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P. Federico Lombardi @ Vatican Media

P. Federico Lombardi @ Vatican Media

La Rencontre pour la protection des mineurs en 12 questions/réponses du p. Lombardi

« Aidez les évêques à bien comprendre ce qu’ils doivent faire »

En 12 questions/réponses, le p. Federico Lombardi SJ, modérateur de la Rencontre pour la protection des mineurs dans l’Eglise présente ce sommet qui se tient au Vatican de ce jeudi 21 à dimanche 24 février 2019.

1-Quand la rencontre a-t-elle été décidée?

12 septembre 2018: le Conseil des cardinaux annonce que le pape François a décidé de convoquer une réunion avec les présidents des conférences épiscopales sur le thème de « la protection des mineurs ».

23 novembre 2018: le pape François a nommé les membres du comité d’organisation et les participants.

18 décembre 2018: annonce de l’envoi des lettres d’invitation aux participants avec la demande de rencontre des victimes.

16 janvier 2019: communication sur la préparation de la rencontre. Le père Federico Lombardi, S.J. désigné modérateur des séances plénières.

2- Que propose le pape François ?

Le Pape a expliqué son intention sur le vol de retour du Panama: aidez les évêques à bien comprendre ce qu’ils doivent faire. En ce sens, il a parlé d’une « catéchèse » qui débute à partir des présidents de conférence.

Le Saint-Père veut qu’ils prennent conscience du drame et de la souffrance des victimes. Tout ceci pour faire en sorte qu’apparaisse, avec force, le sens des responsabilités de chaque évêque en tant qu’individu unique et en tant que partie intégrante de tous les évêques et de toute la communauté, c’est-à-dire de l’Église.

Le Saint-Père veut qu’ils sachent comment agir, donc quelles sont les procédures, les tâches qui doivent être suivies à différents niveaux (évêque diocésain, archevêque, conférence épiscopale, dicastères du Vatican). Tout cela porte à une responsabilité réciproque et à des devoirs que chacun a envers les autres évêques, dans l’Église et dans la société.

Cela suppose la « transparence » sur les tâches, les procédures et les moyens de les mettre en œuvre

De cette manière, on récupère la crédibilité de l’Église et le sentiment de confiance du peuple à son égard.

3-Qui participe?

    • -le pape François sera présent pendant toute la durée de la rencontre
    • – les présidents de 114 conférences épiscopales: 36 d’Afrique, 24 d’Amérique, 18 d’Asie, 32 d’Europe, 4 d’Océanie
    • -14 Les chefs des Églises catholiques orientales
    • -15 Ordinaires n’appartenant à aucune conférence épiscopale
    • -12 Supérieurs généraux (hommes)
    • -10 Supérieures Générales (femmes)
    • -10 chefs des dicastères du Vatican
    • -4 Membres de la Curie Romaine
    • -5 membres du Conseil des cardinaux
    • -5 organisateurs et modérateurs et speakers
    • Total: 190 personnes
    • Pour la liste nominale des participants, cliquez ici.

4-Comment la rencontre a-t-elle été préparée?

Après l’annonce du sommet, qui a eu lieu lors d’une réunion du Conseil des cardinaux, le 12 septembre dernier, le pape a nommé, fin novembre, un comité organisateur composé de quatre personnes: le cardinal Blase Cupich, le cardinal Oswald Gracias, l’archevêque Charles Scicluna et le père Hans Zollner, assistés de Gabriella Gambino et de Linda Ghisoni du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. En décembre, une lettre a été envoyée aux participants, avec un questionnaire, dont les réponses étaient attendues d’ici janvier, et une invitation à rencontrer des victimes d’abus sexuels perpétrés par des membres du clergé dans leurs pays respectifs.

Les réponses au questionnaire ont été très importantes (près de 90%) et constituent une source d’informations riche. Il faudra beaucoup de temps pour élaborer et valoriser les nombreuses réponses, étant pour la plupart des réponses « ouvertes » et non « fermées ». Les informations serviront également à approfondir les approches spécifiques dans les différentes cultures, même après la rencontre.

5-Comment se déroule la rencontre?

Les éléments fondamentaux sont: prière et écoute; interventions et questions; travail en groupe; conclusions du Pape.

    • Prière Au début et à la fin de chaque journée de travail, il y aura des moments consacrés à la prière; une liturgie pénitentielle aura lieu samedi après-midi et dimanche une messe sera concélébrée.
    • Relations Il y aura 9 “relations”(interventions), 3 par jour; deux le matin et une l’après-midi, suivies de questions et réponses.
    • Groupes de travail Chaque jour, deux moments seront consacrés aux groupes de travail, l’un le matin et l’autre l’après-midi.
    • Pape François Le Saint-Père prononcera le discours qui ouvrira la rencontre et s’il le souhaite, il pourra faire une intervention conclusive à la fin de la journée. Dimanche matin, il prononcera le discours de clôture de la rencontre

6-Quels sont les principaux thèmes ?

Les trois jours sont centrés sur trois thèmes principaux:

1) Responsabilité,

2) Reddition de comptes (Accountability),

3) Transparence

Chacun des thèmes est articulé autour de trois “relations” (interventions). Chaque “relation” portera sur l’un des sujets auxquels elle est liée:

la figure de l’évêque et ses responsabilités;

la relation de l’évêque avec les autres évêques;

la relation de l’évêque avec le peuple de Dieu et la société.

Le choix des “relateurs” (intervenants) a été fait de manière à représenter la diversité des continents, des cultures et des situations présentes dans l’Église; trois d’entre eux sont des femmes.

 

7- Comment les participants sont-ils impliqués?

Après chaque “relation”, il y aura un bref laps de temps consacré aux questions et aux réponses du “relateur”. Ensuite, les participants se réuniront pour former des groupes linguistiques afin de discuter des différentes “relations”. Les groupes linguistiques seront 10; il ne s’agira pas de grands groupes, ils seront composés d’une quinzaine de personnes, afin que tout le monde ait la possibilité de s’exprimer. Les différents groupes feront ensuite un bref rapport qu’ils partageront avec l’assemblée au cours de la dernière partie de la journée de travail. Ils transmettront un rapport écrit pour une étude ultérieure.

8- Quelle place a l’écoute des victimes?

L’écoute des victimes et la compréhension de leurs souffrances est le point de départ nécessaire d’un engagement sérieux contre les abus sexuels. C’est pour cette raison que lors de cette rencontre un moment consacré à leur témoignage est prévu. Cependant, une telle écoute nécessite un temps suffisant, en réalité très limité pendant le sommet.

La principale écoute est celle qui a été demandée aux participants durant la préparation de la rencontre, afin de leur faire prendre conscience de l’existence et de la gravité du problème dans leur pays.

Au cours de la rencontre, l’écoute ne peut être que et nécessairement limitée: une vidéo avec 4-5 témoignages au début des travaux; chaque soir, lors de la prière, il y aura un témoignage.

Naturellement, la rencontre entend sensibiliser à la nécessité permanente de l’écoute des victimes.

9-Quelle place pour la prière?

Il s’agit d’une rencontre ecclésiale, principalement de pasteurs de l’Église. La prière est donc essentielle. La responsabilité des pasteurs est vis-à-vis de l’Eglise et la société – c’est un aspect important de la rencontre – mais surtout devant Dieu. Ceci doit déterminer le climat du sommet, qui est aussi un « examen de conscience » de l’Église et de conversion, de demande de pardon, de purification et de renouveau. La liturgie pénitentielle est un moment très important de la rencontre, de même que la concélébration conclusive avant le retour de chacun là où il exerce leur propre responsabilité et mission.

10-Y aura-t-il un document final, une déclaration, un plan d’action?


Un document final n’est pas prévu. La conclusion, dans le cadre de la rencontre, sera présentée par le Saint-Père dans un discours prononcé à la fin de la messe qui sera célébrée dimanche matin.

Mais, comme la rencontre en elle-même est une période d’écoute réciproque et de coresponsabilité, il est prévu que les organisateurs et les chefs de dicastère concernés se rencontrent dans les jours qui suivent afin de tirer les conséquences opérationnelles du sommet et d’observer les engagements qui en découlent, de façon à ce que les impulsions, les propositions et les mesures envisagées puissent être effectivement mises en pratique et que chaque dicastère ou institution sache ce qui lui incombe.

11-Comment recueillir les fruits de la rencontre?

Chaque participant aura un classeur pour les textes de prières et liturgies, pour les textes des “relations” traduites dans les langues de leur choix, pour les éventuelles communications et autres textes ou vademecum préparés en vue de la rencontre. Naturellement, tout ce matériel sera également disponible sous forme électronique, de manière à pouvoir être facilement communiqué aux membres des différentes conférences épiscopales et aux autres personnes intéressées

12-Que répondre aux “pessimistes” quant au résultat?


Le pessimisme dépend d’une attente erronée. Tous les problèmes de l’Église ne seront pas résolus définitivement en quatre jours. Il s’agit d’une étape dans un long processus que la communauté ecclésiale a débuté il y a plus de quinze ans et qui se poursuivra encore longtemps. Le pape a expliqué qu’il s’agissait de donner une nouvelle impulsion qui aide tous les évêques, et donc l’Église dans son ensemble, à faire un pas en avant dans la bonne direction de façon solidaire.

Mais surtout, il existe déjà de nombreux résultats, qui sans la rencontre n’existeraient pas ou auraient été retardés. Les très nombreuses réponses des évêques au questionnaire témoignent de leur mobilisation, de même que leurs entretiens avec de nombreuses victimes témoignent d’une sensibilité renforcée. Plusieurs conférences épiscopales ont accéléré la préparation et la conclusion de leurs lignes directrices sur ce sujet; d’autres ont pris des décisions (par exemple, la Conférence épiscopale italienne a mis en place un service national de protection des mineurs). D’autres normes en préparation verront probablement le jour lors de la réunion.

 

 

 

 

 

 

 

About Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (IJRS, Bruxelles), théologie biblique (PUG, Rome), lettres classiques (Paris IV, Sorbonne).

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