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Mgr Janusz Urbanczyk - Stift Klosterneuburg

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OSCE: le devoir d’aider les victimes des mines antipersonnel, par Mgr Urbanczyk

Les obligations des États européens

Devant le nombre croissant de victimes de mines terrestres antipersonnel, il est essentiel d’aider celles-ci, affirme Mgr Urbanczyk à l’OSCE: « C’est une obligation légale et un devoir moral d’assurer qu’une telle priorité demeure devant la conscience publique ».

Mgr Janusz S. Urbanczyk, chef de la délégation du Saint-Siège, est intervenu à l’OSCE, à la seizième réunion des États parties à la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, qui se déroule à Vienne du 18 au 21 décembre 2017.

Quant au déminage, c’est une « priorité absolue », déclare encore le représentant du Saint-Siège. « Si nous ne respectons pas et ne mettons pas rapidement en œuvre nos obligations légales de bonne foi, il y aura inévitablement plus de souffrances et de pertes causées par ces armes perfides ».

Voici notre traduction de la déclaration prononcée en anglais par Mgr Urbanczyk.
HG

Intervention du Saint-Siège à l’OSCE

Monsieur le Président,
La délégation du Saint-Siège souhaite vous remercier pour le travail et l’engagement que vous avez consacrés à l’organisation de cette réunion et tout au long du mandat de la présidence autrichienne.

Le succès concret de cette Convention, rendu possible par ce que le pape François a défini comme une « splendide entreprise humanitaire » (1) de personnes de bonne volonté, est évident dans les milliers de victimes assistées et les milliers d’autres qu’elle a potentiellement sauvées. Cet important instrument de paix a servi de catalyseur pour rapprocher la communauté internationale en tant que famille de nations et a aidé les États parties à rechercher une plus grande harmonie avec la création grâce au déminage.

Monsieur le Président,
Cette Convention éclaire et illustre réellement le lien entre le désarmement et le développement humain intégral. Le même courage et la même inspiration qui ont rempli nos cœurs il y a vingt ans doivent renouveler notre détermination à mettre fin aux souffrances causées par les mines antipersonnel en honorant et en respectant, de bonne foi, les obligations juridiques contractées par les États parties. À cet égard, ma délégation souhaite développer brièvement trois points que le Saint-Siège juge essentiels pour préserver l’intégrité de cette Convention.

Premièrement, au cours des dernières années, nous avons été témoins d’un nombre de plus en plus élevé de victimes de mines terrestres. C’est une réalité alarmante qui menace gravement l’esprit de la Convention. Toutes les victimes de mines terrestres, directes ou indirectes, sont un rappel constant de l’incapacité de la communauté internationale à traiter efficacement la question et du vide qui résulte des conflits. L’aide aux victimes est une étape essentielle pour marcher ensemble sur la voie d’un monde pacifique. C’est une obligation légale et un devoir moral d’assurer qu’une telle priorité demeure devant la conscience publique.

Deuxièmement, il est indispensable que chaque État partie honore ses obligations légales pour respecter les délais de destruction des stocks. Les mines terrestres fournissent une approche fausse et artificielle de la sécurité. Il est crucial d’éliminer le risque et la tentation d’utiliser à nouveau ces armes aveugles et perfides.

Troisièmement, le déminage est une étape nécessaire vers le développement humain intégral des communautés affectées. La responsabilité première d’éliminer ces menaces qui pèsent sur les civils appartient aux États concernés; Il est toutefois important de continuer à exprimer généreusement la solidarité en aidant les États touchés. Chaque mètre carré compte. Il est essentiel que le déminage demeure une priorité absolue. Ce qui est en jeu ici, ce sont la vie des personnes et le bien-être des communautés.

Monsieur le Président,
Le Saint-Siège continue d’attacher la plus grande importance à la libération de l’humanité de ces armes terriblement

destructrices, à la réalisation d’un monde exempt de mines terrestres et à l’assistance aux victimes.

Comme le rappelle le pape François, tout et tout le monde est interconnecté. Si nous ne respectons pas et ne mettons pas rapidement en œuvre nos obligations légales de bonne foi, il y aura inévitablement plus de souffrances et de pertes causées par ces armes perfides. Le lien de causalité est évident dans les nombreuses victimes. Est-ce ce que nous voulons pour notre peuple ?

Merci, Monsieur le Président.

***

(1) Pape François, Message au Président de la troisième Conférence d’examen sur les mines antipersonnel, 27 juin 2014.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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