Corée : les projecteurs de l'Eglise braqués sur l'Asie

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Bilan du P. Lombardi après le voyage du pape François

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Le voyage apostolique du pape François en Corée du Sud (13-18 août 2014) va « orienter une attention, un sentiment, une prière » de l’Eglise catholique vers l’Asie, souligne le P. Federico Lombardi.

Alors que le pape est encore à bord de l’avion le ramenant de Séoul à Rome, ce 18 août, le P. Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, fait un premier bilan du voyage, au micro de Radio Vatican.

Les projecteurs sur l’Asie

Pour le P. Lombardi, « les voyages du pape sont une des façons dans le pape gouverne et oriente l’Église… il porte l’attention de l’Église universelle vers une certaine direction, un certain horizon ».

« Ce voyage, et le prochain voyage du pape en janvier 2015 au Sri Lanka et aux Philippines, et les innombrables invitations qu’il a reçues de la part de tous les pays d’Asie, vont naturellement orienter une attention, un sentiment, une prière de la communauté universelle catholique vers cette région du monde qui sentira plus profondément la solidarité et la proximité spirituelle, non seulement du pape, mais aussi de tous les catholiques », estime-t-il.

Le P. Lombardi revient également sur les grands thèmes de ces cinq journées riches en événements, notamment les recommandations du pape aux évêques d’Asie le 17 août : « Le pape a dit aux évêques de ce continent, où le dialogue entres les différentes cultures, les différentes religions, les différents peuples, est extrêmement important, qu’il faut une attitude fondamentale pour dialoguer : une empathie. »

Par le terme « d’empathie », le pape veut signifier « la capacité à être en harmonie, à se mettre sur la même longueur d’onde et donc à se comprendre presque de manière instinctive, parce que tout l’être se met en mouvement pour accueillir l’autre. Ce n’est donc pas une opération purement intellectuelle, ni formelle, mais c’est une attitude dans laquelle on se met en jeu ».

Le P. Lombardi évoque aussi l’exhortation du pape aux jeunes – « Jeunesse d’Asie, réveille-toi ! » : « Le pape cherche à donner à ces jeunes l’enthousiasme dont ils ont besoin pour vivre leurs situations, des situations de minorité au sein de la société, qui comportent souvent de graves problèmes de caractère social et économique. Ce sont des jeunes qui doivent être encouragés, non pas avec un sentiment d’apitoiement mais avec celui d’une grande dignité, qu’ils doivent découvrir et vivre. »

Se préparer à être martyr

« Le pape veut indiquer à ces jeunes la voie du courage, de l’enthousiasme, de la joie, toujours fondée toutefois sur une foi sûre » et cela peut se faire en « les confrontant au témoignage des martyrs, qui sont vraiment les héros de la vie chrétienne, ceux qui ont su se mettre eux-mêmes pleinement en jeu », poursuit le P. Lombardi.

Il se réjouit à ce sujet de la béatification de 124 martyrs coréens, qui a eu lieu le 16 août, soulignant les « deux caractéristiques de l’Église coréenne : née par des laïcs et par le martyre » : « On ne peut pas venir ici et participer à la vie de l’Église sans rencontrer quotidiennement la mémoire des martyrs, qui ne sont pas des morts, mais des vivants en Dieu. Ils accompagnent et inspirent les chrétiens à être des témoins courageux de Jésus-Christ dans leur vie. »

En outre, « la persécution existe toujours dans l’Église », fait-il observer : « la mémoire des martyrs du passé aide à penser aux martyrs d’aujourd’hui et à se préparer à être soi-même martyr de la façon dont Dieu voudra… ».

Enfin, le P. Lombardi salue les messages du pape sur la paix et la réconciliation de la Corée : s’il faut prendre en compte « la situation d’un pays divisé, qui souffre de cette division » et engager une « réflexion », cependant le pape ne donne pas de « solutions politiques », précise-t-il.

« Le pape François est très conscient de sa mission comme autorité religieuse, morale et pastorale et non comme homme politique. Il intervient certes sur des questions de société, mais toujours avec une perspective humaine, de consolation, d’attention, de dialogue, d’amour, de partage, de solidarité ; cela passe par son cœur », conclut-il.

Avec une traduction de Constance Roques

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Anne Kurian-Montabone

Baccalauréat canonique de théologie. Pigiste pour divers journaux de la presse chrétienne et auteur de cinq romans (éd. Quasar et Salvator). Journaliste à Zenit depuis octobre 2011.

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