orient aujourd’hui. Sa résolution aura un effet bénéfique en cascade sur les autres crises dans la région et permettra finalement à l’UNRWA de jouir de sa retraite définitive et bien méritée. Cependant, tant que le sort des réfugiés palestiniens ne sera pas suffisamment pris en compte, le travail de l’UNRWA restera inestimable pour les cinq millions d’habitants de Gaza, de Cisjordanie, de Jordanie, de Syrie et du Liban qui, sans l’appui de l’Agence, vivraient dans une misère encore plus grande et un désespoir encore plus profond.

Pour cette raison, le Saint-Siège réaffirme, comme depuis 1947, son soutien indéfectible au droit de l’État d’Israël et d’un État palestinien de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues dans une atmosphère de respect mutuel et de coopération. Le Saint-Siège est convaincu que la solution des deux États est la seule option qui permettrait la coexistence pacifique d’Israël et de la Palestine. S’ils n’acceptent pas d’exister côte à côte, réconciliés et souverains dans des frontières mutuellement convenues et internationalement reconnues, la paix restera un rêve lointain et la sécurité une illusion. Et l’UNRWA, qui n’était pourtant pas destiné à durer aussi longtemps et encore moins à être permanent, continuera d’être nécessaire.

Bien que sa mission et son travail soient principalement humanitaires, l’Agence demeure un facteur important de stabilité dans une région troublée. Les objectifs et les activités de l’UNRWA dans les domaines des soins de santé, de l’éducation, du niveau de vie décent et des droits de l’homme pour les réfugiés palestiniens sont des soupapes de sécurité pour éviter que les situations refoulées n’explosent. En outre, au-delà du soutien matériel apporté aux réfugiés palestiniens et du rôle indirect mais significatif qu’il joue pour la paix et la sécurité dans la région, l’UNRWA perpétue les valeurs d’humanité, de solidarité et de dignité malgré des menaces opérationnelles.

Monsieur le Président,

À l’instar de l’UNRWA et d’autres organisations, le Saint-Siège et de nombreuses entités et organisations de l’Église catholique fournissent des services d’éducation, de soins de santé et des services sociaux aux réfugiés palestiniens et à cette population en général. Ces services sont fournis en fonction des besoins, indépendamment de la croyance ou de toute autre considération. Le Saint-Siège, comme l’UNRWA, continue d’espérer que de tels services ne seront plus nécessaires pour les réfugiés palestiniens.

Merci, Monsieur le Président.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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