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Le pape aux orthodoxes : « Que nos héritages passés puissent être progressivement guéris »

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Discours du pape au Comité catholique pour la collaboration culturelle avec les Églises orthodoxes et les Églises orthodoxes orientales

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Chers frères et sœurs, bonjour,

Je salue le cardinal Koch et le secrétaire du Dicastère, ainsi que vous tous, et je vous souhaite une chaleureuse bienvenue. Je suis heureux que nous puissions nous rencontrer en ces jours qui précèdent la célébration de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens et au début de cette nouvelle année, qui marque le soixantième anniversaire de la création du Comité catholique pour la collaboration culturelle.

Grâce au soutien constant et généreux de ses bienfaiteurs, que je remercie vivement, votre Comité offre aux étudiants des Églises orthodoxes et orthodoxes orientales la possibilité d’achever leur formation dans des instituts universitaires catholiques, afin de retourner ensuite dans leurs propres communautés et de partager les connaissances et les expériences qu’ils ont acquises. De cette manière, au nom de toute l’Église catholique, vous offrez un service concret et indépendant qui profite aux Églises sœurs d’Orient et contribue à la préparation du clergé et des laïcs qui, grâce à leurs études, serviront la mission de l’unique Corps du Christ.

C’est pourquoi, je suis très reconnaissant à tous ceux qui ont participé à ce projet fondé sur l’amour de l’Église, et en particulier aux supérieurs et aux fonctionnaires du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens, qui guident le Comité dans son activité. Je remercie également les recteurs des collèges ecclésiastiques qui accueillent les boursiers, pour l’esprit d’ouverture et le soin avec lequel ils les accueillent et les accompagnent.

De cette façon, les étudiants visiteurs peuvent suivre personnellement, non seulement les cours académiques, mais aussi la formation pédagogique, spirituelle et liturgique des étudiants catholiques et, surtout, partager avec eux l’expérience de la vie communautaire dans les collèges ecclésiastiques. Ce contact vital et direct avec des communautés vivantes, dans lesquelles tous partagent le même désir de suivre l’unique Maître, Jésus-Christ, et de servir son Église, aide non seulement les étudiants orthodoxes et orthodoxes orientaux, mais aussi les étudiants catholiques, à surmonter les préjugés, à faire tomber les obstacles et à construire des ponts de dialogue et d’amitié.

C’est tellement important ! Cela me fait penser aux premières communautés chrétiennes, à ces premiers disciples qui sont devenus des apôtres, et à qui nos traditions doivent leurs origines. Si nous les observons attentivement, nous constatons qu’ils étaient très différents : disciples du Baptiste, zélotes, pêcheurs et collecteurs d’impôts ; ils avaient des origines, des caractères et des sympathies très diverses ! Pourtant, il est difficile d’imaginer un groupe plus uni. Ils ont trouvé leur cohésion en Jésus. En marchant sur ses traces, ils ont cheminé les uns à côté des autres. Leur unité dans la charité a été cimentée par l’Esprit Saint, qui les a envoyés au large, les liant ainsi encore plus étroitement les uns aux autres.

Chers amis, c’est aussi le chemin que vous devez suivre, en marchant ensemble sur les traces de Jésus, guidés par le même Esprit. En étudiant ici à Rome, vous bénéficiez d’une grande occasion de témoigner entre vous ce que représente la personne du Christ pour vous, où vous l’avez rencontré, comment il a gagné vos cœurs et s’est emparé de vos vies, et la variété des traditions par lesquelles vous le louez et le reconnaissez comme votre Seigneur. Sur la base du partage fraternel de cette expérience, je crois que nos héritages passés, marqués par des erreurs et des incompréhensions, des jugements et des préjugés, peuvent être progressivement guéris, dans la mesure où ils sont à nouveau considérés comme faisant partie d’une histoire beaucoup plus grande, celle de la fidélité au Christ, qui « a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle » (Ep 5, 25). Je souhaite que, à la louange et à la gloire du Seigneur, ces années se révèlent, à travers l’acceptation mutuelle et le respect fraternel, le dialogue et le partage, une prophétie de la charité et un germe d’unité. Ce sera un grand bienfait pour les chrétiens du monde entier et pour le monde lui-même, qui a grand besoin de voir fleurir de nouvelles semences de paix et de communion.

Je vous remercie de votre visite et je vous encourage à poursuivre fructueusement vos études, sans jamais négliger les aspects spirituels et pastoraux, qui sont essentiels à la formation. Je vous bénis de tout cœur, je vous assure de mes prières et je vous demande, s’il vous plaît, de vous souvenir de moi dans les vôtres. Je vous invite maintenant à vous unir, tous ensemble, pour prier, chacun dans sa langue, la prière que le Seigneur nous a enseignée.

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Rédaction

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