Première publication 18 mai 2026 sur www.domradio.de
par Dagmar Peters

Sanctuaire à Neviges / © Harald Oppitz (KNA)
DOMRADIO.DE : « Pentecôte Neviges » est un festival de foi jeune et dynamique qui se déroule sur le lieu de pèlerinage de Neviges. L’annonce promet « des conférences inspirantes, une louange enflammée, une forte communion, des ateliers approfondis, des temps de prière émouvants et des célébrations eucharistiques solennelles à la cathédrale Sainte-Marie ». La foi a-t-elle retrouvé toute son importance auprès des jeunes ?
Jakob Rennertz (étudiant en théologie et organisateur de « Pentecôte Neviges ») : Il est toujours risqué de tirer des conclusions sur les grandes tendances à partir d’exemples isolés ou de petits chiffres. Néanmoins, je constate – et les chiffres le confirment – que de plus en plus de jeunes adultes se font baptiser, notamment dans des pays comme la France, l’Angleterre et le Benelux. Mais j’ai la même impression en Allemagne.
Je pense que les réseaux sociaux offrent aux jeunes des modèles et une source d’inspiration pour leur foi. Ils leur donnent à nouveau des personnes qu’ils peuvent admirer, ainsi que des modèles qui vont à l’église et en parlent ouvertement. Cela transforme le sentiment de honte ressenti par les générations plus âgées en une génération totalement ouverte. Une génération qui n’est ni positivement ni négativement influencée par l’Église et qui dit simplement : « Je vais voir ça. Ça m’intrigue. Peut-être que ça pourra m’aider. »
Jakob Rennertz :
« Chacun peut être n’importe quoi, faire n’importe quoi, et pourtant le besoin de valeurs, d’orientation et de soutien demeure. »
DOMRADIO.DE : Existe-t-il une explication au fait que les jeunes parviennent plus facilement à se retrouver sur les réseaux sociaux ?
Rennertz : Plusieurs facteurs contribuent à cette situation. D’une part, la sécularisation a considérablement progressé. Chacun peut être n’importe quoi, faire n’importe quoi, et pourtant, le besoin de valeurs, d’orientation et de soutien demeure. De nombreux jeunes ont du mal avec les attentes véhiculées par les réseaux sociaux. Dans ce contexte, il est indéniablement attrayant de pouvoir compter sur une organisation, une église ou une foi qui vous offre des valeurs et un soutien.
D’autre part, cette génération a connu peu de traumatismes ou d’expériences négatives avec l’Église. De ce fait, beaucoup sont plus enclins à y jeter un coup d’œil. Nombreux sont ceux qui se demandent d’où ils viennent et ce que représentent leur foi et eux-mêmes.
Jakob Rennertz :
« Nous essayons de nous adresser spécifiquement aux personnes qui ne savent pas exactement ce qu’est l’église, mais qui sont disposées à la découvrir. »
DOMRADIO.DE : Il y a quatre ans, les jeunes se réunissaient pour la première fois à l’occasion de « Pentecôte Neviges ». Aujourd’hui, de nombreux jeunes des paroisses environnantes participent à ce festival de la jeunesse. Quel public « Pentecôte Neviges » cherche-t-il à attirer ?

© Cristian Gennari/Romano Siciliani (KNA)
Rennertz : Nous souhaitons toucher un large public. Que se passe-t-il lorsqu’un jeune de 16 ou 18 ans s’intéresse à la foi ? Il a peut-être lu en ligne des choses à ce sujet ou en a entendu parler ailleurs. Mais où peut-il trouver un lieu où il est vraiment le bienvenu ? Où les questions des jeunes sont comprises et leurs points de vue pris en compte ? Dans la plupart des églises locales, les jeunes ne savent souvent pas vraiment comment se comporter pendant un office. Ce sont généralement surtout des personnes plus âgées qui y assistent. Les jeunes craignent alors d’être regardés bizarrement s’ils font quelque chose de mal.
C’est précisément là que nous voulons intervenir. Nous souhaitons toucher les personnes qui disent : « Je ne connais pas vraiment le fonctionnement de l’Église, mais je vais tenter ma chance. » Bien sûr, les groupes de confirmation et les servants d’autel, qui ont déjà une bien meilleure connaissance de l’Église, participent également au Festival. Mais nous essayons aussi d’expliquer et d’exposer les choses à tous : Pourquoi faisons-nous cela ? Que faisons-nous exactement ? Que se passe-t-il réellement lors d’une messe ? Comment fonctionne l’adoration ? Qu’est-ce que la confession ? Nous essayons de nous adresser plus particulièrement aux personnes qui ne connaissent pas vraiment l’Église, mais qui sont disposées à en apprendre davantage.
DOMRADIO.DE : Ce week-end, il y aura des prières et des offices religieux. Mais il y a aussi des ateliers et bien d’autres choses encore, n’est-ce pas ?
Rennertz : Nous proposons un programme diversifié. Pour nous, il s’agit de créer une communauté et de tisser des liens d’amitié. Mais aussi de faire la connaissance de personnes qui cheminent dans la foi depuis un certain temps. Il s’agit de créer un espace où l’on peut rencontrer Dieu. Nous le faisons principalement pendant les temps de prière, qui sont soutenus par beaucoup de musique. Je crois que c’est ainsi que les jeunes aiment s’exprimer. Ils le savent bien et y sont régulièrement exposés.
Nous célébrerons également deux messes solennelles. J’invite toutes les personnes, quel que soit leur âge, à y assister. Samedi à 11h30, le cardinal Woelki célébrera la messe avec nous, et dimanche, également à 11h30, nous célébrerons la grand-messe.
L’interview a été menée par Dagmar Peters.
Traduction réalisée par ZENIT
