Climat: faire « marche arrière », plaide le pape

Conférence dans l’avion Cartagena-Rome (4)

Industrial air pollution

Pixabay CC0 - Foto-Rabe

« On voit les effets du changement climatique et les scientifiques disent clairement la voie à suivre », a déclaré le pape François en insistant sur la nécessité de faire « marche arrière » : « nous avons tous une responsabilité morale … nous devons le prendre au sérieux ».

Dans l’avion qui le ramenait de Cartagena à Rome, le 11 septembre 2017, lors de sa traditionnelle conférence de presse de retour de son voyage en Colombie, le pape a répondu à plusieurs question sur le changement climatique, soulignant que « l’histoire jugera sur ces décisions ».

Voici notre traduction des paroles du pape transcrites par le quotidien de la Conférence épiscopale italienne Avvenire.

Comment allez-vous après votre incident à la tête ?

Je me suis penché pour saluer les enfants et je n’ai pas vu la vitre et… boum !

Pendant notre vol, nous passons près de l’ouragan Irma qui, après avoir causé des dizaines de morts dans les Caraïbes, se dirige maintenant vers la Floride, avec 6 millions de déplacés. Après l’ouragan Harvey, il y a eu presqu’en même temps trois ouragans dans la région. Les scientifiques pensent que le réchauffement des océans rend les ouragans saisonniers plus intenses. Y a-t-il une responsabilité morale des responsables politiques qui refusent de collaborer avec d’autres nations pour contrôler les émissions des gaz à effet de serre, parce qu’ils nient que ce changement soit aussi l’œuvre de l’homme ?

Qui nie ceci doit aller voir les scientifiques et leur demander : ils parlent très clairement, ils sont précis. L’autre jour, lorsqu’est sortie la nouvelle de ce bateau russe qui est allé de la Norvège au Japon, jusqu’à Taïpei, avec le Pôle nord sans glace, une autre nouvelle est sortie d’une université, disant ceci : « Nous n’avons que trois ans pour faire marche arrière, sinon les conséquences seront terribles ». Je ne sais pas si c’est vrai, trois années ou non, mais si nous ne faisons pas marche arrière, nous nous enfonçons, c’est vrai. On voit les effets du changement climatique et les scientifiques disent clairement la voie à suivre. Et nous avons tous une responsabilité morale – petite ou grande – : accepter, donner son opinion, prendre des décisions et nous devons le prendre au sérieux. Je crois que c’est quelque chose de très sérieux. Chacun a sa responsabilité morale, les politiques ont la leur. Qu’on demande aux scientifiques, ils sont très clairs et qu’on décide ensuite et l’histoire jugera sur ces décisions.

Très souvent, dans les discours en Colombie, vous avez rappelé la nécessité de faire la paix avec la création et de respecter l’environnement pour créer une paix sociale stable. Nous voyons les effets des changements climatiques aussi en Italie, d’après ce que je sais, il y a eu beaucoup de morts en Italie…

Après trois mois et demi de sécheresse.

Pourquoi une prise de conscience tarde-t-elle, surtout de la part des gouvernements qui, en revanche, sont rapides dans d’autres secteurs, par exemple dans le domaine des armements. Nous voyons par exemple la crise en Corée. Et sur ce point aussi j’aimerais avoir votre opinion.

Il me vient à l’esprit une phrase de l’Ancien Testament, je crois du psaume : l’homme est stupide, il s’entête et ne voit pas. Le seul animal de la création qui mette son pied sur le trou est l’homme. Le cheval, etc, ne le fait pas. Il y a l’orgueil, la suffisance… et puis il y a le « dieu poche », sur beaucoup de décisions, pas seulement sur la création, cela dépend de l’argent. Aujourd’hui, à Carthagène, j’ai commencé par une partie pauvre de la ville, de l’autre côté, la zone touristique, luxe et luxe sans mesures morales. Mais ceux qui y vont ne s’en aperçoivent-ils pas ? Les analystes sociopolitiques ne s’en aperçoivent-ils pas ? L’homme est stupide, disait la Bible. Quand on ne veut pas voir, on ne voit pas, on ne regarde que d’un côté. De la Corée du nord, vraiment, je ne comprends pas ce monde de la géopolitique, mais je crois qu’il y a là une lutte d’intérêts qui m’échappe, je ne peux pas l’expliquer mais l’autre est important, il ne prend pas conscience.

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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