Accueil chaleureux du gouvernement cubain pour Mgr Mamberti

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Le « ministre des affaires étrangères » du Vatican a qualifié le dialogue de « fructueux »

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ROME, Vendredi 18 juin 2010 (ZENIT.org) – Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti, est arrivé à La Havane mardi 15 juin. Il entame une visite sur l’île pour marquer le 75e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Vatican et la République de Cub, et participer à la Xe Semaine sociale catholique.

Selon la revue de l’archevêché de La Havane Palabra Nueva, Mgr Mamberti a été accueilli à son arrivée à l’aéroport José Martí par Bruno Rodríguez, ministre cubain des affaires étrangères, le cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane, Mgr Angelo Becciu, nonce apostolique à Cuba, Mgr Emilio Aranguren, évêque de Holguín et président de la Commission Justice et Paix de la Conférence des évêques catholiques de Cuba, et Madame Caridad Diego, responsable des affaires religieuses du Comité central du Parti communiste de Cuba.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre cubain Bruno Rodríguez, le représentant du Vatican s’est dit convaincu que sa visite sur l’île contribuera à renforcer les bonnes relations existant entre Cuba et le Saint-Siège.

En réponse aux questions de la presse, Mgr Mamberti a souligné qu’il n’y avait aucun changement dans la position du pape Benoît XVI et du secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarsicio Bertone, hostile à l’embargo maintenu par les Etats-Unis contre Cuba, une position qui avait déjà été exprimée dans le cadre des organisations internationales.

En réponse à une autre question, le prélat a qualifié de témoignage de solidarité internationale important et très efficace, le travail réalisé par les médecins cubains en Haïti et en Afrique et qu’il a pu constater personnellement sur le continent africain.

D’une façon générale, a-t-il expliqué, un des principaux objectifs de la diplomatie du Saint-Siège est de favoriser le dialogue entre les Eglises locales et les autorités de chaque pays.

« Naturellement – a-t-il dit – nous nous félicitons du dialogue en cours à Cuba et j’espère que ma visite contribuera à le renforcer, car ce dialogue est important et il porte déjà ses fruits », a-t-il souligné.

A ce propos, même si le représentant du Vatican a affirmé que sa présence sur l’île n’avait rien à voir avec les dernières concessions faites par le régime en faveur des détenus politiques, il a assuré que, si de nouveaux transferts ou libérations intervenaient, ceux-ci seraient « bienvenus à tout moment ».

Le prélat a déclaré que le programme de sa visite a été mis au point par le ministre cubain des affaires étrangères et l’Eglise locale. « Aucun autre programme n’est prévu, et comme il est normal, ma visite est bilatérale, nous discutons avec le ministre des relations entre Cuba et l’Eglise, et des questions connexes », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le ministre cubain des affaires étrangères a souligné que son pays se sentait honoré de la présence de Mgr Mamberti aux célébrations du 75e anniversaire de l’établissement des liens entre Cuba et le Saint-Siège. « C’est un honneur et un évènement mémorable pour notre nation après des années de relations respectueuses, cordiales et qui vont en se renforçant », a-t-il relevé.

Il a rappelé que, en 1996, le leader de la Révolution, Fidel Castro, avait effectué une visite au Vatican, que Jean-Paul II s’était rendu en 1998 à Cuba et que le premier dignitaire à être reçu par le président Raúl Castro était le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, Mgr Tarsicio Bertone.

Il a jugé « très positive, cordiale et respectueuse » la première étape des entretiens avec Mgr Mamberti, portant sur des questions d’ordre bilatéral et international. La visite de Mgr Mamberti, a-t-il assuré, arrive à un moment « très favorable » pour le dialogue entre le gouvernement et l’Eglise qui, a-t-il relevé, a adopté « un rôle constructif » ayant permis des « échanges fructueux ».

Toutefois, le ministre cubain n’a pas voulu se prononcer sur l’éventualité, les prochains jours, de nouveaux transferts et libérations de prisonniers politiques ou, du moins, des plus malades, à la suite de sa rencontre avec le représentant du Vatican.

Il s’est félicité de la position du Saint-Siège contre l’embargo américain à Cuba, exprimée dans le cadre des organisations internationales et surtout à l’ONU, et a expliqué à son visiteur que cet embargo est toujours présent dans la vie de tous les Cubains.

La visite à Cuba de Mgr Mamberti contribuera à renforcer la médiation réalisée par l’Eglise cubaine en faveur des prisonniers politiques, ainsi que le dialogue avec le gouvernement de Raúl Castro, a estimé lundi le président de la conférence épiscopale, Mgr Dionisio García.

L’Eglise cubaine dissocie le voyage de Mgr Mamberti des fruits de sa démarche et le gouvernement affirme ne pas agir sous la pression de l’ « ennemi », mais les familles des détenus et opposants espèrent que la libération de Sigler est la première d’une liste de prisonniers malades.

« Nous avons bon espoir qu’avec la visite de Mgr Mamberti et la médiation de l’Espagne les libérations se poursuivront, les plus malades doivent sortir de prison sinon ils vont mourir », a estimé Laura Pollán, leader des Dames en Blanc – proches parentes des prisonniers – dont le mari, Héctor Maseda, a été transféré d’une prison de Matanzas à La Havane.

« Nous continuons d’avancer dans un processus dont nous ne connaissons pas exactement les délais, mais il ne fait pas de doute que les signes qui se produisent, bien qu’incomplets, sont encourageants », a déclaré dimanche à l’ AFP le secrétaire de la Conférence épiscopale, José Félix Pérez.

Mgr Dominique Mamberti séjournera dans l’île jusqu’au dimanche 20 juin.

Nieves San Martín

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ZENIT Staff

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