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Institut Palazzolo de Brescia (Italie) capture @ poverellebrescia.it

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Italie: les Sœurs des pauvres continuent «de soigner les malades de tout cœur»

Projet italien «Urgence Coronavirus»

« Pour nous, c’est un moment difficile même si nous continuons dans la force du charisme, dans la force de notre mission évangélique d’accueillir et de soigner les malades de tout notre cœur », explique sœur Carla Fiori, responsable provinciale des communautés italiennes des Sœurs de pauvres (Istituto delle Suore delle Poverelle), dans une interview accordée à Vatican News en italien le mercredi 25 mars 2020.

Dans la région de Bergame, 13 religieuses de sa congrégation sont décédées ces derniers jours, au service des malades dans différentes structures. Le pape François a offert aujourd’hui sa messe matinale pour toutes les religieuses qui soignent les malades et qui donnent leur vie pour cela.

Un appel à l’aide

Convaincue qu’il faut des mains et des cœurs pour servir les gens, mais aussi des fonds et des outils pour garantir tous les soins nécessaires, sœur Carla lance le projet « Avec un cœur large. Urgence Coronavirus » qui servira à acheter des appareils et des dispositifs de protection pour les professionnels de santé: « Nous mettons le professionnalisme, la compétence, la disponibilité, l’humanité, le dévouement et le cœur en fait, cependant, nous demandons de l’aide pour l’achat de tous ces appareils … », note-t-elle.

Cette initiative, poursuit la sœur, « n’est rien d’autre qu’une demande d’aide » pour « fournir 80 lits immédiatement et 50 autres à une date ultérieure ». « Nous avons également besoin de nombreux outils, ajoute-t-elle, notamment de ceux dont nous parlons en permanence, des masques, des dispositifs de protection, de l’oxygène et donc à travers cette initiative nous demandons aux gens de nous aider. »

« Avoir un cœur large est une expression typique de notre fondateur, Luigi Maria Palazzolo (1827-1886, ndlr), qui nous a toujours encouragés dans les situations d’urgence à ne pas avoir peur et à se mettre en première ligne », explique sœur Carla : « Les Sœurs des pauvres ont déjà traversé cette tranchée il y a quelques années avec le virus Ebola et six de nos religieuses ont perdu la vie, car dans notre charisme il y a précisément cette disponibilité à la souffrance et surtout en cas d’urgence. »

Une vie complètement réorganisée

Depuis le début de l’épidémie du coronavirus, sœur Carla et ses sœurs ont réorganisé les services des maisons de soins infirmiers qu’elles gèrent, tissant une collaboration avec l’hôpital Papa Giovanni XXIII de Bergame où se trouvent les centres de soins intensifs. « Nous avons d’abord essayé … de séparer les patients atteints de coronavirus des autres et nous avons ouvert une étroite collaboration avec l’hôpital Papa Giovanni XXIII de Bergame afin de pouvoir libérer des endroits vitaux là-bas et d’accueillir les malades dans notre clinique …: ce sont pour la plupart des malades moins graves et nous les accueillons pour …les soigner dans notre réalité pour que l’hôpital de Bergame puisse respirer. »

La situation reste « critique tant à Brescia qu’à Bergame et dans toute la région », témoigne la sœur : « Je suis actuellement à Brescia, mais uniquement parce que j’avais de la fièvre et j’étais isolée, mais je suis de près toutes nos réalités de Bergame et en particulier notre maison de repos, deux autres résidences pour personnes âgées et une autre qui accueille les handicapés. En cette période dramatique, nous sommes très éprouvées, nous avons perdu de nombreuses personnes âgées et 13 religieuses nous ont quittées. »

Des vies offertes

La responsable a aussi « entendu parler de plusieurs sœurs dans la région de Bergame et aussi de plusieurs prêtres », « au moins 20 dans la seule région de Bergame », qui ont perdu leur vie. Et aussi, ajoute-t-elle, « il y a beaucoup de sœurs d’autres ordres qui sont contaminées ».

Sœur Carla Fiori a voulu se « souvenir » en particulier de sœur Costantina Ranioli (des Sœurs des pauvres), « une infirmière bien connue et aimée de l’hôpital de Bergame qui est arrivée au paradis hier ». « C’était une très bonne infirmière, très passionnée, toujours ensoleillée et nous nous souvenons d’elle avec beaucoup d’affection. »

À la fin de son interview, Sœur Carla se souvient de Don Fausto Resmini qui était l’aumônier de la prison de Bergame et qui est décédé le 23 mars dernier : « J’ai été impressionné parce qu’il était celui qui n’a jamais reculé. Il était proche des prisonniers, mais aussi des sans-abris qui n’avaient pas de maison pour vivre en cette période d’isolement. Lorsqu’il est tombé malade, il a dit qu’il était fatigué, qu’il se sentait fatigué, mais satisfait d’être proche des pauvres. … il était assez jeune, il avait 67 ans, vraiment prêtre des pauvres, des derniers, et son exemple est très fort pour nous. »

Institut Palazzolo de Brescia (Italie) capture @ poverellebrescia.it

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About Marina Droujinina

Journalisme (Moscou & Bruxelles). Théologie (Bruxelles, IET).

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