Jérusalem @ Patriarcat latin de Jérusalem

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Collecte pour la Terre Sainte, lettre du card. Sandri

« Si ce petit geste de solidarité et de partage venait à manquer… »

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« Que la quête pour la Terre sainte 2020 soit pour tous une occasion pour ne pas détourner le regard, pour passer outre, pour ne pas ignorer les situations de besoin et de difficulté de nos frères et de nos sœurs qui vivent dans les Lieux saints », écrit le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales dans une lettre sur cette collecte publiée ce 11 mars 2021 par le Vatican.

Solidarité avec les chrétiens et protection des lieux saints

Du fait de la pandémie, la collecte 2020 n’avait pas pu être effectuée durant la Semaine Sainte, elle avait été reportée au dimanche 13 septembre, veille de la fête de la Croix Glorieuse.

Il souligne l’importance concrète y compris pour les chrétiens tentés par l’exil: « Si ce petit geste de solidarité et de partage venait à manquer (saint Paul et saint François d’Assise l’appellerait « restitution ») ce serait encore plus difficile pour beaucoup de chrétiens de ces terres de résister à la tentation d’abandonner leur pays. »

Concrètement, le cardinal Sandri précise que la vie des communautés chrétiennes en dépendent: « Ce serait difficile de soutenir les paroisses dans leur mission pastorale et de continuer l’œuvre éducative que fournissent les écoles chrétiennes et l’engagement social en faveur des plus pauvres et des malades. »

Les souffrances des déplacés et des réfugiés qui ont dû abandonner leur maison en raison de la guerre ont besoin d’une main tendue et amie pour verser sur leurs blessures le baume de la consolation.

Il évoque la protection des lieux saints: « Enfin, on ne peut pas renoncer à entretenir les Lieux saints qui sont le témoignage concret du mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu et de l’offrande de sa vie, par amour pour nous et pour notre salut. »

303 projets dans 24 pays 

« L’argent de la quête effectuée chaque année est redistribuée entre la Custodie de Terre Sainte, qui obtient 65% des fonds, et la Congrégation pour les Églises orientales, à qui reviennent les 35% restant », explique un rapport, traduit par Radio Vatican.

Radio Vatican ajoute: « Alors que les franciscains gèrent la préservation et l’entretien des Lieux saints, mais aussi des écoles, des établissements de soin ou de repos, le dicastère investit la contribution de l’Église universelle dans la formation, à Rome ou sur place, des candidats au sacerdoce ou de prêtres. Il apporte également un soutien aux Églises du Moyen-Orient ou aux organisations catholiques venant en aide aux populations locales ou aux déplacés. Des fonds ont également été alloués cette année à la gestion de la pandémie. »

« Au final, outre les projets de formation ou de soutien au clergé, le dicastère annonce avoir financé 303 projets dans 24 pays en 2020 pour une somme s’élevant à plus de 9,5 millions de dollars », conclut la même source

Voici le texte complet de  la lettre du cardinal Sandri, dans une traduction officielle du Saint-Siège.

AB

Lettre du préfet

de la Congrégation pour les Églises orientales

La collecte « pro Terra Sancta »

 

Excellence,

A chaque Semaine sainte, nous nous faisons virtuellement pèlerins à Jérusalem pour contempler le mystère de Notre Seigneur Jésus-Christ, mort et ressuscité. L’Apôtre Paul, qui a fait une expérience personnelle de ce mystère en vient à dire dans la Lettre aux Galates : « je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi ! » (Gal 2, 20). Ce que l’Apôtre a vécu est aussi la base d’un nouveau modèle de Fraternité. Il dérive de l’œuvre de réconciliation et de pacification réalisée par le Crucifié entre tous les peuples, comme saint Paul l’écrit dans la Lettre aux Ephésiens.

Au cours de l’année 2020, le Pape François, nous a rappelé les conséquences de ce don de la réconciliation, ce qu’il a fait par l’encyclique « Fratelli Tutti ». Le Saint Père, à partir du témoignage prophétique de saint François d’Assise, nous aide à lire à l’aide du principe de fraternité toutes nos relations et toutes les limites de notre vie : religieuses, économiques, écologiques, politiques et de communication. Le fondement essentiel du fait d’être tous frères et sœurs s’enracine dans le Calvaire, lieu où le Seigneur Jésus a interrompu la spirale de l’inimitié par le don suprême de son amour. Il a rompu le cercle vicieux de la haine et a ouvert pour tout homme et toute femme la voie de la réconciliation avec le Père, avec chaque personne ainsi qu’avec la création elle-même. Les rues désertes autour du Saint-Sépulcre et de la Jérusalem antique ont fait écho à la place Saint-Pierre, désertée et trempée par la pluie, que le Pape François traversait le 27 mars 2020 pour rejoindre le Crucifix. Devant lui le monde entier s’est comme agenouillé, suppliant pour la fin de la pandémie, tous unis dans le même mystère de souffrance.

Ce fut une année d’épreuve ainsi que pour la Cité sainte de Jérusalem, pour la Terre sainte et pour la petite communauté chrétienne du Moyen-Orient qui se veut lumière, sel et levain de l’Evangile. En 2020, les chrétiens de cette terre ont souffert de l’isolement qui les a fait se sentir encore plus éloignés, coupés de tout contact vital avec les pèlerins en provenance de tous les pays du monde. Ils ont pâti de la perte de leur emploi due à l’absence de pèlerins, avec pour conséquence la difficulté de vivre dignement, à pourvoir aux nécessités de leurs familles et de leurs enfants. Dans beaucoup de pays la guerre persiste et les sanctions ont aggravé les effets de la pandémie. En plus, l’aide économique que garantit la quête pour la Terre-Sainte a fortement diminué cette année 2020 en raison des difficultés à la mettre en œuvre dans de très nombreux pays.

Le Pape François a offert à tous les chrétiens la figure du Bon Samaritain comme modèle de la charité active, d’amour entreprenant et solidaire. Il nous a porté à réfléchir sur différentes attitudes des personnages de la parabole pour dépasser l’indifférence de qui voit le frère ou la sœur en difficulté mais passe outre : « À qui t’identifies-tu ? Cette question est crue, directe et capitale. Parmi ces personnes à qui ressembles-tu? Nous devons reconnaître la tentation qui nous guette de nous désintéresser des autres, surtout des plus faibles. Disons-le, nous avons progressé sur plusieurs plans, mais nous sommes analphabètes en ce qui concerne l’accompagnement, l’assistance et le soutien aux plus fragiles et aux plus faibles de nos sociétés développées. Nous sommes habitués à regarder ailleurs, à passer outre, à ignorer les situations jusqu’à ce qu’elles nous touchent directement » (Fratelli Tutti, 64).

Que la quête pour la Terre sainte 2020 soit pour tous une occasion pour ne pas détourner le regard, pour passer outre, pour ne pas ignorer les situations de besoin et de difficulté de nos frères et de nos sœurs qui vivent dans les Lieux saints. Si ce petit geste de solidarité et de partage venait à manquer (saint Paul et saint François d’Assise l’appellerait « restitution ») ce serait encore plus difficile pour beaucoup de chrétiens de ces terres de résister à la tentation d’abandonner leur pays. Ce serait difficile de soutenir les paroisses dans leur mission pastorale et de continuer l’œuvre éducative que fournissent les écoles chrétiennes et l’engagement social en faveur des plus pauvres et des malades. Les souffrances des déplacés et des réfugiés qui ont dû abandonner leur maison en raison de la guerre ont besoin d’une main tendue et amie pour verser sur leurs blessures le baume de la consolation. Enfin, on ne peut pas renoncer à entretenir les Lieux saints qui sont le témoignage concret du mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu et de l’offrande de sa vie, par amour pour nous et pour notre salut.

Dans ce cadre difficile, marqué par l’absence de pèlerins, je suis poussé à faire miennes encore une fois les paroles de l’Apôtre des gentils aux Corinthiens, voilà deux mille ans ; il invitait à la solidarité qui ne se base pas sur des motivations philanthropiques mais christologiques : « Vous connaissez, en effet, la libéralité de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin de vous enrichir par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). Après avoir rappelé le principe d’égalité, de solidarité et de d’échange de biens matériels et spirituels, l’Apôtre ajoute des mots éloquents aujourd’hui comme hier qui n’ont pas besoin de commentaire : « Songez-y : qui sème chichement moissonnera aussi chichement ; qui sème largement moissonnera aussi largement. Que chacun donne selon ce qu’il a décidé dans son cœur, non d’une manière chagrine ou contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. Dieu d’ailleurs est assez puissant pour vous combler de toutes sortes de libéralités afin que, possédant toujours et en toutes choses tout ce qu’il vous faut, il vous reste du superflu pour toute bonne œuvre » (2 Co 9, 6-8). A vous, aux prêtres, aux religieux, aux religieuses et aux fidèles qui travaille à la pleine réussite de cette quête dans la fidélité à une œuvre que l’Eglise demande d’accomplir à tous ses fils selon les modalités mentionnées, j’ai la joie de vous transmettre la vive reconnaissance du Saint Père François. Alors que j’invoque l’abondance des bénédictions divines sur votre diocèse, je vous adresse mes salutations fraternelles dans le Christ notre Seigneur.

+ Leonardo Card. Sandri

Préfet

+ Giorgio Demetrio Gallaro

Archevêque Secrétaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Anita Bourdin

Journaliste française accréditée près le Saint-Siège depuis 1995. Rédactrice en chef de fr.zenit.org. Elle a lancé le service français Zenit en janvier 1999. Master en journalisme (Bruxelles). Maîtrise en lettres classiques (Paris). Habilitation au doctorat en théologie biblique (Rome). Correspondante à Rome de Radio Espérance.

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