Rite de la communion hors de la messe

Questions sur la liturgie (20)

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Réponse du P. Edward McNamara, légionnaire du Christ, professeur de liturgie et de théologie sacramentelle à l’Université pontificale Regina Apostolorum.

 

Question : Je suis diacre permanent. Chaque dimanche, je célèbre la communion hors de la messe dans des communautés rurales. Chante-t-on « L’Agneau de Dieu » pendant ces célébrations ? Doit-on se purifier les mains, comme le fait le prêtre pendant la messe ? On m’a appris que je ne devais pas le faire. Cependant, récemment, des religieuses venues prêter main-forte à la paroisse font les deux, ce qui sème la confusion dans la communauté. — JG, Saltillo, Mexique 

Réponse : L’Église a deux rites universels pour la distribution de la sainte communion en dehors de la messe. L’un est destiné à donner la communion aux malades et l’autre, généralement réservé aux jours de semaine, aux fidèles qui désirent communier mais ne peuvent assister à la messe. 

Les deux rites ont une structure similaire et diffèrent surtout par les textes de prière utilisés. 

Il n’existe pas de rite universel pour le dimanche car la participation à la messe est et demeure le principal moyen de culte dans l’Église. 

Cependant, comme il existe des situations objectives où de nombreux fidèles sont privés de la possibilité d’assister à la messe dominicale pendant de longues périodes, le Saint-Siège a publié en 1988 un directeur pour les « célébrations dominicales en l’absence de prêtre », ou, pour reprendre une expression souvent préférée, pour une communauté « en attente d’un prêtre ». Ce document donne des orientations générales aux conférences épiscopales ou aux évêques afin qu’ils élaborent des normes et des rituels plus spécifiques pour répondre aux besoins pastoraux concrets. 

Le chapitre 3 de ce document (n° 35-50) traite de l’ordre de la célébration : 

« 35. L’ordre à suivre lors d’une célébration dominicale sans messe se compose de deux parties : la célébration de la Parole de Dieu et la communion. Rien de propre à la messe, et en particulier la présentation des dons et la prière eucharistique, ne doit être inséré dans cette célébration. L’ordre de la célébration doit être agencé de manière à favoriser véritablement la prière et à donner l’image non d’une simple réunion, mais d’une authentique assemblée liturgique. » 

« 36. En règle générale, les textes des prières et des lectures de chaque dimanche ou solennité sont tirés du Missel romain et du Lectionnaire de la messe. Ainsi, les fidèles suivront le cycle de l’année liturgique et prieront et écouteront la parole de Dieu en communion avec les autres communautés de l’Église. » 

«37. Lors de la préparation de la célébration, le pasteur, avec les laïcs désignés, peut apporter des adaptations en fonction du nombre de ceux qui participeront à la célébration, des capacités des animateurs et du type d’instruments disponibles pour la musique et le chant. 

« 38. Lorsqu’un diacre préside la célébration, il agit conformément à son ministère en ce qui concerne les salutations, les prières, la lecture de l’Évangile et l’homélie, la distribution de la communion, ainsi que l’envoi et la bénédiction. Il porte les vêtements propres à son ministère, c’est-à-dire l’aube avec l’étole et, selon les circonstances, la dalmatique. Il occupe le siège présidentiel. » 

« 39. Le laïc qui préside l’assemblée agit comme un égal parmi les égaux, selon la manière dont se déroule la liturgie des heures lorsqu’elle n’est pas présidée par un ministre ordonné, et dans le cas des bénédictions lorsque le ministre est un laïc (« Que le Seigneur nous bénisse… » ; « Louons le Seigneur… »). Le laïc ne doit pas employer de paroles propres au prêtre ou au diacre et doit omettre les rites trop facilement associés à la messe, par exemple les salutations – en particulier « Le Seigneur soit avec vous » – et les envois, car cela pourrait donner l’impression que le laïc est un ministre sacré. » 

« 40. Le laïc responsable porte la tenue appropriée à sa fonction ou celle prescrite par l’évêque. Il n’utilise pas le siège présidentiel, mais un autre siège préparé à l’extérieur du sanctuaire. L’autel étant la table du sacrifice et du banquet pascal, il ne sert, durant cette célébration, que pour le rite de la communion, lorsque le pain consacré y est déposé avant la distribution de la communion. » 

« La préparation de la célébration doit comprendre une attention particulière à la répartition appropriée des rôles, par exemple pour les lectures, les chants, etc., ainsi qu’à l’aménagement et à la décoration du lieu de célébration. » 

«41. Voici un aperçu des éléments de la célébration.

« — 1. Rites d’introduction. Leur but est de former une communauté parmi les fidèles rassemblés et de les préparer à la célébration. » 

«— 2. Liturgie de la Parole. Ici, Dieu parle à son peuple pour lui révéler le mystère de la rédemption et du salut ; le peuple répond par la profession de foi et les intercessions générales. 

«— 3. Action de grâce. Ici, Dieu est béni pour sa grande gloire (voir n° 45). 

«— 4. Rites de communion. Ce sont une expression et un accomplissement de la communion avec le Christ et avec ses membres, en particulier avec ceux qui, ce même jour, participent au sacrifice eucharistique. 

«— 5. Rites de conclusion. Ceux-ci soulignent le lien existant entre la liturgie et la vie chrétienne. 

« La conférence des évêques, ou l’évêque lui-même, peut, compte tenu des conditions du lieu et des personnes concernées, déterminer plus précisément les détails de la célébration, en utilisant les ressources préparées par le comité liturgique national ou diocésain, mais la structure générale de la célébration ne doit pas être modifiée inutilement. » 

«42. Dans l’introduction au début de la célébration, ou à un autre moment, le responsable doit mentionner la communauté des fidèles avec laquelle le pasteur célèbre l’eucharistie ce dimanche et exhorter l’assemblée à s’unir en esprit à cette communauté. 

« 43. Afin que les participants retiennent la parole de Dieu, il convient d’expliquer les lectures ou d’observer un temps de silence pour méditer sur ce qui a été entendu. Puisque seul un pasteur ou un diacre peut prononcer l’homélie, il est souhaitable que le pasteur la prépare et la confie au président de l’assemblée pour lecture. En la matière, il faut toutefois se conformer aux décisions de la conférence des évêques. » 

« 44. Les intentions générales doivent suivre une série établie. Les intentions pour tout le diocèse que l’évêque aura pu proposer ne doivent pas être omises. Il convient aussi souvent de présenter des intentions pour les vocations aux ordres sacrés, pour l’évêque et pour le curé. » 

«45. L’action de grâce peut suivre l’une ou l’autre des manières décrites ici. 

«— 1. Après la prière universelle ou après la sainte communion, le célébrant invite tous les fidèles à un acte d’action de grâce, au cours duquel ils louent la gloire et la miséricorde de Dieu. Cela peut se faire par la récitation d’un psaume (par exemple, les psaumes 100, 113, 118, 136, 147, 150), d’un hymne (par exemple, le Gloria), d’un cantique (par exemple, le Cantique de Marie) ou d’une prière litanienne que le célébrant, debout face à l’autel, récite avec les fidèles. » 

«— 2. Avant le Notre Père, le chef de l’assemblée se rend au tabernacle ou à l’endroit où est conservée l’Eucharistie et, après avoir fait une révérence, dépose le ciboire contenant la sainte Eucharistie sur l’autel. Puis, agenouillé devant l’autel, il chante ou récite avec tous les fidèles un hymne, un psaume ou une litanie, adressés ici au Christ dans l’Eucharistie. » 

« Mais cette action de grâce ne doit en aucun cas prendre la forme de la prière eucharistique, les textes des préfaces ou des prières eucharistiques du Missel romain (Sacramentaire) ne doivent pas être utilisés, et tout risque de confusion doit être éliminé. » 

« 46. Pour le rite de communion, il convient d’observer les dispositions du Rituel romain relatives à la communion hors de la messe. Il faut rappeler fréquemment aux fidèles que, même lorsqu’ils communient hors de la messe, ils sont unis au sacrifice eucharistique. » 

« 47. Pour la communion, si possible, on utilise le pain consacré ce même dimanche lors d’une messe célébrée ailleurs ; un diacre ou un laïc l’apporte dans un ciboire ou une pyxide et le place dans le tabernacle avant la célébration. On peut aussi utiliser le pain consacré lors de la dernière messe célébrée dans le lieu de réunion. Avant le Notre Père, le célébrant se rend au tabernacle ou à l’endroit où est conservée l’Eucharistie, prend le vase contenant le corps du Seigneur et le place sur l’autel, puis récite le Notre Père – à moins que l’action de grâce mentionnée au n° 45,2 ne doive avoir lieu à ce moment-là. » 

« 48. Le Notre Père est toujours récité ou chanté par tous, même s’il n’y a pas de communion. On peut échanger le signe de paix. Après la communion, un temps de silence peut être observé ou un psaume ou un cantique de louange peut être chanté. Une action de grâce telle que décrite au n° 45,1 peut également avoir lieu. » 

«49. Avant la fin de l’assemblée, on lit les annonces ou les avis relatifs à la vie de la paroisse ou du diocèse. 

«50. ‘On ne saurait accorder trop d’importance à l’assemblée du dimanche, que ce soit comme source de la vie chrétienne de l’individu et de la communauté, ou comme signe de l’intention de Dieu de rassembler toute l’humanité en Christ. 

« Tous les chrétiens doivent partager la conviction qu’ils ne peuvent vivre leur foi ni participer – à leur manière – à la mission universelle de l’Église s’ils ne sont pas nourris du pain eucharistique. Ils doivent être également convaincus que l’assemblée dominicale est un signe pour le monde du mystère de la communion, qui est l’eucharistie. » 

À cela s’ajoute la note du document interdicastériel de 1997 intitulé « Sur certaines questions concernant la collaboration des fidèles non ordonnés au ministère sacerdotal ». Le texte se trouve dans la section « Dispositions pratiques », article 7, sur les « Célébrations dominicales en l’absence de prêtre ». 

« § 1. En certains lieux, en l’absence de prêtres ou de diacres, des fidèles non ordonnés animent les célébrations dominicales. Bien souvent, ce service utile et délicat est très bénéfique pour la communauté locale lorsqu’il est accompli conformément à l’esprit et aux normes spécifiques édictées par l’autorité ecclésiastique compétente. Un mandat spécial de l’évêque est nécessaire pour que les fidèles non ordonnés puissent animer de telles célébrations. Ce mandat doit contenir des instructions précises quant à sa durée d’application, au lieu et aux conditions de son application, et indiquer le prêtre responsable de la supervision de ces célébrations. » 

« § 2. Il est essentiel de bien comprendre que ces célébrations sont des solutions temporaires et que le texte qui y est utilisé doit être approuvé par l’autorité ecclésiastique compétente. Il est interdit d’y insérer des éléments propres à la Sainte Messe. Afin d’éviter toute erreur dans l’esprit des fidèles, l’utilisation des prières eucharistiques, même sous forme narrative, y est proscrite. Pour les mêmes raisons, il convient de rappeler aux participants que ces célébrations ne sauraient se substituer au Sacrifice eucharistique et que l’obligation d’assister à la messe le dimanche et les jours de fête d’obligation n’est remplie que par la participation à la Sainte Messe. Lorsque la distance ou les conditions physiques ne constituent pas un obstacle, tout doit être mis en œuvre pour encourager et aider les fidèles à accomplir ce précepte. » 

À la lumière de ce qui précède, il convient de rappeler qu’il faut suivre le rituel approuvé dans le pays où se déroule la célébration et conformément aux instructions de l’évêque diocésain. 

J’ai examiné plusieurs rites locaux pour la célébration du dimanche en l’absence de prêtre. Aucun n’incluait le rite de purification des mains ni celui de « l’Agneau de Dieu ». 

D’un point de vue liturgique, cela me semble logique. Nous avons vu précédemment l’insistance des documents sur le fait qu’aucun rite intrinsèque à la messe ne doit y être inclus. 

L’ancien rite où le prêtre se lave les mains en priant pour la purification est accompli avant la récitation de la prière sur les offrandes et l’introduction de la prière eucharistique. Il est donc orienté vers la prière eucharistique et son utilisation pour le rite de la communion serait exclue. 

Si par purification des mains notre lecteur entend le fait de verser un peu d’eau sur ses doigts après avoir distribué la communion tout en purifiant les vases sacrés, comme le font habituellement certains prêtres, il s’agit d’une question pratique qui peut être accomplie par n’importe quel ministre.

 De même, l’« Agneau de Dieu » accompagne la fraction de l’hostie lors de la messe. Puisqu’il n’existe pas de rite de fraction pendant la communion en dehors de la messe, son utilisation à ce moment-là serait peu pertinente. Elle contreviendrait également à l’interdiction générale d’inclure dans ce rite des éléments propres à la célébration de la messe. 

En conclusion, je crois que notre correspondant a raison de ne pas inclure les rites susmentionnés dans les célébrations du dimanche en l’absence de prêtre. 

Je lui suggère de s’entretenir avec le curé afin qu’il puisse clarifier la situation avec les religieuses qui se dévouent généreusement aux besoins des fidèles. Ainsi, tous les ministres suivront le même rite, hormis celui propre au diacre en tant que ministre ordonné, et toute confusion parmi les fidèles sera évitée. 

* * * 

Les lecteurs peuvent envoyer leurs questions à zenit.liturgy@gmail.com . Veuillez indiquer « Liturgie » dans l’objet de votre courriel. Votre message doit comprendre vos initiales, votre ville et votre région/province ou pays. Le père McNamara ne pourra répondre qu’à une petite sélection parmi le grand nombre de questions reçues. 

 

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