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Une de L'Osservatore Romano du 29/12/2017

Une de L'Osservatore Romano du 29/12/2017

L’Osservatore Romano s’élève contre les textes faussement attribués au pape

Pour construire « l’image d’un pape progressif et permissif »

« Les faux textes du pape ». C’est le titre de l’éditorial de Lucetta Scaraffia, à la Une de L’Osservatore Romano daté du 29 décembre 2017. L’historienne italienne s’élève contre les textes attribués au pape François circulant par des canaux privés, et contre les tentatives médiatiques de construire « l’image d’un pape progressif et permissif ».

La chroniqueuse s’inquiète du phénomène de la « post-vérité » qui fait suite au « relativisme » : si ce dernier « mettait en doute l’existence même d’une vérité », la post-vérité, cette pratique « sournoise et envahissante », « prétend être une vérité plus authentique parce qu’elle se présente comme un discours alternatif du discours officiel ».

Cette « spirale de falsification » comprend entre autres « la diffusion de faux discours du pape », en particulier sur les réseaux sociaux : « Discours qui circulent souvent en espagnol, note Lucetta Scaraffia, dans la tentative de les rendre plus vraisemblables et qui prétendent rapporter les vraies paroles de François, toujours plus révolutionnaires et imprévisibles que celles que la Curie, évidemment diabolisée, lui attribuerait dans une continuelle opération de censure. »

Dans l’optique de la « post-vérité », poursuit-elle, ces sources « privées » semblent « plus fiables » que les textes publiés par les organes officiels du Saint-Siège. L’historienne y voit une volonté de « construction de l’image d’un pape progressif et permissif ». Dans cette optique, estime-t-elle, il importe peu de comprendre la ligne programmatique du pape et d’en lire les documents fondateurs.

Lucetta Scaraffia dénonce également un « processus de sélection conscient » dans certains médias qui se limitent à diffuser « seulement les phrases [du pape] qui leur semblent en accord avec la personnalité médiatique qui a été construite autour » de lui. Ainsi « ils passent sous silence » le reste et cherchent à « exagérer » les affirmations conformes à leur image du pape, qu’ils « tirent de leur contexte » en « forçant la réalité ».

Pour l’historienne, il ne faut pas en sous-évaluer les effets : « la majorité se fie aveuglément aux médias ». Dans la post-vérité, conclut-elle, « ce qui compte c’est seulement la personnalité du leader. Ainsi, tout ce qui contribue à la définir fonctionne, même si cela ne correspond pas à la réalité. Le reste n’intéresse pas. »

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