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Loppiano 10/05/2018 © Vatican Media

Loppiano 10/05/2018 © Vatican Media

Loppiano: l’institut universitaire Sophia pour « la construction d’une culture de l’unité » (traduction 2/4)

Le pape François répond à la question d’un étudiant

« Il est important qu’à Loppiano il y ait un centre universitaire destiné à ceux qui – comme dit son nom – recherchent la Sagesse et se donnent comme objectif la construction d’une culture de l’unité. Je n’ai pas dit de l’uniformité. Non. L’uniformité est le contraire de l’unité ! », explique le pape François en réponse à la question d’un étudiant, sur la vocation de l’Institut universitaire Sophia, à Loppiano (Italie, Toscane), jeudi 10 mai 2018.

« Et cela pour offrir une contribution compétente et prophétique à la transformation missionnaire de l’Eglise et à la vision de notre planète comme une unique patrie et de l’humanité comme un unique peuple, fait de tant de peuples, qui habite une maison commune », a expliqué le pape.

Nous avons publié hier la traduction de sa réponse à la première question, sur la spiritualité du « nous ». Nous publions aujourd’hui aussi sa réponse à la troisième question, sur la « fidélité créative« , et sa conclusion sur la Vierge Marie et la fête de Marie, Mère de l’Eglise, le lundi de Pentecôte.

Voici notre traduction, de l’italien.

AB

Question 2

Xavier, de Colombie – Quelle aide fraîche et constructive peuvent apporter les écoles de formation de Loppiano et une réalité académique comme Sophia?

Réponse du pape François

A Loppiano on vit l’expérience d’une marche commune, dans un style synodal, comme peuple de Dieu. Et c’est la base solide et indispensable de tout : l’école du peuple de Dieu où le Maître est l’unique à enseigner et guider (cf. Mt 23,10) et où la dynamique est celle de l’écoute mutuelle et de l’échange de dons entre tous.

De là nous pouvons puiser un nouvel élan, en s’enrichissant avec la fantaisie de l’amour et en ouvrant aux sollicitations de l’Esprit et de l’histoire, les parcours de formation  qui ont fleuri à Loppiano par le charisme de l’unité : la formation spirituelle aux différentes vocations; la formation au travail, à l’action économique et politique ; la formation au dialogue, dans ses différentes expressions œcuméniques et interreligieuses et avec des personnes aux convictions différentes; la formation ecclésiale et culturelle. Et cela au service de tous, le regard qui embrasse toute l’humanité, en commençant par ceux qui, d’une façon ou d’une autre, sont relégués aux périphéries de l’existence. Loppiano cité-ouverte, Loppiano cité en sortie. A Loppiano, les périphéries n’existent pas.

Pouvoir disposer à Loppiano de tous ces centres de formation est une grande richesse. C’est une grande richesse ! je vous suggère de leur donner un nouvel élan, en les ouvrant à de plus vastes horizons et les projetant jusque sur les frontières. Il est essentiel, en particulier, de mettre au point le projet de formation qui connecte entre eux chaque parcours qui touche plus concrètement les enfants, les jeunes, les familles, les personnes de vocations différentes. Que la base et la clef de tout soit le « pacte de formation », qui est à la base de chacun de ces parcours et a dans la proximité et dans le dialogue sa méthode privilégiée. Et ici il y a un mot qui est selon moi une autre clef : le mot « proximité ». On ne peut être chrétien sans être proche, sans avoir une attitude de proximité, parce que la proximité est ce que Dieu a fait quand il a envoyé son Fils. Auparavant, Dieu l’a fait quand il guidait le peuple d’Israël et demandait au peuple : « Dis-moi, tu as vu un autre peuple avoir des dieux aussi proches que je te suis proche ? ». Voilà ce que demande Dieu. Etre proche, la proximité. Et puis quand il envoie le Fils se faire plus proche – un de nous –, se faire plus proche. Ce mot est un mot-clef dans le christianisme et dans votre charisme. Proximité.

Il faut ensuite s’éduquer à exercer ensemble les trois langages : de la tête, du cœur et des mains. Autrement dit il faut apprendre à bien penser, à bien sentir et à bien travailler. Oui, même le travail, car – comme écrivait don Pasquale Foresi, qui a joué un rôle central dans la réalisation du projet à Loppiano – le travail « n’est pas seulement un moyen pour vivre, mais quelque chose qui renvoie à notre condition humaine, et donc un autre moyen pour connaître la réalité, pour comprendre la vie : c’est un outil de formation humain, réel et effectif ». C’est important – les trois langages – parce que nous avons hérité de l’illuminisme cette idée – non saine – selon laquelle l’éducation c’est remplir la tête de concepts. Et plus tu sais, plus tu seras meilleur. Non. L’éducation doit toucher la tête, le cœur et les mains. Eduquer à bien penser, pas seulement à apprendre des concepts, mais à bien penser ; éduquer à bien sentir ; éduquer à bien faire. De façon à ce que ces trois langages soient connectés entre eux : que tu penses ce que tu sens et fais, tu sens ce que tu penses et fais, tu fais ce que tu sens et penses, en unité. Ça c’est éduquer.

Deux des réalités nées à Loppiano ces dernières années sont la preuve du caractère incisif et de la projection à grande échelle de cet engagement prometteur : le Pôle des entreprises « Lionello Bonfanti », centre de formation et diffusion de l’économie civile et de communion ; et l’expérience académique de frontière de l’Institut universitaire Sophia, érigé par le Saint-Siège, dont un siège local – et je m’en réjouis vivement – sera bientôt activé en Amérique Latine.

Il est important qu’à Loppiano il y ait un centre universitaire destiné à ceux qui – comme dit son nom – recherchent la Sagesse et se donnent comme objectif la construction d’une culture de l’unité. Je n’ai pas dit de l’uniformité. Non. L’uniformité est le contraire de l’unité ! Cela reflète, à partir de son inspiration fondatrice, les lignes que j’ai tracées dans la récente constitution apostolique Veritatis gaudium, invitant à un renouvellement savant et courageux des Etudes académiques. Et cela pour offrir une contribution compétente et prophétique à la transformation missionnaire de l’Eglise et à la vision de notre planète comme une unique patrie et de l’humanité comme un unique peuple, fait de tant de peuples, qui habite une maison commune.

Allez-y, continuez comme ça !

© Traduction de Zenit, Océane Le Gall

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