Réponse du P. Edward McNamara, légionnaire du Christ, professeur de liturgie et de théologie sacramentelle à l’Université pontificale Regina Apostolorum.
Question : Dans notre cathédrale, les hosties à faible teneur en gluten sont conservées dans leur emballage plastique individuel. Elles sont consacrées et distribuées ainsi. Ma question est la suivante : quelles sources officielles pourraient réfuter une telle pratique ? — CS, État de New York
Réponse : Le 14 septembre 2004, j’ai abordé certaines questions doctrinales et pratiques concernant les personnes atteintes de la maladie cœliaque. Peu de choses ont changé depuis, si ce n’est la mise au point de diverses hosties à très faible teneur en gluten, reconnues comme valides pour la célébration de l’Eucharistie et, par ailleurs, sans danger pour la plupart des personnes atteintes de cette maladie.
La Conférence des évêques catholiques des États-Unis a publié des directives détaillées sur ce sujet qui, étant conformes aux principes canoniques généraux, pourraient être adoptées dans tous les pays. Un document de 2017 aborde la question des sacrements pour les personnes handicapées de manière générale.
Les autres directives se trouvent environ un an plus tôt dans le bulletin de la Commission sur le culte divin de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, qui a publié une réponse pastorale actualisée en avril 2016 sur la manière de faciliter la communion eucharistique pour les personnes souffrant d’intolérance au gluten et à l’alcool.
Les paragraphes introductifs du document de 2017 indiquent l’esprit dans lequel l’Église aborde cette question :
L’Église continue d’affirmer la dignité de chaque être humain et de mieux connaître et comprendre les dons et les besoins de ses membres en situation de handicap. De même, elle reconnaît que chaque communauté paroissiale compte des personnes en situation de handicap et souhaite sincèrement leur participation active. Tous les membres du Corps du Christ sont appelés d’une manière unique par Dieu en vertu de leur baptême. À la lumière de cet appel, l’Église cherche à soutenir chacun dans sa croissance spirituelle et à encourager chacun dans sa vocation. Participer aux sacrements et s’en nourrir de la grâce est essentiel à cette croissance spirituelle. Les adultes et les enfants catholiques en situation de handicap, ainsi que leurs familles, désirent ardemment une participation pleine et significative à la vie sacramentelle de l’Église.
« À cet égard, en publiant des Lignes directrices révisées et élargies pour la célébration des sacrements avec les personnes handicapées, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis souhaite réitérer ce qui a été dit dans les précédentes déclarations pastorales sur ce sujet :
Il est essentiel que toutes les formes de la liturgie soient pleinement accessibles aux personnes handicapées, car elles constituent l’essence même du lien spirituel qui unit la communauté chrétienne. Exclure des paroissiens de ces célébrations de la vie de l’Église, même par omission passive, revient à nier la réalité de cette communauté. L’accessibilité implique bien plus que de simples modifications matérielles des bâtiments paroissiaux. Des mesures concrètes doivent être prises pour permettre aux catholiques handicapés de participer pleinement à l’Eucharistie et aux autres célébrations liturgiques.
Concernant l’Eucharistie pour les personnes souffrant de handicaps mentaux et autres, ces directives stipulent ce qui suit :
« 21. L’Eucharistie est le sacrement le plus auguste, dans lequel le Christ Seigneur lui-même est présent, s’offre et se reçoit, et par lequel l’Église vit et grandit sans cesse. Elle est le sommet et la source de tout culte et de toute vie chrétienne, signifiant et réalisant l’unité du Peuple de Dieu, nourrissant spirituellement ceux qui la reçoivent et édifiant le Corps du Christ. La célébration de l’Eucharistie est au cœur de toute vie chrétienne. »
« 22. Les parents ou tuteurs, en collaboration avec les curés, doivent veiller à ce que les enfants ayant atteint l’âge de raison soient correctement préparés et reçoivent la sainte communion dès que possible. Les curés doivent être vigilants afin que les enfants n’ayant pas atteint l’âge de raison ou qui, à leur avis, ne sont pas suffisamment préparés, ne s’approchent pas du Saint-Sacrement. Il est important de noter, cependant, que le critère pour recevoir la sainte communion est le même pour les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du développement que pour tous : la personne doit être capable de « distinguer le Corps du Christ des aliments ordinaires », même si cette reconnaissance se manifeste par l’attitude, les gestes ou un silence respectueux, plutôt que verbalement. Les curés sont encouragés à consulter les parents, les tuteurs, le personnel diocésain chargé des questions de handicap, les psychologues, les catéchistes et autres experts avant de prendre leur décision. S’il est déterminé qu’un paroissien en situation de handicap n’est pas prêt à recevoir le sacrement, il convient d’expliquer avec soin les raisons de cette décision. En cas de doute, il convient de privilégier le droit du catholique à recevoir le sacrement. L’existence d’un handicap ne constitue pas en soi un motif d’exclusion de la communion. »
« 23. Compte tenu de l’importance primordiale de l’Eucharistie dans la vie des fidèles, et à la lumière des progrès médicaux et technologiques qui touchent les catholiques en situation de handicap, de nouvelles questions se posent quant à la réception de la sainte communion, et des situations autrefois rares sont devenues relativement fréquentes. Le clergé et les ministres extraordinaires de la communion sont encouragés à se familiariser avec les besoins de leurs paroissiens. Dans bien des cas, de simples adaptations peuvent s’avérer très utiles et devraient être accueillies favorablement par tous au niveau paroissial. »
« 25. Les catholiques atteints de la maladie cœliaque ou d’autres affections les rendant intolérants au gluten doivent avoir la possibilité de recevoir un petit fragment d’hostie ordinaire et être informés des options qui s’offrent à eux : hostie à faible teneur en gluten ou hostie sous forme de vin. En cas d’intolérance au gluten et au vin, le moût peut également être proposé, avec l’accord de l’ordinaire du lieu. Le clergé et les ministres extraordinaires de la communion doivent être conscients des risques de contamination croisée et des problèmes connexes afin d’assurer une administration sûre des espèces consacrées aux catholiques intolérants au gluten. Par exemple, le calice remis à une personne intolérante au gluten ne doit contenir aucune particule d’hostie, et les hosties à faible teneur en gluten ne doivent jamais être mélangées aux hosties ordinaires. Comme certaines personnes peuvent se sentir gênées à l’idée de devoir bénéficier d’aménagements particuliers pour recevoir la communion, une attention pastorale particulière est essentielle. »
Le document légèrement antérieur, datant de 2016, aborde plus spécifiquement la situation des personnes atteintes de la maladie cœliaque et traite, entre autres questions pratiques, de l’endroit où trouver des hosties à très faible teneur en gluten aux États-Unis.
Concernant le risque de contamination croisée, il est indiqué :
Pour les fidèles intolérants au gluten, même des traces peuvent être nocives. Il est donc important d’être vigilant quant aux risques de contamination croisée lors de l’utilisation d’hosties à faible teneur en gluten ou lors de la distribution de la communion sous l’espèce du vin uniquement. Il serait préférable, par exemple, que le communiant prépare un ciboire contenant l’hostie à faible teneur en gluten avant la messe, afin d’éviter que le sacristain ayant manipulé les autres hosties ne manipule également celles à faible teneur en gluten. Au moment de la communion, il pourrait alors s’approcher du sanctuaire avec un ministre extraordinaire de la communion et recevoir le ciboire des mains du célébrant qui prononcerait les mots « Le Corps du Christ » (ou, si possible, le ciboire pourrait lui être remis lors de la communion habituelle, à condition d’éviter toute contamination croisée par manipulation du ciboire). De même, il peut être nécessaire pour une personne autorisée à communier uniquement sous l’espèce du vin de préparer un calice avant la messe. Ce calice ne sera pas utilisé pour la communion et elle communiera seule ou en premier. De telles précautions sont non seulement médicalement nécessaires, mais témoignent aussi de compassion en évitant d’exclure ceux qui souhaitent communier mais ne peuvent recevoir l’une ou l’autre espèce.
En ce qui concerne les hôtes à faible teneur en gluten et le muscat, ce qui suit est établi :
L’enseignement le plus récent de l’Église concernant l’usage du pain azyme et des hosties à faible teneur en gluten lors de la messe demeure la lettre du cardinal Joseph Ratzinger, en date du 24 juillet 2003 (Prot. n° 89/78-17498), adressée aux présidents des Conférences épiscopales. Dans cette lettre, il est rappelé aux pasteurs et aux fidèles que, pour être valide pour l’Eucharistie, le pain doit être fait exclusivement de blé, contenir suffisamment de gluten, être exempt de toute matière étrangère et ne pas avoir subi de méthode de préparation ou de cuisson altérant sa nature. La quantité de gluten nécessaire à la validité de ce pain n’est pas déterminée par un pourcentage minimal ni par un poids, bien que les hosties ne contenant pas de gluten soient considérées comme invalides pour la messe. (Dans le rite romain, le pain préparé pour l’Eucharistie doit également être azyme.)
Le moût est défini comme un jus de raisin dont la fermentation a débuté mais a été interrompue, de sorte que sa teneur en alcool (généralement inférieure à 1 %) n’atteint pas les niveaux présents dans la plupart des vins de table. Il ne doit contenir aucun additif et peut être conservé par congélation ou par d’autres procédés. Le procédé utilisé pour interrompre la fermentation ne doit en aucun cas altérer la nature du jus. La quantité d’alcool nécessaire à la validité du moût n’est déterminée ni par un pourcentage minimal ni par un poids. Le jus de raisin pasteurisé dont tout l’alcool a été évaporé par des procédés à haute température est invalide pour la messe. Aux États-Unis, il est interdit de vendre du vin sans ajout de sulfates comme conservateurs. L’Église a déterminé qu’une faible quantité de sulfates est acceptable et n’invalide pas le moût.
« Les fidèles laïcs qui ne peuvent recevoir la sainte communion sous les espèces du pain, même sous la forme d’hosties à faible teneur en gluten, peuvent recevoir la sainte communion sous les espèces du vin seul, que le Précieux Sang soit offert ou non aux autres fidèles présents à une célébration particulière de la messe. »
L’autorisation d’utiliser des hosties sans gluten ou à teneur réduite en gluten, sans distinction, relève de la compétence de l’évêque diocésain. La faculté d’autoriser les fidèles laïcs à recevoir la sainte communion avec ces hosties peut être déléguée aux curés en vertu du canon 137 § 1 du Code de droit canonique. Aucun certificat médical n’est requis pour justifier l’usage d’hosties sans gluten ou à teneur réduite en gluten pour la sainte communion. Cette autorisation, une fois accordée, demeure valable tant que persiste l’affection qui a motivé la demande initiale.
Il est recommandé aux personnes intolérantes au gluten et/ou à l’alcool de se procurer des hosties ou du moustum à faible teneur en gluten auprès de leur paroisse. Cela facilite le suivi et la bonne administration par le curé, responsable comme indiqué précédemment. Cela contribue également à normaliser la pratique pour le communiant et permet de maintenir l’achat des articles liturgiques dans les limites du budget paroissial.
Il convient également de rappeler que, par la doctrine de la concomitance, l’Église enseigne que sous l’une ou l’autre des espèces, pain ou vin, le Christ tout entier est reçu (cf. Instruction générale du Missel romain, n° 282 ; Catéchisme de l’Église catholique, n° 1390). Ainsi, les fidèles peuvent être certains de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie qu’ils reçoivent, même si elle n’est que sous une seule des espèces.
Bien que les documents susmentionnés soient des lignes directrices et non des textes législatifs, ils nous offrent des principes précieux pour répondre à notre lecteur.
Avant tout, il est clair que l’objectif principal de ces documents est d’inclure et d’harmoniser la foi vécue des fidèles qui rencontrent un obstacle ou un handicap ; c’est-à-dire de répondre à leurs besoins sans mettre l’accent sur leur situation en les séparant du reste des fidèles pendant la célébration.
Deuxièmement, concernant le cas particulier des personnes intolérantes au gluten, le document mentionne un ciboire spécial ou un calice séparé afin d’éviter toute contamination croisée. Rien dans ce document n’indique que les hosties consacrées, même conservées séparément, doivent être traitées différemment des autres hosties consacrées ou calices contenant le Précieux Sang.
Par conséquent, consacrer et conserver des hosties à faible teneur en gluten dans des emballages plastiques individuels ne semblerait pas être conforme aux bonnes pratiques liturgiques ni au caractère sacré des espèces consacrées.
Comme suggéré dans le document précédent, la meilleure pratique semblerait être de désigner une personne – même une personne intolérante au gluten – pour préparer le ciboire et/ou le calice avant chaque messe, afin d’éviter tout risque de contamination croisée et tout manque de respect envers les espèces.
S’il reste des hosties après la messe, elles peuvent être conservées dans le tabernacle, dans un ciboire spécialement désigné, pour être distribuées ultérieurement par un ministre qui prend les mesures nécessaires pour éviter tout danger pour les fidèles.
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Les lecteurs peuvent envoyer leurs questions à zenit.liturgy@gmail.com . Veuillez indiquer « Liturgie » dans l’objet de votre courriel. Le texte doit comprendre vos initiales, votre ville et votre état/province ou pays. Le père McNamara ne peut répondre qu’à une petite sélection des nombreuses questions qu’il reçoit.
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