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Saint Paul VI à Castelgandolfo, 21 juillet 1969 @ Vatican Media

Saint Paul VI à Castelgandolfo, 21 juillet 1969 @ Vatican Media

L’arrivée sur la lune: angélus du pape François et angélus de Paul VI

Au service de l’humanité et de la paix

Le souvenir des premiers pas sur la lune doit « enflammer le désir de progresser ensemble » pour la dignité de tous, la justice et la sauvegarde de la « maison commune », fait observer le pape François.

« Il y a cinquante ans, l’homme a posé le pied sur la lune, réalisant ainsi un rêve extraordinaire », a rappelé le pape François après la prière de l’angélus de ce dimanche 21 juillet 2019.

« Puisse le souvenir de ce grand pas pour l’humanité enflammer le désir de progresser ensemble vers des objectifs encore plus grands: plus de dignité pour les faibles, plus de justice entre les peuples, plus d’avenir pour notre maison commune », a précisé le pape.

Lorsque l’homme est arrivé sur la lune, fait remarquer Il Sismografo, Jorge Mario Bergoglio avait 32 ans. Il se préparait à son ordination sacerdotale qui a eu lieu le 13 décembre 1969.

L’angélus du pape Paul VI

Le pape était alors saint Paul VI qui a suivi à la télévision l’arrivée des cosmonautes des Etats-Unis, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins, sur la lune depuis la résidence pontificale d’été de Castelgandolfo: il était le 4h56 et 15 secondes en Italie ce 21 juillet 1969.

Ils ont laissé sur la lune, parmi d’autres objets sous scellés, le texte confié par Paul VI, gravé sur une plaquette en or, à savoir un extrait du psaume 8 (vv.4-7):

« A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas,

qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?

Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ;

tu l’établis sur les oeuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds. » 

Trois jours avant le départ des astronautes, le 16 juillet 1969, le pape avait évoqué leur aventure à l’angélus du 13 juillet.

« L’idée qui anime chaque personne cette semaine est celle de l’expédition d’astronautes américains sur la Lune, a dit Paul VI en italien. Et c’est cette pensée qui dépasse les éléments descriptifs de ce fait unique et merveilleux. La science et la technologie se manifestent de manière incomparable, complexe et audacieuse pour marquer le sommet de leurs réalisations et en laisser présager d’autres, dont même l’imagination ne saurait rêver. Et ce qui est le plus étonnant, c’est de voir qu’il ne s’agit pas de rêves. La science fiction devient réalité. Si nous considérons l’organisation des cerveaux, des activités, des outils, des moyens économiques, avec toutes les études, expériences, tentatives que l’entreprise requiert, l’admiration devient réflexion; et la réflexion se tourne vers l’homme, le monde, la civilisation, à l’origine des nouveautés d’une telle sagesse et d’un tel pouvoir, Oui, de l’homme surtout: qui est cet  être capable de tant? si petit, si fragile, si semblable à l’animal, qu’il ne change pas et ne dépasse pas de lui-même les limites de ses instincts naturels, et si supérieur, si maître des choses, si victorieux sur le temps et l’espace? qui sommes nous? »

Déjà, le pape citait le psaume 8: « Les paroles de la Sainte Écriture me viennent à l’esprit: « Maintenant, je contemple tes cieux, (Ô Seigneur), oeuvre de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées. Quel est l’homme dont tu t’en souviennes? . . . Tu l’as fait un peu moindre que les anges, tu l’as couronné de gloire et d’honneur; et tu l’as constitué sur les œuvres de tes mains. Tu as mis toute chose à ses pieds » (Ps 8, 4-8; He 2, 6-8). »

C’est en effet l’homme qui était au coeur de la réflexion du pape Montini, comme du pape François aujourd’hui: « L’homme, cette créature de Dieu, plus encore que la lune mystérieuse, au centre de cette entreprise, se révèle à nous. Il s’avère être géant. Il se révèle être divin, non pas en soi, mais à ses débuts et dans son destin. Honneur à l’homme, honneur à sa dignité, à son esprit, à sa vie. »

Il a invité à la prière pour les cosmonautes et pour l’humanité: « Pour lui, c’est-à-dire pour l’humanité. Et pour les penseurs et les héros de la fabuleuse entreprise, nous prions aujourd’hui. »

Message aux astronautes

Avant la transmission télévisée du 21 juillet, le pape Paul VI avait contemplé la lune depuis l’Observatoire astronomique du Vatican à Castelgandolfo. Après la transmission, il a enregistré un message, transmis le lendemain à Radio Vatican et publié sur L’Osservatore Romano, en italien puis en anglais, à la gloire de Dieu et de l’homme: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté! Nous, humbles représentants de ce Christ, qui, venant au milieu de nous depuis les profondeurs de la divinité, a fait résonner l’écho dans le firmament de cette voix bénie, nous vous en faisons l’écho aujourd’hui en le répétant comme un hymne de fête de l’ensemble de notre globe terrestre, qui n’est plus une frontière insurmontable de l’existence humaine, mais un seuil ouvert à l’ampleur des espaces sans limites et de nouveaux destins.
Gloire à Dieu! »

Le pape a salué les ingénieurs de la NASA: « Et honneur à vous, hommes architectes de la grande entreprise spatiale! Honneur aux hommes responsables, aux experts, concepteurs, organisateurs, opérateurs! Honneur à tous ceux qui ont rendu possible le vol audacieux ! A vous tous honneur, vous qui vous êtes en quelque sorte engagés! Honneur à vous gouvernez, qui, assis derrière vos appareils prodigieux, à vous, qui  annoncez au monde l’oeuvre et l’heure, qui élargit aux profondeurs célestes la domination sage et audacieuse de l’homme. Honneur, salut et bénédiction! »

En anglais, le pape s’est adressé aux astronautes: « Ici, depuis son observatoire de Castel Gandolfo, près de Rome, le pape Paul VI s’adresse à vous, astronautes. Honneur, salut et bénédictions à vous, vainqueurs de la Lune, pâle lampe de nos nuits et de nos rêves! Apportez-lui, avec votre présence vivante, la voix de l’esprit, un hymne à Dieu, notre Créateur et notre Père. Nous sommes proches de vous, avec nos bons voeux et nos prières. Avec l’ensemble de l’Église catholique, le pape Paul VI vous salue. »

Le jour du lancement

Le jour du lancement, le 16 juillet 1969, le pape Paul VI disait, à l’audience générale: « Nous devons également accompagner, observer, penser, le grand voyage qui commence aujourd’hui des astronautes vers la Lune. Nous nous souvenons des lectures des années lointaines, y compris celles du livre « De la terre à la lune » de Jules Verne. Mais c’était le royaume de la fantaisie; un fantasme prophétique, si vous voulez, mais libre, irréel. Aujourd’hui, nous sommes plutôt dans le royaume de la réalité. Laissons pour l’instant toutes les considérations relatives à l’instrument prodigieux et aux protagonistes héroïques de l’expédition (qui méritent en eux-mêmes une autre méditation); regardons la réalité dont ce vol transplanétaire nous donne le contact. »

L’audience aux astronautes: service et paix

Le 16 octobre 1969, le pape a reçu les trois astronautes Armstrong, Aldrin et Collins au Vatican.

Il disait notamment, en italien: « Nous admirons votre courage et admirons l’esprit avec lequel vous avez rempli votre mission: un esprit de service de l’humanité et un esprit de paix. Nos prières et les prières de l’ensemble de l’Église dans le monde vous ont accompagnés à chaque instant de votre voyage et nous, au nom de l’ensemble de l’Église, nous vous présentons nos plus sincères félicitations et, à travers vous, nous les adressons aux scientifiques, aux techniciens, aux travailleurs et à tous ceux qui ont apporté leur savoir, leurs compétences et leur travail à la grandiose entreprise. Nous félicitons et remercions également le président et les habitants de votre nation bien-aimée d’avoir rendu possible l’exploration lunaire, avec cette typique générosité d’esprit, pour au profit de l’homme et du monde. »

 

 

 

 

 

 

About Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (IJRS, Bruxelles), théologie biblique (PUG, Rome), lettres classiques (Paris IV, Sorbonne).

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