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Forum des peuples indigènes © L'Osservatore Romano

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Amazonie: plus de place pour les femmes dans l’Eglise

Explications du cardinal Baldisseri

Plus de place pour les femmes dans l’Eglise, la mise en valeur de leur rôle, une réflexion sur les ministères au sein de l’Eglise d’Amazonie, c’est l’une des perspectives du Document préparatoire (lineamenta) du Synode pour l’Amazonie (octobre 2019), publié ce 8 juin 2018.

Le document, intitulé « Amazonie : nouveaux chemins pour l’Église et pour l’écologie intégrale », souligne « l’urgence d’évaluer et de repenser les ministères nécessaires aujourd’hui pour répondre aux objectifs d’ « une Église avec un visage amazonien et une Église avec un visage indigène ». Il s’agit « de préciser les contenus, les méthodes et les comportements en vue d’une pastorale inculturée » et « de proposer de nouveaux ministères et services pour les différents agents pastoraux qui correspondent aux tâches et aux responsabilités de la communauté ».

« Dans cette ligne, peut-on lire également, il convient de discerner le type de ministère officiel qui peut être conféré aux femmes, en tenant compte du rôle central joué aujourd’hui par les femmes dans l’Église amazonienne. Il est également nécessaire de promouvoir le clergé autochtone et natif de ce territoire, en affirmant son identité culturelle propre et ses valeurs. Enfin, il faut repenser de nouveaux chemins pour que le Peuple de Dieu ait plus fréquemment un meilleur accès à l’Eucharistie, centre de la vie chrétienne. »

Les nouveaux chemins « auront une incidence sur les ministères, la liturgie et la théologie (théologie indienne) ». Une thématique reprise par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, en présentant le document au Saint-Siège : « il faut identifier quel type de ministère officiel peut être conféré à la femme, en tenant compte du rôle central que les femmes revêtent aujourd’hui dans l’Eglise amazonienne ».

« L’Eglise peut avoir d’autres ministères en plus de ceux qui existent déjà », a-t-il assuré. Quant à l’ordination des femmes, « nous ne voulons rien exclure, mais nous pouvons dire que l’Eglise en ce moment est dans sa position classique à l’égard du sacerdoce et de la discipline de l’Eglise latine ».

« Nous avons appris du pape François que ce qui compte est de parler et de faire des propositions », a poursuivi le cardinal en insistant sur la liberté de parole : « Nous, comme synode, nous avons mis dans le document préparatoire ces exigences qui venaient du terrain, de ce que nous avons écouté. Nous voulons seulement offrir cet espace de discussion, de recherche. L’Eglise n’opprime pas l’intelligence, laisse libre de pouvoir s’exprimer : puis, évidemment, il y a un magistère et une discipline qui est instituée. »

« La question de la place à donner aux femmes de l’Eglise ne vient pas d’ici mais de très loin », a-t-il aussi rappelé : « Le pape dit qu’il faut donner plus de place aux femmes dans l’Eglise, à tous les niveaux. Laissons le temps nécessaire à une réflexion. »

Evoquant la « théologie indienne » portée par « un courant très fort de théologiens qui se qualifient ainsi », le cardinal a estimé qu’il fallait leur laisser leur « liberté ».

La thématique de la femme est également abordée dans le questionnaire à la fin du document : « Le rôle des femmes dans nos communautés est de la plus haute importance : comment le reconnaître et comment le mettre en valeur dans l’horizon des nouveaux chemins ? »

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