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Voeux au Corps diplomatique 7 janvier 2019 © Vatican Media

Voeux au Corps diplomatique 7 janvier 2019 © Vatican Media

La diplomatie «multilatérale», une clef du discours du pape aux ambassadeurs

Réflexions du père Antonio Spadaro sj

« La diplomatie multilatérale est un point central du discours du pape au Corps diplomatique », affirme le directeur de « La Civiltà Cattolica », le père Antonio Spadaro, SJ.

« La voie de la diplomatie multilatérale est affirmée avec beaucoup de force et de courage », souligne-t-il dans une interview à Vatican News en italien accordée le 7 janvier 2019.

Dans son discours, explique P. Spadaro, le pape François « nous aide à comprendre comment résoudre les grands problèmes que nous rencontrons dans le monde ». « Le problème de nos jours, explique le jésuite, est précisément le fait que les nations ont tendance à résoudre les problèmes de manière individuelle … et ceci conduit à ne pas se rencontrer et il y a par conséquent une tendance à ce que le plus fort écrase le plus faible. »

« À la lumière de cette réémergence de tendances nationalistes, poursuit le directeur de « La Civiltà Cattolica », le problème devient celui des organisations internationales, qui ont toujours été des espaces de dialogue et de rencontre entre les pays et c’est l’unique forme pour arriver à la solution de problèmes qui sont mondiaux. »

En s’adressant au Corps diplomatique, explique le père Spadaro, « le pape affirme aussi très clairement que la manière multilatérale d’aborder ces problèmes est aussi problématique, parce qu’il y a des questions qui doivent être résolues, par exemple la tension entre mondialisme et localisme, à savoir entre ce qui est mondial et ce qui est local ».

Dans son discours, note P. Spadaro, le pape a aussi « voulu rappeler avec force le rôle de la femme dans la société, en soulevant trois grands points problématiques qui doivent être affrontés ».

« Il a pointé le doigt contre trois situations très précises et problématiques », souligne le directeur de « La Civiltà Cattolica ». Le pape « a parlé du fléau des abus physiques et psychologiques sur les femmes et donc de la nécessité de découvrir des formes de relations justes et équilibrées ». « Il a aussi parlé contre la discrimination des femmes dans les milieux de travail et ceci est un problème qui émerge de manière de plus en plus forte », et « le troisième aspect est l’importance que cessent les violations du droit humanitaire, qui provoquent des souffrances surtout chez les femmes qui se trouvent souvent en situation de difficulté et de faiblesse ».

Dans son discours, le pape François « a touché aussi différents points très chauds, au moins trois », souligne P. Spadaro. Il s’agit de « la situation des migrants et des réfugiés » qui a été analysée « d’un point de vue vraiment mondial ». « Un autre point très important sur lequel il est revenu et sur lequel il revient souvent est celui des abus. » « Un troisième point important est la relation avec la planète. » Pour le pape, rappelle le jésuite, « la dimension écologique est … profondément liée à la dimension sociale ».

En partageant ses impressions personnelles du discours du pape, P. Spadaro dit qu’il a été « frappé par le fait que le pape ait parlé de la politique qui construit l’histoire ». C’est « une belle phrase qui, d’une certaine manière, donne la vocation de la politique et énonce les points de contact entre le travail des Nations Unies et celui du Saint-Siège », estime le directeur de « La Civiltà Cattolica ». Le pape « parle de la défense des faibles, de la construction de ponts entre les peuples et de repenser le destin commun ».

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

 

 

 

 

 

About Marina Droujinina

Journalisme (Moscou & Bruxelles). Théologie (Bruxelles, IET).

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