Cardinal Pietro Parolin ZENIT - HSM

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Sommet d'Istanbul: le rôle central et positif de la mobilité humaine

Pour une « vision transnationale correcte » (traduction complète)

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« La migration en soi est un élément constitutif de la vie internationale. Elle nous met au défi de développer une vision transnationale correcte qui aille bien au-delà des évaluations étroites d’événements mondiaux, en vue d’une nouvelle vision culturelle, sociale et économique dans laquelle la mobilité humaine pourrait même jouer un rôle central et positif », fait observer le cardinal Parolin.
Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du pape François, est en effet intervenu au Sommet humanitaire mondial, Istanbul le 23 mai, à la table ronde intitulée: « Ne laisser personne en arrière : Un engagement à traiter la question des déplacements forcés » (Responsabilité fondamentale 3 de l’Agenda pour l’humanité).
Le cardinal Parolin est aussi intervenu à Istanbul sur la prévention des conflits, par l’investissement dans le développement, car, dit-il, ce n’est pas un rêve, dit-il dans uen autre intervention, c’est possible.
Le pape François lui-même a adressé un « défi » au sommet d’Istanbul.
Le cardinal Parolin insiste sur la « fraternité » universelle: « Le Saint-Siège est convaincu qu’une conscience accrue de notre fraternité est essentielle pour gérer la migration. »
« Nous devons mettre en place des actions concrètes collectives capables de promouvoir une vie sociale digne et de construire la paix, sans nous limiter à des politiques à court terme qui sont contre-productives », recommande le Saint-Siège.
Voici notre traduction complète des propos du cardinal secrétaire d’Etat.
A.B.
Intervention du card. Parolin
En grande partie à cause des multiples conflits prolongés, des catastrophes naturelles et de l’extrême pauvreté, beaucoup de personnes sont déplacées dans leur pays ou franchissent les frontières en quête d’une meilleure vie loin de l’exclusion, de la faim, de l’exploitation et d’une distribution injuste des ressources de la planète.
Nous devons mettre en place des actions concrètes collectives capables de promouvoir une vie sociale digne et de construire la paix, sans nous limiter à des politiques à court terme qui sont contre-productives. Après tout, la vraie mesure de toute société est évaluée selon que celle-ci menace ou fait grandir le respect pour la vie et la dignité inhérente de chaque personne humaine, aussi petite soit-elle et qu’elle ait ou non une reconnaissance légalement définie.
Puisque le cœur de la mission du Saint-Siège est d’être un signe et un instrument de communion, promouvoir la dignité humaine inhérente des migrants, des demandeurs d’asile, des réfugiés et des autres personnes déplacées de force, y compris celles qui sont en situation irrégulières, est une composante clé de sa mission générale.
Le Saint-Siège est convaincu qu’une conscience accrue de notre fraternité est essentielle pour gérer la migration : sans cette fraternité, il est impossible de construire une société juste et une paix solide et durable.
De nombreuses institutions catholiques s’occupent inlassablement des souffrances physiques comme des besoins matériels et spirituels. Le Saint-Siège favorise l’intégration sociale à travers l’éducation et la formulation de messages qui dissipent les récits de migration toxiques, alimentés par la peur, l’intolérance et la xénophobie. En outre, les représentants diplomatiques du Saint-Siège, en lien avec des associations caritatives et des mouvements d’inspiration catholique, coopèrent à l’éducation pour la paix dans des zones de conflits.  Que l’exode et les déplacements soient ralentis ou entièrement évités, le Saint-Siège promeut, dans ces situations, l’accompagnement, l’éducation et la réconciliation ainsi que le retour pacifique des personnes dans leur patrie.
Pour sa part,
– Le Saint-Siège s’engage à travailler avec tous les acteurs (États, organisations internationales, acteurs non-gouvernementaux) pour une meilleure compréhension de la situation en cours, de déplacements forcés et de flux de réfugiés, et pour faire tout ce qu’il peut afin de trouver de nouvelles voies pour construire un avenir décent pour tous, basé sur le dialogue, l’intégration, la coopération et un ordre mondial juste.
– Le Saint-Siège s’engage à défendre la protection et une assistance adéquate des migrants forcés, des peuples déplacés à l’intérieur du pays et des victimes de la traite, ainsi qu’à travailler pour trouver des solutions durables et réconcilier les communautés.
– Le Saint-Siège s’engage à former l’opinion publique pour empêcher les peurs et les spéculations injustifiées au détriment des migrants, en explicitant le message selon lequel les migrants sont nos frères et sœurs.
– Le Saint-Siège s’engage à mettre l’accent sur les moyens de manifester solidarité, coopération et interdépendance internationale, en particulier sur le besoin de la communauté internationale de résoudre dès leur phase initiale la fuite des réfugiés et les départs qui sont le résultat de la pauvreté, de la violence et de la persécution, à travers la mobilisation et l’assistance des pays d’origine comme des pays de transit ou de destination.
La migration en soi est un élément constitutif de la vie internationale. Elle nous met au défi de développer une vision transnationale correcte qui aille bien au-delà des évaluations étroites d’événements mondiaux, en vue d’une nouvelle vision culturelle, sociale et économique dans laquelle la mobilité humaine pourrait même jouer un rôle central et positif.
© Traduction de Zenit, Constance Roques

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Constance Roques

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