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Séminaristes de Lombardie © Vatican Media

Séminaristes de Lombardie © Vatican Media

« Les choses concrètes de la vie te portent au discernement » (5/8)

Dialogue avec les séminaristes de Lombardie

« Les choses concrètes de la vie te portent au discernement », explique le pape François, à l’occasion de son dialogue avec les séminaristes de Lombardie, qui a eu lieu le samedi 13 octobre 2018, dans la salle Clémentine du Palais apostolique, au Vatican.

Le pape a répondu à un séminariste de Milan, Marco, à propos du discernement vocationnel.

Voici notre traduction, de l’italien, de la question du séminariste et de la réponse du pape, en italien.

AB

Marco

Saint-Père, je suis Marco, du diocèse de Milan, séminariste en cinquième année de théologie. Votre Sainteté, cette cinquième année en théologie est une année décisive pour le chemin du discernement vocationnel, en vue des ordres sacrés. Nous vous demandons : comment avez-vous vécu la partie du discernement spirituel dans votre vie ? Comment avez-vous compris l’appel à la vie religieuse et au sacerdoce, avec une attention particulière à la vie affective ? Comment les différentes figures de l’accompagnement spirituel dans les années de formation furent les vrais sujets de votre discernement?

Pape François

Comme chacun d’entre vous a fait son discernement dans sa propre vie pour décider d’entrer au séminaire. C’est un chemin, celui de discerner et de voir ce que le Seigneur veut de moi, accompagné de quelqu’un qui m’aide. Comment le voit-on ? A ce que je ressens, ce qui m’apaise, ce qui m’agite, ce qui m’enlève la paix… J’ai eu un grand homme qui m’a beaucoup aidé, en cela : c’était le doyen de la philosophie, mais c’était un homme qui avait beaucoup étudié la vie spirituelle et surtout le discernement du temps des moines jusqu’à nos jours. Et cela m’a beaucoup aidé. Il donnait de vrais conseils, des conseils concrets pour nous aider à progresser. Par exemple, je me souviens qu’une fois, dans une école d’anthropologie, on parlait de la maturité. « Et comment sait-on – dit l’un de mes compagnons – comment sait-on si l’on est mûr ou pas ? » Et il a dit : « Tu as des frères et sœurs, sont-ils mariés ? » – « Oui, deux » – « Et ils ont des enfants ? » – « Oui » – « Tu es capable de jouer avec tes neveux ? » – « Eh, je ne sais pas… » – « Essaie, si tu es capable, alors tout va bien ; si tu ne peux pas, il te manque quelque chose ».

Les choses concrètes de la vie te portent au discernement. Et la capacité de jouer avec les enfants est un signe de maturité. Un homme qui ne sait pas jouer avec les enfants, c’est qu’il lui manque quelque chose. Jouer avec les enfants de la famille ; perdre son temps, comme un père, un père et une mère…, les mères le font plus souvent parce qu’elles sont avec l’enfant, mais le père quand il revient du travail fatigué, doit faire un effort pour jouer avec l’enfant… Ceci est un exemple de discernement. Le discernement c’est la vie chrétienne. Aujourd’hui, pourquoi dois-je faire mon examen de conscience? Pour me rendre compte des péchés que j’ai commis ou des vertus que j’ai eues ce jour-là, mais aussi pour voir ce qui s’est passé dans mon cœur. Un garçon regarde une fille., elle lui plait… Qu’est-ce que c’est ? Puis elle lui plait une autre fois; il en regarde une autre et elle ne lui plait pas… Il va travailler là-dessus, puis finit par lui parler. Ils se fiancent et ça continue. Voilà ce qu’il se passe dans mon cœur: c’est du discernement. Ce qui se passe en moi : quelles pensées me donnent de la joie, quelles pensées me donnent de la tristesse, quelles choses me rendent triste et que je les sens comme des choses qui ne servent à rien… Et l’une des choses les plus difficiles dans la vie chrétienne et dans laquelle il faut du discernement, beaucoup, c’est comment vivre avec le péché.

Nous sommes tous pécheurs, tous ; et pas seulement en théorie, en pratique. Et quand je tombe comment je vis avec cette chute ? Comment je résous cet échec ? Cherchez dans la prière, dans le conseil, comment aller de l’avant avec le péché et le résoudre. Je me souviens d’une fois, j’étais à Buenos Aires, au palais épiscopal, j’avais des rendez-vous, et la secrétaire est venue m’apporter une lettre. Elle m’a dit : « Le père untel est là, il demande juste de lire ceci, entre un rendez-vous et un autre ». Je l’ai prise et cette lettre disait : « Père, j’ai péché. J’ai besoin de votre aide. Je suis calme, j’attendrai en-bas. Quand vous aurez un peu de temps, appelez-moi ». Et il n’a pas quitté le palais jusqu’au moment où je l’ai appelé. C’est un exemple extrême, mais cet homme était en crise parce qu’il ne savait pas comment se relever après avoir glissé. Cela est discerner. Je suis dans les ténèbres après une erreur, à cause d’un péché que j’ai commis, je vais chez trouver le Père, immédiatement ; ou je vais chez cet ami qui me viendra en aide. Mais toujours chercher quelqu’un pour m’aider à vivre avec ce que je fais de mal, avec mes erreurs. Avec les bonnes choses aussi, mais je veux insister sur le fait de vivre avec le péché, parce qu’il semble que nous ne savons pas bien résoudre le vrai problème concret d’être des pécheurs. Nous le résolvons en théorie, mais pas dans les faits. Pour cela il faut du discernement.

J’aimerais vous saluer un par un, mais écoutons l’autre question…

© Traduction de Zenit, Océane Le Gall

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