Le 21 avril, le pape Léon XIV s’est rendu à l’hôpital psychiatrique de Malabo, où il a rencontré patients et personnel soignant dans une atmosphère marquée par l’accueil, les témoignages et la créativité des résidents. À cette occasion, il a prononcé un discours centré sur la dignité des personnes fragiles, avant de poursuivre sa visite par une rencontre privée avec les évêques de Guinée équatoriale.
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Madame,
Monsieur le Directeur Général,
Distinguées Autorités,
Chers frères et sœurs !
Je vous remercie de tout cœur pour votre accueil, pour le chant, pour la danse. Merci !

Chaque fois que je visite un hôpital, j’éprouve un double sentiment : d’une part, je ressens de la peine pour les personnes hospitalisées et leurs proches ; d’autre part, j’éprouve de l’admiration et du réconfort pour tout ce qui est fait ici chaque jour au service de la vie humaine. C’est également le cas ici, mais aujourd’hui, en moi, et j’espère aussi en vous tous, c’est la joie qui prévaut : la joie de nous rencontrer au nom du Seigneur et de prendre soin de ceux qui vivent dans une situation de fragilité.
Certaines paroles que j’ai entendues m’ont touché.
Le Directeur a déclaré : “Une société véritablement grande n’est pas celle qui cache ses faiblesses, mais celle qui les entoure d’amour”. Oui, il en est ainsi. C’est là un principe de civilisation qui a des racines chrétiennes, car c’est le Christ qui, dans l’histoire de l’humanité, a libéré le handicap de la malédiction et lui a rendu sa pleine dignité. Mais le Sauveur ne veut pas et ne peut pas nous sauver sans notre collaboration, tant sur le plan personnel que social : c’est pourquoi il nous demande d’aimer nos frères non pas en paroles, mais en actes. Une maison de soins comme celle-ci, avec l’aide de Dieu et l’engagement de tous, peut devenir un signe de la civilisation de l’amour.
Monsieur Pedro Celestino a tenu à conclure par une phrase émouvante : “Merci de nous aimer tels que nous sommes”. Merci à vous, pour votre témoignage ! Oui, Dieu nous aime tels que nous sommes. Seul Dieu, en réalité, nous aime vraiment tels que nous sommes. Et non pas pour que nous demeurions tels que nous sommes ! Non, Dieu ne nous veut pas toujours malades, il veut nous guérir ! On le voit mille fois dans l’Évangile : Jésus est venu nous aimer tels que nous sommes, et non pas pour nous laisser ainsi, mais pour prendre soin de nous ! Et un hôpital, surtout s’il est d’inspiration chrétienne, c’est justement cela : un lieu où la personne est accueillie telle qu’elle est, respectée dans sa fragilité, mais pour l’aider à aller mieux, dans une vision intégrale. À cette fin, la dimension spirituelle est essentielle – cela m’a fait très plaisir que le Directeur l’ait soulignée.
Enfin, merci à Monsieur Tarcisio pour son poème ! Je voudrais dire que, dans un environnement comme celui-ci, de nombreux “poèmes” cachés se composent chaque jour, non pas avec des mots, mais avec de petits gestes, des sentiments et des attentions dans les relations que vous entretenez les uns avec les autres. C’est un poème que seul Dieu sait lire entièrement et qui console le Cœur miséricordieux du Christ.
Chers amis, je vous prie de manifester ma proximité à tous les malades de cet hôpital, en particulier aux plus atteints et aux plus isolés. À chacun d’entre vous, patients, soignants et personnel, j’accorde de tout cœur ma bénédiction, en vous confiant à la protection de Marie, Salut des malades.
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