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Mgr Bernardito Auza, capture

Mgr Bernardito Auza, UNTV capture

ONU: appel au dialogue au Moyen-Orient, par Mgr Auza (traduction intégrale)

Les dirigeants religieux doivent s’exprimer contre la terreur

Le Saint-Siège réitère son appel au dialogue au Moyen-Orient, y compris entre Israël et un État palestinien. « Le pape François appelle les deux parties à écouter les voix du dialogue, à montrer leur bonne volonté et à effectuer des gestes de rencontre pour donner à leurs peuples la paix », a dit Mgr Bernardito Auza.

Le nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies est intervenu lors du débat ouvert du Conseil de sécurité sur « la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne », le 20 avril 2017.

« Le Saint-Siège souhaite réitérer sa conviction que le processus de paix entre les Israéliens et les Palestiniens ne peut progresser que s’il est directement négocié entre les Parties », a dit Mgr Auza.

Le Saint-Siège « exhorte les dirigeants religieux à s’exprimer avec force contre une telle terreur » : « Aucun chef religieux ne doit tolérer l’utilisation de la religion comme prétexte aux actions contre la dignité humaine et contre les droits fondamentaux de chaque homme ou femme, surtout le droit à la vie et le droit de tous à la liberté religieuse », a dit Mgr Auza.

Nous avons publié une synthèse de cette intervention le 22 avril 2017. En voici une traduction intégrale.

MD

Intervention de Mgr Bernardito Auza

Madame la Présidente,

Certains actes odieux ont récemment plongé certaines régions du Moyen-Orient dans un violent chaos et atteint de nouveaux sommets de barbarie. L’utilisation récente d’agents chimiques en Syrie constitue de nouveau une violation flagrante du droit international humanitaire et de la Convention sur les armes chimiques. Les attentats terroristes du dimanche des Rameaux en Égypte et l’attaque contre les réfugiés en fuite étaient des attaques abominables contre des civils innocents rassemblés dans des lieux sacrés ou essayant d’échapper à la violence et, en tant que tels, étaient des attaques contre le fondement même de la dignité et des droits de l’homme. Ma délégation exprime ses sincères condoléances aux familles de ceux dont les proches ont été abattus et ses bons vœux dans la prière à ceux qui ont survécu aux attaques et à leurs familles.

Madame la Présidente,

Le Saint-Siège est profondément préoccupé par la situation actuelle au Moyen-Orient. Le Liban porte héroïquement le fardeau d’accueillir des millions de réfugiés des pays et des territoires voisins en conflit. En plus des impacts de ce lourd fardeau, sa stabilité est également menacée par des groupes armés. Afin de stabiliser le Liban, le Conseil de sécurité a adopté les résolutions 1559, 1680 et 1701, appelant au désarmement de tous les acteurs armés non étatiques. Pourtant, les milices et les groupes armés et financés par des sources extérieures restent actifs hors du contrôle des autorités libanaises.

Des situations parallèles existent dans les territoires et les pays voisins, où les groupes terroristes et autres acteurs armés non étatiques opèrent, plongeant la région dans une situation ingouvernable, persécutant les minorités ethniques et religieuses et piétinant les droits fondamentaux de l’homme.

Madame la Présidente,

Depuis 1947, le Saint-Siège a constamment soutenu la solution de deux États pour que l’État d’Israël et un État palestinien existent côte à côte en paix. Le Saint-Siège souhaite réitérer sa conviction que le processus de paix entre les Israéliens et les Palestiniens ne peut progresser que s’il est directement négocié entre les Parties, avec le soutien fort et efficace de la communauté internationale. Seules les négociations soutenues de bonne foi vont résoudre les différences et apporter la paix aux peuples d’Israël et de Palestine. Les dirigeants et les citoyens des deux côtés doivent avoir la prévoyance et le courage de faire des concessions équitables, car un accord serait impossible tant que demeurent des exigences impossibles ou qui s’excluent mutuellement. Il n’y a pas d’alternative à un règlement négocié, si Israël et la Palestine doivent jouir de la sécurité, de la prospérité et de la coexistence pacifique, côte à côte avec des frontières internationalement reconnues.

Le pape François assure de tous ses efforts et prie que les plaies profondes qui divisent les Israéliens et les Palestiniens puissent subir une guérison. Les décisions unilatérales, les actes de violence et la rhétorique incendiaire ne peuvent qu’approfondir les blessures, intensifier la haine et élargir les divisions, rendre les négociations plus difficiles et la réconciliation plus lointaine. Le pape François appelle les deux parties à écouter les voix du dialogue, à montrer leur bonne volonté et à effectuer des gestes de rencontre pour donner à leurs peuples la paix à laquelle leurs cœurs aspirent profondément.

Madame la Présidente,

Les réclamations religieuses tordues mêlées à des idéologies irrédentistes contribuent aux effusions de sang dans la région. Des actes inimaginables et barbares sont prétendument perpétrés au nom de Dieu ou de la religion. Les groupes minoritaires ethniques et religieux qui, pendant des millénaires, ont coexisté paisiblement avec les communautés majoritaires musulmanes, ont été ciblés par des extrémistes. Leur patrimoine culturel et historique a été détruit, menaçant d’anéantir toute trace de leur présence de longue date dans la Région. Le Saint-Siège exhorte la communauté internationale, par le biais du Conseil de sécurité, à ne pas les oublier et à intensifier ses efforts pour les épargner du fléau génocidaire des groupes terroristes violents et d’autres acteurs non étatiques.

Le Saint-Siège exhorte les dirigeants religieux à s’exprimer avec force contre une telle terreur et à agir pour contrôler efficacement leurs partisans qui, de manière répréhensible, prétendent agir au nom de Dieu par la terreur. Aucun chef religieux ne doit tolérer l’utilisation de la religion comme prétexte aux actions contre la dignité humaine et contre les droits fondamentaux de chaque homme ou femme, surtout le droit à la vie et le droit de tous à la liberté religieuse. À cet égard, en février de cette année, Al-Azhar et le Saint-Siège ont tenu une discussion au Caire sur la lutte contre les phénomènes du fanatisme, de l’extrémisme et de la violence au nom de la religion.

En outre, le Saint-Siège appelle les fournisseurs d’armes à agir conformément aux normes convenues au niveau international pour les ventes d’armes. Le sang des civils innocents crie contre les mouvements d’armes non contrôlés dans la région. Le Saint-Siège ne peut pas trop souligner combien le mépris des traités qui régissent le commerce et le transfert d’armes contribue aux conflits armés, à la criminalité, aux actes de terrorisme et au déplacement de personnes qui, à leur tour, sapent la paix et la sécurité, la stabilité et le développement durable.

La majorité des personnes touchées par les conflits armés et d’autres formes de violence armée sont des civils et ne peuvent pas ignorer à quelle fréquence ces armes sont utilisées pour attaquer les infrastructures civiles, comme les écoles et les hôpitaux, l’eau et les installations alimentaires. Madame la Présidente, Ma délégation souhaite clôturer ses remarques avec la prière du pape François après des attaques récentes en Égypte et en Syrie: « Que le Seigneur convertisse les cœurs de ceux qui sèment la terreur, la violence et la mort » et « qu’il accorde aux dirigeants des nations le courage dont ils ont besoin pour empêcher la propagation des conflits et pour mettre un terme au commerce des armes « . La visite prévue du pape François en Égypte les 28 et 29 avril voudrait souligner une fois de plus qu’il n’y a pas d’antidote plus grande à la violence et à la haine que le dialogue et la rencontre. Merci, Madame la Présidente.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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