Égypte : le pape «veut être un messager de paix», par le card. Parolin

Proximité, solidarité, encouragement

Le card. Pietro Parolin, Davos, 19 janv. 2017, capture

Le card. Pietro Parolin, Davos, 19 janv. 2017, capture

En Égypte, le pape François « veut être un messager de paix », « il veut être là où il y a des situations de violence, où il y a des situations de conflit », « où il y a le plus besoin d’annoncer et d’œuvrer pour la paix », affirme le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État. « Je crois qu’il y aura un appel, l’expression d’un engagement commun des chrétiens et des musulmans en faveur de la paix, ajoute-t-il : la rencontre à l’université al-Azhar « sera déjà un exemple et un modèle de paix. »

Le secrétaire d’État a accordé une interview au Centre de télévision du Vatican. Il a aussi parlé de « l’éducation au respect » et « à la tolérance » comme réponse au terrorisme; de l’apport « décisif » des chrétiens au sein de la communauté musulmane et de l’importance du dialogue entre chrétiens et musulmans.

« Le pape n’a jamais pensé » à « remettre en question son voyage » en Égypte, affirme le cardinal Parolin, justement parce qu’il veut se rendre présent, il veut être là … où il y a le plus besoin de paix, où il y a le plus besoin d’annoncer et d’œuvrer pour la paix. Il le fera certainement par sa parole lors des différentes rencontres, mais il le fera surtout et avant tout par sa présence, une présence de proximité, de solidarité, d’encouragement. Par conséquent le pape y va justement parce que l’Égypte a besoin de quelqu’un qui annonce la paix et qui cherche à œuvrer pour la paix. »

La conférence sur la paix à l’université al-Azhar sera « une rencontre de dialogue », estime le secrétaire d’État. « Ce que le pape a toujours dit, il l’a dit dès le début de son pontificat, dans Evangelii gaudium, que le dialogue est indispensable, est fondamental pour la paix dans le monde, et que toutes les religions doivent se sentir engagées à travailler dans ce sens. Ce dialogue doit devenir une rencontre et une collaboration pour le bien commun. »

« Je pense, poursuit-il,  que cette occasion qu’aura le pape de rencontrer al-Azhar et ses autorités ira précisément dans ce sens, dans le sens d’une reproposition, encore une fois, de la méthode et de la voie du dialogue et de la rencontre comme méthode pour dépasser les oppositions et les violences. »

La rencontre du pape François « avec le pape Tawadros II et avec la communauté copte orthodoxe qui a tant souffert ces derniers temps cimentera encore davantage la communion qui existe déjà, souligne le cardinal. Il y a un bon rapport du pape et de l’Église catholique avec l’Église copte orthodoxe qui est la plus grande communauté chrétienne au Moyen-Orient, et tout cela servira, je pense, à leur donner plus de courage, à ce qu’ils ne se sentent pas abandonnés et donc aussi à ce qu’ils persévèrent dans leur présence dans le pays et dans leur témoignage ».

Lors de la visite du pape en Égypte, « c’est justement ce soutien que les chrétiens, y compris dans le Moyen-Orient, doivent sentir de la part de leurs frères d’Occident », dit le card. Parolin. Ce soutien « pourra les aider à rester dans leur pays malgré les difficultés et continuer à donner leur témoignage chrétien… Je crois que l’apport des chrétiens est vraiment important, qu’il est décisif. Ils peuvent apporter une contribution dans tous les sens, pour la construction de la société et pour une cohabitation plus harmonieuse, sereine et pacifique, y compris à l’intérieur de la société ».

En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, le cardinal Parolin estime que « la question fondamentale est l’éducation » : il faut « éduquer ceux qui appartiennent aux différentes religions, surtout les enfants et les jeunes, à une attitude de grand respect à l’égard des autres croyances ».

« La question du langage est fondamentale », poursuit le cardinal: « quand on emploie un langage de paix, de respect, de réconciliation, cela produira certainement des fruits positifs ». « Le prosélytisme » des terroristes « se combat encore une fois par l’éducation au respect, à la tolérance et à l’acceptation réciproque », ajoute-t-il.

« Le gouvernement doit faire tout son possible pour protéger les citoyens égyptiens, quel que soit le groupe social ou religieux auquel ils appartiennent », souligne le secrétaire d’État. « Le terrorisme, insiste-t-il,  est un défi beaucoup plus ample qui ne se résout pas et ne se limite pas seulement à un niveau de sécurité. C’est un défi qui engage à supprimer tout ce qui peut causer la naissance et l’alimentation du terrorisme » et cela exige « l’engagement de toute la société » : « la famille, l’école, les Églises, les médias, ont tous une responsabilité d’éduquer à la paix et d’enlever ce qui peut être les causes de ce phénomène, surtout à l’égard des jeunes. » Il faut  « leur donner un sens de la vie, leur proposer des valeurs pour lesquelles il vaut la peine de vivre, s’engager et lutter, et ne pas au contraire se perdre dans ce tourbillon de violence et de destruction. »

Le secrétaire d’État évoque aussi une rencontre du pape avec la communauté copte-catholique de l’Égypte : cette communauté « est petite, dit-il, une petite flamme, cette image est très belle et le pape va aussi aider, confirmer dans la foi aussi pour que cette petite flamme ne s’affaiblisse pas, ne s’éteigne pas, mais continue de brûler ». « Ce sera donc une rencontre avec la famille des catholiques, conclut-il, une rencontre pour les encourager à aller de l’avant dans leur témoignage de chaque jour. »

Avec une traduction de Constance Roques

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