Discours du pape Léon XIV aux évêques de la Conférence épiscopale italienne, 28 mai 2026 © Vatican Media

Discours du pape Léon XIV aux évêques de la Conférence épiscopale italienne, 28 mai 2026 © Vatican Media

Léon XIV aux évêques italiens : « Ayons le courage de l’essentiel »

Le pape appelle l’Église en Italie à remettre l’Évangile, la mission et la vie communautaire au centre

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Le jeudi 28 mai 2026, dans la Salle du synode au Vatican, le pape Léon XIV s’est adressé aux participants de la 82e Assemblée générale de la Conférence épiscopale italienne.

Très chers frères dans l’épiscopat, bonjour !

Discours du pape Léon XIV aux évêques de la Conférence épiscopale italienne, 28 mai 2026 © Vatican Media Merci, Éminence, pour les paroles que vous m’avez adressées. J’adresse un salut cordial à ceux qui ont été élus pour exercer un service au sein de la Conférence épiscopale, en particulier au Vice-président, ainsi qu’à chacun de vous. Par votre intermédiaire, je souhaite exprimer mon affection à toutes les Églises présentes en Italie : aux prêtres, aux diacres, aux personnes consacrées, aux familles, aux catéchistes, aux éducateurs, aux jeunes, aux personnes âgées, aux pauvres, aux malades, à tous ceux qui vivent la foi dans la simplicité du quotidien et à ceux qui, peut-être sans le savoir, portent dans leur cœur une soif de Dieu.

C’est ce qu’il nous est donné de constater de multiples manières, même en un temps comme le nôtre, marqué par la complexité. Je l’ai moi-même expérimenté lors de mes récentes visites à Pompéi, Naples et Acerra. De nombreux signes parlent de fatigue, de fragmentation et de solitude. Dans nos communautés, nous pouvons parfois ressentir la difficulté de transmettre la foi et d’impliquer les nouvelles générations. Mais l’Évangile nous réveille. Jésus, en regardant les foules, ne voit pas un problème à résoudre : il voit une moisson, il voit le champ de Dieu : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Lc 10, 2). Semeur infatigable, Dieu sort chaque jour dans le monde et répand généreusement dans les cœurs le désir de l’infini, d’une vie pleine, d’un salut qui libère. Oui, grâce à Dieu, la moisson est grande. Notre première tâche est donc celle-ci : faire nôtre le regard du Seigneur. Ne pas seulement nous lamenter sur les terrains devenus arides ni nous arrêter aux statistiques, mais savoir reconnaître, avec les yeux du Ressuscité, la récolte que Dieu lui-même prépare.

Très chers frères, que l’Esprit Saint nous donne des cœurs brûlants de l’élan du Christ et suscite de nombreux et saints ouvriers pour travailler avec nous.

Discours du pape Léon XIV aux évêques de la Conférence épiscopale italienne, 28 mai 2026 © Vatican Media Avec ce regard, la priorité est donc l’Évangile : saint François d’Assise nous le dit, huit cents ans après son passage au Ciel ; l’Evangelii nuntiandi de saint Paul VI et l’Evangelii gaudium du pape François nous le rappellent. Car c’est de l’Évangile que naît la foi, comme rencontre vivante avec le Christ mort et ressuscité, présent dans son Église. Aujourd’hui, dans le contexte où nous sommes appelés à agir, confrontés à d’autres visions de la vie et à des défis anthropologiques inédits, remettre l’Évangile au centre est le don qui redonne enthousiasme à notre vie d’évêques et l’urgence qui nous pousse en avant.

Nous sommes donc appelés à nous demander : quel visage de Dieu laissons-nous transparaître dans la prédication, la catéchèse, la liturgie, la charité et la vie de nos communautés ? Comment favorisons-nous la rencontre avec le Christ et que signifie aujourd’hui, pour nous et pour nos Églises, initier d’autres personnes à la vie chrétienne ? Ce sont des questions que, comme pasteurs, nous devons toujours nous poser, sans jamais les considérer comme acquises.

D’où l’attention renouvelée à l’initiation chrétienne, qui ne peut être pensée uniquement comme une préparation aux sacrements. Elle est le « sein maternel » dans lequel une communauté engendre à la foi et introduit dans la vie pascale, dans la communion avec le Seigneur et dans la fraternité ecclésiale. Il s’agit de redécouvrir le baptême comme une réalité vivante et existentielle. « Il n’est pas possible de comprendre pleinement le baptême en dehors de l’Initiation chrétienne, c’est-à-dire du chemin par lequel le Seigneur, à travers le ministère de l’Église et le don de l’Esprit, nous introduit dans la foi pascale et nous insère dans la communion trinitaire et ecclésiale » (Document final de la XVIe Assemblée du Synode des évêques, n. 24). Cette insistance de la récente Assemblée synodale est très importante, car elle situe le chemin ouvert par le baptême au sein d’une Église qui croit, célèbre, accompagne et engendre. Une Église qui, tout en se réjouissant de voir de jeunes et adultes catéchumènes, est ensuite capable de soutenir leur persévérance après l’élan initial.

Discours du pape Léon XIV aux évêques de la Conférence épiscopale italienne, 28 mai 2026 © Vatican Media La foi se transmet et grandit là où existent des communautés vivantes et accueillantes, capables de prier et d’écouter ; des communautés où la Parole de Dieu n’est pas marginalisée mais éclaire les choix, où l’Eucharistie est véritablement source et sommet, où les pauvres ne sont pas des bénéficiaires extérieurs d’un service mais des frères et sœurs à travers lesquels le Seigneur nous parle ; où les jeunes sont des visages, des voix et des histoires avec lesquelles dialoguer ; où les familles ne sont pas laissées seules et où les blessures ne sont pas cachées mais portées devant le Seigneur avec humilité ; où la foi devient engagement concret dans la société, la politique et la culture.

C’est précisément pour cela que nous, évêques, sommes appelés à une écoute profonde : écouter la Parole de Dieu, écouter le Peuple de Dieu, écouter les signes des temps, écouter aussi ce qui remet en question nos habitudes pastorales. Là où l’écoute est authentique, la communauté ne se replie pas sur elle-même, mais devient un lieu de discernement et de mission, capable ainsi de se renouveler.

Discours du pape Léon XIV aux évêques de la Conférence épiscopale italienne, 28 mai 2026 © Vatican Media Tel est le sens du chemin synodal que vous avez mené à bien et qui, comme vous l’avez souligné, doit désormais devenir un style permanent. Le Concile Vatican II nous a rappelé qu’il a plu à Dieu de sanctifier et de sauver les hommes non pas séparément, mais en faisant d’eux un peuple qui le reconnaisse dans la vérité et le serve dans la sainteté (cf. Lumen gentium, 9). Une Église synodale est une Église où chacun, selon sa vocation, peut offrir le don reçu de l’Esprit pour l’édification commune. La participation n’est donc pas une concession : elle est une exigence de la communion et de la mission. Elle doit devenir méthode, responsabilité et discernement, dans l’implication des divers charismes et ministères et dans le respect de la mission propre de l’évêque.

Le Document de synthèse du chemin synodal des Églises en Italie rappelle la valeur des organismes de participation, comme lieux où le discernement communautaire peut prendre forme. Mais il ne suffit pas que ces instruments existent : il faut vérifier qu’ils fonctionnent réellement.

Dans ce processus, les différentes structures de la CEI sont appelées à poursuivre leur service de communion, de coordination, de discernement et de soutien aux Églises présentes en Italie. Parce qu’elle possède ce rôle, l’organisation de la Conférence épiscopale doit être modelée à la lumière des exigences de la mission et des conditions historiques nouvelles. Il ne s’agit pas d’imiter des schémas organisationnels extérieurs ni de tout réduire à l’efficacité administrative, mais de se demander quelle configuration aide aujourd’hui les pasteurs et les Églises locales à mieux annoncer l’Évangile, à marcher ensemble et à permettre une participation effective, ordonnée et féconde. Lorsqu’elle est vécue dans l’Esprit, cette démarche ne fragilise pas la communion : elle la purifie.

Discours du pape Léon XIV aux évêques de la Conférence épiscopale italienne, 28 mai 2026 © Vatican Media Chers frères, le Seigneur ne nous demande pas de mesurer la fécondité de l’Église selon les critères du nombre, de la visibilité ou de l’influence. « Lorsque nous regardons avec les yeux de Dieu, nous découvrons qu’Il a choisi le chemin de la petitesse pour descendre parmi nous. […] Cette logique de la petitesse est la véritable force de l’Église. Celle-ci ne réside ni dans ses ressources ni dans ses structures, et les fruits de sa mission ne proviennent ni du consensus numérique, ni de la puissance économique, ni de l’influence sociale. L’Église vit au contraire de la lumière de l’Agneau et, rassemblée autour de Lui, elle est poussée sur les routes du monde par la puissance de l’Esprit Saint » (Discours lors de la rencontre de prière à Istanbul, 28 novembre 2025).

Ayons le courage de l’essentiel ! Le courage de communautés moins préoccupées de tout conserver et plus libres d’annoncer le Christ. Le courage d’une catéchèse qui soit un véritable chemin d’initiation et de formation permanente à la vie chrétienne. Le courage de paroisses accueillantes et missionnaires, où les familles se retrouvent et se renouvellent à la source de l’Évangile. Le courage d’organismes de participation vivants. Le courage d’écouter les jeunes sans apprivoiser leurs questions. Le courage de nous laisser évangéliser par les pauvres. Le courage d’une structure nationale toujours davantage au service de la communion missionnaire des Églises en Italie.

Discours du pape Léon XIV aux évêques de la Conférence épiscopale italienne, 28 mai 2026 © Vatican Media Un peuple naît de pères et de mères dans la foi, de communautés capables de dire, par leur vie avant même leurs paroles : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41). L’Italie a besoin de ce témoignage.

Je confie votre chemin à la Vierge Marie, Mère de l’Église. Elle a accueilli le don, gardé la Parole, marché avec les disciples et attendu l’Esprit au Cénacle. Qu’elle vous aide à être « enracinés et fondés en Lui, affermis dans la foi » (Col 2, 7), à garder l’essentiel, à engendrer dans la foi, à marcher avec le Peuple de Dieu et à reconnaître la voix du Seigneur qui continue d’appeler, de consoler et d’envoyer.

Je vous accompagne de ma bénédiction. Merci !

 

Traduction réalisée par ZENIT

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Pape Léon XIV

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