C9 : le processus de réforme est « bientôt terminé », par Mgr Semeraro

21e réunion du Conseil des cardinaux

Réunion du C9 © L'Osservatore Romano

Réunion du C9, février 2017 © L'Osservatore Romano

« En ce qui concerne le processus de réforme de la Curie romaine, le parcours est au-delà des trois quarts : c’est bientôt terminé. » C’est ce que déclare à Radio Vatican Mgr Marcello Semeraro, secrétaire du Conseil des cardinaux (C9), ce lundi 11 septembre 2017, au premier jour de la 21e réunion du C9. La réunion se conclura le 13 septembre prochain.

« Pour le moment, dit Mgr Semeraro, les trois quarts du chemin ont déjà été accomplis ; je pense que, dans quelques mois, cette révision sera plus ou moins complétée, puis le pape aura à sa disposition les propositions qui concernent tous les dicastères et ce sera à lui de décider comment et quand les mettre en œuvre. »

Le pape François, note le secrétaire, « a très tôt fait connaître certains regroupements de Conseils pontificaux » : il s’agit de ceux « sur les laïcs, la famille et la vie ». « Le Dicastère pour la promotion du développement humain intégral, poursuit-il, lui non plus, ne se contente pas de reprendre des structures précédentes, mais il met en œuvre, de manière unifiée, le projet du document conciliaire Gaudium et spes. »

« Un autre dicastère, d’une grande importance, est le Secrétariat pour la communication, affirme Mgr Semeraro. Il a une immense responsabilité administrative par son épaisseur ; mais aussi pour l’importance du thème de la communication, c’est un dicastère central dans le projet de réforme de la Curie ».

Écouter, réfléchir, vérifier, proposer

Mgr Semeraro décrit « la méthode de travail » du Conseil des cardinaux « à travers quelques verbes » : « Écouter, réfléchir, vérifier. » Et ensuite, explique-t-il, le Conseil « peut faire une proposition – proposer – au pape, parce que le Conseil des cardinaux ne délibère pas ; le Conseil des cardinaux propose au pape. »

Le pape, estime le secrétaire, a choisi les membres du C9 « pour qu’ils soient, d’une certaine manière, des antennes sensibles qui puissent capter les demandes des Églises locales très largement ». « Le Conseil des cardinaux est une structure synodale, » affirme-t-il, il « se situe à l’intérieur de la collégialité épiscopale ».

Les membres du Conseil ont été choisis « parmi des cardinaux qui sont à la tête de diocèses, chefs d’Églises locales présents sur les différents continents, souligne le secrétaire. Il y a cette double instance : de l’écoute de la voix des Églises pour procéder à la réforme de la Curie romaine ».

Cependant, Mgr Semeraro estime que le C9 « n’est pas constitué uniquement pour la réforme de la Curie » : « lorsque sera conclue cette phase de réforme de la Curie romaine, explique-t-il, restera la tâche primordiale pour laquelle le Conseil a été institué, à savoir celle de collaborer ou d’exprimer des conseils, des avis au pape dans les circonstances où il estimera important de faire cette consultation ». Comme exemple, le secrétaire cite la discussion « sur cette réalité très douloureuse qu’est l’abus sur des mineurs ». « En soi, précise-t-il, cela ne fait pas partie de la réforme de la Curie romaine ; et pourtant, le pape a choisi d’écouter le Conseil des cardinaux aussi sur (cela). »

Climat familial et serein

En ce qui concerne la participation du pape François dans le travail du Conseil des cardinaux, Mgr Semeraro dit que « le pape est habituellement présent » et qu’ « il est surtout présent en écoutant ».

« Quand c’est le moment de préciser ou d’intervenir, le pape intervient, dit le secrétaire, mais avec une grande discrétion. Il écoute principalement. » « Il intervient lorsque c’est peut-être le moment de reprendre ses expériences personnelles du temps où il était archevêque à Buenos Aires, ou des situations actuelles dans la vie de l’Église », ajoute Mgr Semeraro.

« Dans certains cas, précise-t-il, le pape est déjà intervenu pour faire des corrections, parce que dans le passage de la théorie à la pratique sont apparues des exigences de correction. »

Mgr Semeraro pense que « le pape ne se sent pas vraiment, en soi, un « réformateur » : « s’il a lancé ce travail de réforme de la Curie, il l’a fait poussé par les suggestions qui ont émergé surtout lors des réunions qui ont précédé le Conclave ».

Mgr Semeraro témoigne que « l’ambiance » des réunions du C9, « y compris psychologique, est très familiale » : « il y a sans aucun doute un climat de familiarité, dit-il. « Le climat est toujours très familial, serein, poursuit le secrétaire, on fait des pauses pour prendre un café, on dit quelque plaisanterie aussi, on sourit à certaines annonces, certaines choses, avec beaucoup de familiarité : comme on le fait dans un groupe de personnes très responsables, mais aussi dans un contexte très fraternel. »

Le Conseil des cardinaux institué par le pape François en septembre 2013 pour l’aider dans le gouvernement de l’Église et la réforme de la Curie romaine est composé de neuf cardinaux représentant les cinq continents : Oscar Andres Rodriguez Maradiaga (Honduras, coordinateur), Giuseppe Bertello (Italien, Vatican), Francisco Javier Errazuriz Ossa (Chili, pour l’Amérique latine), Sean Patrick O’Malley (États-Unis, pour l’Amérique du Nord), Oswald Gracias (Inde, pour l’Asie), Reinhard Marx (Allemagne, pour l’Europe), Laurent Monsengwo Pasinya (RDC, pour l’Afrique), George Pell (Australie, pour l’Océanie) et Pietro Parolin (Secrétaire d’État).

La 20e réunion a eu lieu du 12 au 14 juin derniers, en présence du pape François.

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

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