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Cardinal Stella © Wikimedia commons

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Mariage : l’accueil du curé, pont entre les fidèles et le tribunal ecclésiastique

Intervention du cardinal Stella

Par son « ministère d’écoute et d’accueil », le curé doit combler « le fossé qui a souvent existé entre la vie quotidienne des fidèles et le tribunal ecclésiastique ». C’est ce qu’a souligné le cardinal Beniamino Stella, lors d’une rencontre pour le centenaire de la Fédération entre les associations du clergé en Italie (Faci), à Assise, le 24 octobre 2017. L’Osservatore Romano a publié une synthèse de son intervention.

Approfondissant les « aspects pastoraux-administratifs dans la spiritualité du prêtre », le préfet de la Congrégation pour le Clergé a souligné que le prêtre ne doit pas faire de « compartiments étanches », en divisant ce qui est « pastorale » et ce qui est « administratif ». Tout doit être « intégré dans la charité pastorale » car « tout ce que fait et vit le prêtre est pastoral ».

Le cardinal Stella a évoqué la réforme du procès matrimonial, faisant observer que « peut-être que dans trop de cas, les situations dites ‘irrégulières’ ont été considérées dans le passé comme des périphéries quasiment inaccessibles » et le procès pour la déclaration de nullité matrimoniale comme « un château aux murs très hauts, où seuls pouvaient entrer de rares chanceux ou privilégiés ».

Il a recommandé de combler « le fossé qui a souvent existé entre la vie quotidienne des fidèles et le tribunal ecclésiastique, facilement perçu comme une entité ‘abstraite’ et ‘lointaine’ ». Le curé doit exercer « un ministère d’écoute et d’accueil », en se laissant trouver « par qui le cherche et en prenant de son propre chef l’initiative de se faire le prochain de ceux dont il a entendu parler de la situation de divorcés remariés, ou de ceux qui, pour les raisons les plus diverses, en sont arrivés à douter de la validité de leur mariage, bien que n’étant ni séparés ni divorcés ».

Dans cette phase, a poursuivi le cardinal, c’est à son « flair » pastoral qu’est « confié le discernement sur la voie vers laquelle adresser le dialogue avec les personnes impliquées », à savoir « la voie de la réconciliation, idéalement la première à expérimenter » ; ou bien, en second lieu, « le procès de nullité matrimoniale », jetant un « pont entre les personnes et le tribunal ecclésiastique ». Ce ministère d’accueil est aussi « un ministère de discernement, étant donné que le curé est et demeure un pasteur ».

Le préfet a aussi abordé la question de la gestion des biens, exhortant à « se garder de céder à la tentation d’idolâtrer l’argent » et à « administrer les biens de l’Église avant tout avec un zèle évangélisateur et un esprit missionnaire ». Il s’agit d’agir « avec la diligence d’un bon père de famille ».

Il a insisté sur le « grand scandale qui peut dériver aujourd’hui d’un usage maladroit ou malhonnête de l’argent » parce que « le peuple de Dieu ne te pardonne pas si tu es un pasteur attaché à l’argent ». « Argent, vanité et orgueil » sont les « trois marches qui nous mènent à tous les péchés ».

Enfin, le cardinal a rappelé la possibilité de dispenser les fidèles de l’obligation d’observer le jour festif pour une juste cause conforme aux dispositions de l’évêque diocésain. « Il s’agit, a-t-il expliqué, d’un exercice concret de la miséricorde divine, qui rejoint les fidèles à travers l’Église et ses ministres. »

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

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