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Rencontre avec le clergé de Rome © L'Osservatore Romano

Rencontre avec le clergé de Rome © L'Osservatore Romano

« À notre époque, il y a de bonnes choses, il n’y a pas seulement des calamités »

Méditation pour le clergé de Rome (4)

À notre époque, il y a de bonnes choses, il n’y a pas seulement des calamités, a affirmé le pape François lors de sa rencontre de carême avec les prêtres du diocèse de Rome, le 15 février 2018.

Dans la Basilique Saint Jean-du-Latran, le pape a médité sur les différents âges de la vie sacerdotale. Il a encouragé à « ne pas avoir peur de la réalité » : « J’aime dire que la réalité est plus grande que les idées. Toujours. Elle est supérieure aux idées, la réalité. »

Aujourd’hui, « il n’y a pas seulement des réalités négatives : il y a de bonnes choses ». Et le pape de citer « une plus grande conscience des droits humains et de la dignité de chacun… plus de tolérance et aussi de liberté à se manifester tel que l’on est… une grande estime pour la paix ; et la valeur humaine de la solidarité ».

Il y a « beaucoup de bonnes choses qui sont dans le monde d’aujourd’hui et que nous devons prendre », a-t-il insisté.

Voici notre traduction de la quatrième et dernière partie de ce discours.

AK

Méditation du pape François (4)

Et puis la dernière question : « Le prêtre se dépense totalement (et il ne pourrait pas faire autrement) parce qu’il appartient au Royaume : il aime la terre, reconnaissant qu’elle est visitée tous les matins par la présence de Dieu. C’est l’homme de la Pâque, au regard tourné vers le Royaume vers lequel on sent que l’histoire humaine est en chemin, malgré les retards, les obscurités et les contradictions ». C’est une citation. « À la Conférence épiscopale italienne, Sainteté, par ces paroles vous avez décrit le prêtre comme quelqu’un qui appartient au Royaume, qui sait saisir la présence et l’action de l’Esprit de Dieu dans le monde et en particulier dans les cultures qui sont forgées dans nos villes. Vous nous aidez, Pape François, à discerner les signes des temps parce que notre regard est souvent tenté de ne voir dans notre monde que les réalités négatives, éloignées de l’Évangile. Quelles dimensions, attentes et ouvertures suscitées par l’Esprit saisissez-vous chez les hommes de notre temps, qui représentent de grandes opportunités pour l’évangélisation ? Aidez-nous à nous réconcilier avec eux, à ne pas voir uniquement des ennemis mais des compagnons de route avec lesquels entrer dans un dialogue fécond ou, comme vous l’avez écrit dans Evangelii gaudium, “un saint pèlerinage, une caravane solidaire” ».

Discerner les signes des temps. C’est ce que Jésus reprochait aux docteurs de la loi de ne pas savoir faire : discerner les signes des temps. Dans la réalité, voir la réalité, mais la réalité cachée, parce que la réalité cache toujours quelque chose de sublime. Voir la réalité, ne pas avoir peur de la réalité. J’aime dire que la réalité est plus grande que les idées. Toujours. Elle est supérieure aux idées, la réalité. Ne pas avoir peur de la réalité. Oui, il y a des conduites, et même des conduites morales, qui ne sont pas celles que nous sommes habitués à voir. Pensons seulement à la vie matrimoniale, aujourd’hui, où beaucoup ne se marient pas, préfèrent cohabiter. Et cette réalité, comment est-ce que je la prends ? Comment est-ce que je l’accompagne ? Comment est-ce que je l’explique et je l’aide à mûrir et à avancer ? Je ne sais pas, c’est une réalité pastorale que nus ne pouvons pas oublier ou laisser de côté. Et comment est-ce que je fais pour que ce couple, qui s’aime, fasse un pas vers la grande maturité spirituelle ? Ou comment est-ce que je respecte cela ? Il y a des défis, mais il y a aussi de bonnes réalités. Et sur ce point, il m’est venu à l’esprit un article d’un prêtre argentin qui est intitulé « Lo bueno de vivir en esta época », « Ce qu’il y a de bon à vivre à notre époque » [de Víctor Manuel Fernández]. À notre époque, il y a de bonnes choses, il n’y a pas seulement des calamités. Il n’y a pas seulement des réalités négatives : il y a de bonnes choses. Et lui, il en fait voir quelques-unes : une plus grande conscience des droits humains et de la dignité de chacun ; aujourd’hui personne ne peut imposer des idées ; aujourd’hui, les gens sont plus informés ; aujourd’hui, on accorde beaucoup de valeur à l’égalité ; aujourd’hui, il y a plus de tolérance et aussi de liberté à se manifester tel que l’on est ; aujourd’hui, la cohabitation sociale est plus sincère, plus spontanée ; aujourd’hui, il y a une grande estime pour la paix ; et la valeur humaine de la solidarité est aussi apparue… Et ainsi, beaucoup de bonnes choses qui sont dans le monde d’aujourd’hui et que nous devons prendre. Et chercher à ne pas nous effrayer devant les difficultés, de « nouvelles valeurs » – nouvelles valeurs entre guillemets. Les choses vont dans ce sens : que puis-je en faire ? Telle chose a ceci de bon ; telle autre n’est pas bonne… discerner. Discerner les signes et prendre ce que l’on peut développer, aider les autres.

Je ne sais pas, c’est ce qui me vient à l’esprit. Je ne voudrais pas terminer par du négativ mais s’il vous plaît, aux jeunes : ne vous perdez pas dans les circonstances mais allez au cœur ; à ceux d’âge moyen : ne tombez pas dans les « incartades » ; à ceux de notre âge, plus âgés, de la maturité : s’il vous plaît, ne soyez pas des « vieux verts » ; et à tous : en dialogue avec le monde d’aujourd’hui, discerner les signes des temps et voir ce qu’il y a de bon, ce qui vient de l’Esprit. C’est vrai, le monde est par lui-même pécheur et il « mondanise » beaucoup de choses, mais peut-être que le cœur vient de l’Esprit et c’est ce que l’on peut prendre. Bien discerner les signes des temps.

Je vous remercie de votre patience, de cette écoute.

Mgr De Donatis : Maintenant, avant la bénédiction, remercions le pape François pour ce moment très intense, beau, de cette matinée et recevons un petit texte dans lequel ont été recueillies des méditations depuis Paul VI jusqu’au pape François : ce sont des lectures à utiliser en ce temps de carême comme seconde lecture du bréviaire, pour que l’engagement dans la prière puisse être commun. Et nous réfléchirons un peu sur ce que nos évêques, pendant ces années, nous ont remis précisément sur la vie sacerdotale. Je crois que cela nous fera du bien, parce que cela nous préparera à d’autres passages que nous vivrons – je l’espère – dans l’avenir, sur l’approfondissement de notre identité de prêtre à Rome, aujourd’hui.

Maintenant, les préfets peuvent prendre les textes, pour les distribuer, et ensuite nous recevrons la bénédiction.

Pape François : Je l’ai vue et cela m’a beaucoup plu. Il y a deux évêques de Rome [récents] déjà saints [Jean XXIII et Jean-Paul II]. Paul VI sera saint cette année. Un dont la cause de béatification est en cours, Jean-Paul I, sa cause est ouverte. Et Benoît et moi-même, en liste d’attente : priez pour nous !

[Chant]

[Bénédiction]

Et priez pour moi, s’il vous plaît ! Merci beaucoup.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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