Deux sermons jusqu’alors inconnus du grand docteur de l’Église ont été identifiés dans un manuscrit du XIIe siècle conservé en Pologne

Deux sermons jusqu’alors inconnus du grand docteur de l’Église ont été identifiés dans un manuscrit du XIIe siècle conservé en Pologne

Deux sermons inédits de saint Augustin découverts

Une découverte exceptionnelle qui enrichit l’héritage littéraire de saint Augustin

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(ZENIT News / Würzburg, 29.06.2026) – Plus de seize siècles après sa mort, saint Augustin d’Hippone continue à surprendre les chercheurs. Deux sermons du grand docteur de l’Église, jusqu’ici inconnus, ont été identifiés dans un manuscrit du XIIe siècle conservé en Pologne, offrant un nouvel éclairage sur l’un des théologiens les plus influents du christianisme et sur un passage biblique qui a mis au défi les exégètes depuis l’antiquité.

La découverte, annoncée par l’université de Wurtzbourg, a été faite par le professeur de latin Christian Tornau, qui collabore maintenant avec des spécialistes du Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum (CSEL) pour préparer la première édition critique des textes. Leur publication est attendue avant la fin de 2026. 

La découverte est née d’un projet de recherche apparemment routinier. En 2024, l’Association du monastère de Bad Doberan a demandé à Tornau d’examiner un manuscrit médiéval qui avait autrefois appartenu à l’abbaye allemande, mais qui se trouve maintenant au monastère de Pelplin dans le nord de la Pologne. Le codex contient six sermons attribués à saint Augustin, mais une analyse textuelle approfondie a révélé que deux d’entre eux n’avaient jamais été reconnus par les chercheurs. 

Pour les experts en littérature patristique, les découvertes authentiques des écrits d’Augustin sont extrêmement rares. Bien qu’un dépôt secret incroyable de trente textes augustiniens auparavant inconnus ait été découvert à Mayence en 1990, la plupart des manuscrits attribués à l’évêque d’Hippone ont déjà été étudiés en profondeur. Cela fait de l’identification même de deux sermons authentiques une contribution significative à la recherche augustinienne. 

Les deux homélies nouvellement identifiées se concentrent sur l’un des épisodes les plus énigmatiques de l’Ancien Testament : la visite du roi Saül à la sorcière d’Endor, racontée dans le premier livre de Samuel. Désespéré avant sa bataille contre les Philistins et incapable d’obtenir une réponse de Dieu, Saül se tourne vers un médium pour tenter d’invoquer le prophète Samuel. 

Le récit a généré un débat théologique pendant des siècles. Dieu a-t-il permis à Samuel d’apparaître de manière extraordinaire, ou bien cette apparition était-elle une tromperie démoniaque ? Plutôt que d’offrir une solution immédiate, Augustin semble avoir traité la question comme une occasion d’éduquer sa congrégation dans l’interprétation prudente des Écritures. 

Selon Tornau, le premier sermon a été prêché pendant la liturgie du dimanche et se termine par la présentation de plusieurs explications possibles sans choisir définitivement parmi elles. La deuxième, présentée le mercredi suivant, revient sur la même question, en soupesant les interprétations concurrentes avant de faire avancer la discussion. L’approche reflète la méthode d’enseignement caractéristique d’Augustin : inviter les auditeurs à réfléchir à travers des questions difficiles plutôt que de réduire chaque mystère à une réponse simple. 

Les sermons abordent également une question théologique plus large qui reste pertinente aujourd’hui : le problème de la providence divine. Si Dieu est tout-puissant, comment les croyants devraient-ils comprendre les événements qui semblent défier Sa souveraineté ? Les réflexions d’Augustin le montrent luttant contre cette question pastoralement, aidant les chrétiens ordinaires à affronter des textes bibliques difficiles sans abandonner la confiance en la sagesse de Dieu. 

Leur authenticité a fait l’objet d’un examen particulièrement rigoureux. Parce que plusieurs ouvrages faussement attribués à Augustin ont fait surface au cours des siècles, Tornau s’est associé avec le chercheur Clemens Weidmann pour réunir environ vingt spécialistes internationaux de la littérature latine patristique à Vienne. Après avoir examiné la langue, le style littéraire, le contenu théologique et les caractéristiques rhétoriques, les experts ont conclu à l’unanimité que les sermons sont authentiquement augustiniens. 

Les chercheurs pensent que le manuscrit du XIIe siècle descend probablement d’une copie beaucoup plus ancienne qui était conservée à l’abbaye d’Amelungsborn en Basse-Saxe. Malheureusement, la destruction de cette bibliothèque médiévale pendant la guerre de Trente Ans rend impossible d’établir avec certitude l’histoire complète de la transmission du manuscrit. 

La découverte offre également un rappel précieux de la façon dont les monastères médiévaux ont servi de gardiens de la civilisation chrétienne. Bien avant l’invention de l’imprimerie, des générations de moines copiaient à la main les textes bibliques, théologiques et classiques. Sans ce travail, une grande partie de l’héritage intellectuel du christianisme et du monde antique aurait disparu.

Né en 354 et évêque d’Hippone jusqu’à sa mort en 430, saint Augustin a profondément façonné le christianisme occidental à travers des œuvres telles que les Confessions et la Cité de Dieu. Son influence s’étend bien au-delà de la théologie catholique et touche à la philosophie, l’interprétation biblique, la pensée politique et la culture occidentale elle-même. 

Pour cette raison, chaque ajout authentique à son héritage littéraire est plus qu’une curiosité académique. Ces sermons récemment retrouvés offrent une nouvelle fenêtre sur l’esprit pastoral de l’un des plus grands enseignants du christianisme, révélant non seulement ce en quoi Augustin croyait, mais aussi comment il a guidé les croyants à travers des questions qui n’avaient pas de réponses faciles—une approche qui reste étonnamment pertinente dans une époque encore à la recherche de sagesse au milieu de la complexité.

 

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Joachin Meisner Hertz

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