Le 26 juillet 2016, il y a 10 ans, alors qu’il célébrait la messe dans l’église de Saint-Étienne du Rouvray, en France, le P. Jacques Hamel était assassiné brutalement à l’arme blanche par deux terroristes de l’État islamique.
Cet homme « doux, bon, fraternel, qui cherchait toujours à faire la paix », selon les termes du pape François, a été assassiné au pied de l’autel, frappé de multiples coups de couteaux, dont un à la gorge qui lui a été fatal. Il avait 85 ans et presque 60 ans de sacerdoce.
Ces 25 et 26 juillet 2026, deux journées de commémoration ont eu lieu dans cette petite ville normande, en présence de Roseline Hamel, la sœur du défunt, du cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence épiscopale française, de Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, ainsi que diverses autorités politiques et ecclésiastiques venues de la région et bien au-delà.
« Va-t’en, Satan ! »

La phase romaine du serviteur de Dieu a commencé en avril 2019 (c) Vatican Media
Samedi 25 juillet, l’accent a été mis sur le dialogue islamo-chrétien, avec une table-ronde le matin ayant pour thème « Musulmans et catholiques, éduquer les jeunes à la rencontre de l’autre », et un temps l’après-midi réservé aux personnes ayant vécu directement ces événements. Le soir, une veillée-mémoire a été proposée à la cathédrale Notre-Dame de Rouen, intitulée « Jacques Hamel, en parole et en acte ».
Le lendemain, dimanche 26 juillet, la journée a été marquée par une marche silencieuse dans les rues de la ville, reprenant le dernier trajet effectué par le P. Hamel jusqu’à l’église. Une messe a ensuite été présidée par le cardinal Aveline, et l’homélie a été prononcée par Mgr Lebrun. Non loin, au fond du chœur, l’étole conservée et encore tachée du sang du P. Hamel était exposée aux fidèles.
Dans son homélie, l’archevêque de Rouen a souligné que le martyre du P. Hamel « n’a pas augmenté la spirale de la violence terroriste qui hantait notre pays en 2015 et 2016. Au contraire, la spirale s’est arrêtée. Ce fut le dernier attentat de la série, comme si Dieu avait entendu l’ultime cri de la victime : “Va-t’en Satan”, non comme une prière magique mais comme un acte de foi auquel les efforts de sécurité de notre pays contribuaient sans le savoir. »
« Chers amis de Saint-Étienne », a conclu Mgr Lebrun, « les épreuves n’épargnent ni votre ville ni sa communauté catholique. Mais vous expérimentez l’amour et l’amitié. Ils passent par la justice et vont jusqu’au pardon. Puissions-nous, quelle que soit notre responsabilité ou celle à laquelle nous aspirons, ne jamais nous séparer de ce chemin, de l’avoir toujours comme horizon de nos vies ».
Semence de paix et de réconciliation
Depuis 10 ans, la mémoire du P. Hamel ne cesse de grandir au fil du temps. Des célébrations, des témoignages, des rencontres interconfessionnelles et des temps de prière sont organisés chaque année en France ou à l’étranger, avec en particulier le témoignage poignant de pardon et d’espérance de Roseline Hamel.
En 2017, la Fédération des médias catholiques a créé le Prix Père Jacques Hamel, qui récompense chaque année un travail journalistique promouvant la paix et le dialogue interreligieux. Des livres et un film ont également vu le jour : autant d’initiatives qui montrent la volonté de ne pas oublier et de construire – malgré la douleur – un chemin de fraternité, de paix et surtout de réconciliation.
Le P. Jacques Hamel fait ainsi partie des martyrs de la foi de l’an 2000 à nos jours, répertoriés par la Commission des nouveaux martyrs témoins de la foi. La phase diocésaine du procès de béatification du prêtre a été ouverte en mai 2017 par le diocèse de Rouen, avec l’accord exceptionnel du pape François, qui a réduit le délai habituel de cinq ans après la mort. La phase romaine du serviteur de Dieu a commencé en avril 2019.
