Là où il n’y a pas de dialogue, il y a le bavardage, prévient le pape devant les évêques italiens

Paroles à l’ouverture de l’assemblée de la CEI

Discours du pape, Conférence épiscopale italienne

Discours du pape, Conférence épiscopale italienne

« Quand il n’y a pas de dialogue, quand celui qui préside ne permet pas le dialogue, il sème le bavardage et c’est pire », a averti le pape François devant les évêques italiens réunis au Vatican le 22 mai 2017.

En ouvrant les travaux de la 70e Assemblée de la Conférence épiscopale italienne (CEI), le pape a invité au dialogue ». Et d’assurer : « Pour ma part, je suis disposé à écouter aussi des opinions qui ne me soient pas agréables, mais en toute liberté, en toute liberté. Parce que, selon la plus belle définition, le pape est le serviteur des serviteurs de Dieu ».

Durant la rencontre, le pape a remis aux participants le texte du discours qu’il avait préparé à l’avance – sans le prononcer – et a entamé avec eux un dialogue à huis clos. Voici notre traduction intégrale des paroles du pape pour introduire l’échange.

AK

Paroles du pape François à la CEI

Pape François : Bonsoir, frères et sœurs. Je remercie pour les paroles que m’a adressées le cardinal président. Je voudrais le remercier pour ces dix années de service à la présidence et aussi le remercier pour la patience qu’il a eue avec moi, parce que ce n’est pas facile de travailler avec ce pape. Et il a eu beaucoup de patience et je le remercie beaucoup. Il venait avec un plan et sortait avec un autre ; c’est ainsi. Mais dans ce travail, je peux dire que nous nous aimons bien et que nous avons créé une belle amitié. Seulement, j’ai une peur : combien me fera-t-il payer samedi prochain pour entrer dans Gênes ?

Cardinal Bagnasco : C’est sûr, c’est sûr ! [ils rient, applaudissements]. Préparez-vous…

Pape François : Les Gênois ne font pas…

Cardinal Bagnasco : … de réduction, rien ! [ils rient]

Pape François : Très bien. Merci beaucoup, Éminence, et aussi à tous ceux qui ont collaboré avec vous ces dix années. Mais vous, comme vous êtes très habitué, vous passez d’une présidence à l’autre, maintenant… mais ce sera plus facile, celle-là [il fait référence à la présidence du Conseil des Conférences épiscopales européennes].

Cardinal Bagnasco : Je pense que oui…

Pape François : Ce sera plus facile. J’ai écrit quelque chose que je voulais vous dire mais ensuite en le lisant, en le relisant, j’ai vu que c’était plus une méditation qu’une introduction. Et il m’a semblé plus utile de vous la laisser pour que vous l’emportiez, la lisiez et fassiez dessus une méditation. C’est un service. À la fin de la séance d’aujourd’hui, on vous donnera le texte et ainsi, chacun l’emportera, le lit, le relit… Je l’ai fait avec la volonté, seulement, d’aider la Conférence à avancer et à porter ainsi plus de fruit. Mon idée est de faire un dialogue, un dialogue sincère comme nous l’avons fait l’autre fois, où c’est si bien sorti et cela m’a fait du bien et on demande les choses clairement, sans peur. Parce que quand il n’y a pas de dialogue, quand celui qui préside ne permet pas le dialogue, il sème le bavardage et c’est pire : c’est pire. Dialoguons entre nous. Pour ma part, je suis disposé à écouter aussi des opinions qui ne me soient pas agréables, mais en toute liberté, en toute liberté. Parce que, selon la plus belle définition, le pape est le serviteur des serviteurs de Dieu. Et c’est ce que je dois faire aujourd’hui, en répondant à vos questions, à vos préoccupations et en entamant ensemble un dialogue. Jusqu’à quelle heure avons-nous, Éminence ?

Cardinal Bagnasco : Jusqu’à 7 heures.

Pape François : Jusqu’à 7 heures, ça va. Nous finissons ? S’il n’y a rien à dire, finissons avant… [ils rient] Je remercie tous ceux qui collaborent, les journalistes, les secrétaires, tous, tous, pour cette aide ; je souhaite la bienvenue à ceux qui ont été nommés ou ordonnés depuis la dernière assemblée jusqu’à aujourd’hui, aux « nouveaux »… Le dernier ordonné, à la précédente, était Accrocca ; qui est le dernier ordonné à celle-ci ? Le dernier qui ait été consacré, qui est-ce ? [Mgr Guglielmo Giombanco, évêque de Patti] Bienvenue !

Et maintenant, solennellement, extra omnes ! (Que tout le monde sorte !, ndlr) [ils rient, applaudissements]

Traduction de Zenit, Constance Roques

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