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Cardinal Filoni, Capture CTV

Cardinal Filoni, Capture CTV

Japon : « la fausse identification entre christianisme et culture européenne »

Le card. Filoni rencontre les évêques et les séminaristes de Tokyo

« L’un des plus importants obstacles à la propagation de la foi au Japon semble être la fausse identification entre christianisme et culture européenne », a déclaré le cardinal Fernando Filoni devant les évêques japonais.

Le préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples les a rencontrés le 25 septembre 2017, à Tokyo, au terme de sa visite pastorale au Japon (17-26 septembre), indique l’agence vaticane Fides. Le samedi 23 septembre, le cardinal a parlé de la vocation aux séminaristes étudiant à Tokyo et a célébré une messe en mémoire de saint Pio de Pietralcina dans la chapelle du séminaire. Dans l’après-midi du dimanche 24 septembre, le préfet a également rencontré les prêtres, religieux, religieuses et laïcs de Tokyo.

Pour éviter une fausse identification entre le christianisme et la culture de l’Europe, le cardinal Filoni a conseillé de « redécouvrir la force de l’évangélisation initiale, en la mettant à jour avec l’expérience et la connaissance actuelles ». « Il faut tabler, a-t-il poursuivi, sur une évangélisation plus forte et davantage participée des Japonais eux-mêmes : évêques, prêtres, religieux, religieuses, laïcs, familles, associations, etc. » Les missionnaires « non japonais » peuvent « compléter », mais pas les « remplacer ».

En parlant de l’histoire du christianisme au Japon, le préfet a évoqué un « témoignage extraordinaire » des chrétiens cachés (kakure kirishitan), qui avaient conservé la foi pendant plus d’un siècle en l’absence de prêtres (expulsés au XVII siècle) et de contacts avec le reste de la chrétienté. « Comme dans la prière d’Abraham, qui implorait Dieu de ne pas passer sans entrer dans sa tente, a dit le cardinal Filoni, de même les chrétiens cachés du Japon élevaient eux aussi à Dieu une invocation sincère afin qu’Il n’abandonne pas l’œuvre entreprise. »

Sectarisme, prosélytisme, idéologisme, trois dangers

Au cours de la rencontre avec les prêtres, religieux, religieuses et laïcs de Tokyo, le 24 septembre, le cardinal a rappelé trois dangers dont le missionnaire devrait se garder : « le sectarisme », « le prosélytisme » et « l’idéologisme ». L’évangélisation, a expliqué le préfet, « est une rencontre personnelle avec le Christ et elle intervient au travers de l’annonce de l’Évangile et par contact, à savoir au travers de l’humble et généreux témoignage qui suscite chez l’autre l’intérêt de la raison pour laquelle vous croyez et vous vous comportez de manière différente. »

Le cardinal a parlé de la vocation et des « signes prophétiques » qui accompagnent la vie sacerdotale, au séminaire de Tokyo, le 23 septembre. « Alors que vos prêtres qui ont, jusqu’à présent, dépensé leur vie pour l’Église vieillissent, on ne constate pas de reprise vocationnelle adéquate, a-t-il constaté. Je voudrais que vous aussi, élèves, soyez conscients du fait que l’avenir de l’Église dépend également de votre don généreux à Dieu. »

Il a reconnu que les séminaristes de grandes villes comme Tokyo se retrouvent souvent dans une « situation d’opposition entre les valeurs de l’Évangile et celles du monde ». En leur rappelant les trois « signes prophétiques » de la vie sacerdotale – la pauvreté volontaire, le célibat du cœur et du corps et l’obéissance – le cardinal a dit : « Avec l’appel à la vie consacrée au Christ dans le célibat, vous êtes appelés à vivre dans la culture du provisoire, mais en tant que témoins de l’amour authentique, qui n’est jamais provisoire. En effet, même si la majeure partie des membres de la société présume que l’amour éternel est impossible, tous, en vérité, ont soif d’un amour sans condition ou échéance. Par votre vie authentique, vous montrez, au sein de la société japonaise, que le véritable amour, dans le Christ, est toujours perpétuel, fidèle et généreux. »

En célébrant la messe en mémoire de padre Pio dans la chapelle du séminaire, le cardinal Filoni  a souligné que « le fait d’être disciple missionnaire ne naît pas comme effort et prestation des structures ecclésiales, mais se configure comme une sortie permanente avec le Christ, loin des idéologisations du message évangélique ou du fonctionnalisme ecclésial ».

About Marina Droujinina

Journalisme (Moscou & Bruxelles). Théologie (Bruxelles, IET).

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