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Le pape émérite Benoît XVI et le pape François © L'Osservatore Romano

Le pape émérite Benoît XVI et le pape François 28/06/2016 © L'Osservatore Romano

« L’actualité théologique de saint Bonaventure », message du pape émérite Benoît XVI

Une théologie de l’histoire christocentrique

Le pape émérite Benoît XVI a adressé un message aux participants d’un colloque sur “l’actualité théologique de saint Bonaventure”, qui a réuni une cinquantaine d’experts à Rome, à l’Université pontificale Grégorienne, rapporte Radio Vatican en français (Cyprien Viet).

La seconde thèse post-doctorale de Joseph Ratzinger portait en effet, en 1956, sur la théologie de l’histoire de saint Bonaventure (1217?-1274): une session du colloque lui a été consacrée. De fait, désormais, les œuvres intégrales du pape émérite en incluent une traduction en italien.

Le père Federico Lombardi sj, président de la Fondation vaticane Joseph Ratzinger-Benoît XVI, a lu une lettre adressée par Benoît XVI au jésuite belge Amaury Begasse de Dhaem, professeur de théologie à la Grégorienne.

Saluant l’organisation de ce colloque dans le contexte du huitième centenaire de la naissance de saint Bonaventure (dont la naissance varie selon les sources, entre 1217 et 1221), Benoît XVI manifeste le même enthousiasme intellectuel: «Quand j’ai reçu votre invitation, je venais de finir de lire encore une fois le livre de Fernand van Steenberghen sur le XIIIe siècle ; et, en le confrontant avec les thèmes du symposium, j’ai constaté à la fin avec satisfaction comment, dans les décennies parcourues depuis, nos connaissances sur le XIIIe siècle ont vraiment grandi et se sont approfondies, justement aussi par rapport au « Docteur séraphique »», Bonaventure.

Il affirme notamment que « la conscience de la profondeur de sa figure et de  la richesse de perspectives de sa pensée a considérablement augmenté ».

Il évoque, comme dans sa catéchèse du 10 mars 2010, la réfutation par Bonaventure des théories d’un autre franciscain, Joachim de Flore, en disant: il est «apparu avec clarté que Joachim de Flore n’était pas seulement un outsider aux idées extravagantes, mais que la rencontre de sa pensée avec la figure de saint François d’Assise a au contraire ouvert de nouvelles perspectives qui rejoignent  la profondeur de la théologie elle-même ».

« La reconnaissance, importante justement pour Bonaventure, [du fait] que l’amour constitue une force de la connaissance dans l’obscurité de l’intellect, représente une vision de l’homme complètement différente par rapport à la position de saint Augustin » , explique Benoît XVI.

Ainsi, pour Benoît XVI, le programme du Symposium manifeste l’enrichissement de la recherche sur saint Bonaventure et il dit sa conviction qu’elle aidera à comprendre ce que ce penseur franciscain du Moyen-Âge « a à nous dire justement dans ce moment historique particulier ».

« Je me réjouis de ce que je pourrai apprendre de la lecture des textes, même si certainement je ne pourrai pas lire l’entière et puissante Œuvre que le programme pré-annonce », confie le pape émérite, avec ses remerciements et ses meilleurs vœux.

Rappelons aussi que le 6 septembre 2009, le pape bavarois s’était rendu sur les pas de saint Bonaventure à Bagnoregio, à quelque 80 km au Nord de Rome.

Il a aussi consacré une de ses catéchèses à Banaventure, le mercredi 3 mars 2010.

Il commentait la vie de François d’Assise par Bonaventure en résumant ainsi le coeur de cette théologie spirituelle: « Le point essentiel : François est un alter Christus, un homme qui a cherché passionnément le Christ. Dans l’amour qui pousse à l’imitation, il s’est conformé entièrement à Lui. Bonaventure indiquait cet idéal vivant à tous les disciples de François ».

Un idéal pour aujourd’hui

Et le pape Benoît indiquait cet idéal au chrétien d’aujourd’hui en citant Jean-Paul II: « Cet idéal, valable pour chaque chrétien, hier, aujourd’hui et à jamais, a été indiqué comme programme également pour l’Eglise du Troisième millénaire par mon prédécesseur, le vénérable Jean-Paul II. Ce programme, écrivait-il dans la Lettre Novo millennio ineunte, est centré «sur le Christ lui-même, qu’il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l’histoire jusqu’à son achèvement dans la Jérusalem céleste» (n. 29). »

En français, le pape Benoît avait rappelé quelques élements biographiques, notamment les liens de Bonaventure avec la France, au moment de ses études, mais c’est aussi en France qu’il est mort et qu’il repose : « Saint Bonaventure a vécu au treizième siècle. Homme d’action et de contemplation, de profonde piété et de prudence, il a contribué à former l’harmonie entre la foi et la culture. Étudiant à Paris, il fut fasciné par la ferveur et la radicalité évangélique des Frères Mineurs, il demanda à entrer dans la famille des disciples de saint François. Puis, il poursuivit ses études à la faculté de théologie de l’Université de Paris, et il devint l’un des plus importants théologiens de l’histoire de l’Église ».

Chercher son visage

« Toute sa pensée, a insisté le pape bavarois, fut profondément christologique. Dans un écrit intitulé La perfection évangélique, il montra que l’Église est rendue plus belle par la fidélité de ses fils et de ses filles qui, par la grâce de Dieu, sont appelés à observer les conseils évangéliques et à témoigner ainsi que l’Évangile est source de joie et de perfection ».

Sa biographie de saint François devait aider à maintenir vivant le charisme fondateur : « Lorsque Bonaventure fut élu Ministre Général, l’Ordre des Frères Mineurs comptait 30.000 membres, répartis dans tout l’Occident. Pour en assurer la communion, il présenta l’authentique charisme de François et son enseignement dans une biographie où nous trouvons le portrait le plus fidèle du saint Fondateur ».

« Pour Bonaventure, François est un homme qui a cherché passionnément le Christ et qui s’est entièrement conformé à lui. Puisse cet idéal être aussi un programme pour l’Église du troisième millénaire et pour chaque chrétien ! », a souhaité Benoît XVI qui concluait en invitant chaque baptisé à « rechercher le véritable visage du Christ », pour « conformer à lui » son existence.

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