Vietnam: Les bénédictins de Thiên An font tout pour la survie du monastère

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Un droit « à vivre » dont la communauté jouit depuis plus de 60 ans

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CITE DU VATICAN, Mardi 3 décembre 2002 (ZENIT.org) – Au Vietnam, à Huê, les bénédictins de Thiên An, après une dernière tentative de compromis, annoncent au gouvernement qu’ils feront tout pour la survie du monastère, indique l’agence des Missions étrangères de Paris, Eglises d’Asie, dans le bulletin du 1er décembre (EDA, cf. eglasie.mepasie.org), N°364.

« Ne nous forcez pas exprimer par d’autres moyens notre résolution de protéger notre droit à vivre, un droit dont notre communauté jouit depuis plus de 60 ans ! » C’est ainsi que se termine la dernière lettre de l’abbé du monastère Thiên An dans le diocèse de Huê envoyée le 6 novembre 2002, au Comité provincial de Huê pour défendre l’existence de sa communauté bénédictine et son droit à vivre dans un domaine dont elle est incontestablement le propriétaire légitime. Depuis le 27 avril 2000, date à laquelle les religieux ont été avertis de la confiscation de la plus grande partie de leur domaine par les autorités provinciales pour en faire un centre de loisirs, ils poursuivent sans se lasser un combat non-violent mais énergique .

De multiples lettres ont été écrites, des dossiers comportant les titres de propriété et des documents irréfutables ont été envoyées au pouvoir central comme aux autorités locales. Une des dernières lettres rédigée par le monastère au gouvernement a été une réponse à la décision de « l’Inspection générale d’Etat » portant le N 577/QD-XKT (2) et qui dépouillait le monastère de son domaine, affirmant que : « L’Etat ne reconnaît pas la propriété et le droit d’utilisation de la terre revendiqué par le monastère… De ce fait, la décision gouvernementale de 1999 prévoyant de récupérer 495 929 m² de terrains de la colline de Thiên An pour y créer un centre de loisirs devra être appliquée rigoureusement. » Voulant plaider directement leur cause, les moines se déplacèrent jusqu’à Hanoi pour remettre leur lettre entre les mains du Premier ministre. Mais, malgré l’insistance des moines celui-ci ne les a pas reçus. Désireux de montrer leur bonne volonté, les moines firent alors une proposition aux autorités locales, dans une lettre envoyée le 29 juillet 2002.

La communauté bénédictine ne conserverait que cinquante hectares de pinède tout autour des bâtiments du monastère, pour en tirer de quoi vivre et protéger le climat de silence indispensable à la vie contemplative menée par elle. Cependant, la proposition des moines n’a pas ému les autorités qui ont entrepris, depuis le 9 octobre dernier, de faire pression pour que soit appliquée à la lettre la décision N 577/QD-XKT, citée plus haut, dépouillant les moines de leur domaine. « Malgré la résistance opposée par nous, notre absence de collaboration, les divers services gouvernementaux, ne cessent de nous harceler », se plaint le Père Abbé Huynh Quang Sanh, dans sa plus récente lettre.

Tout en réitérant le refus des religieux d’appliquer la décision N 577, la lettre renouvelle la proposition de compromis avec le gouvernement. Les religieux acceptent, s’il s’avère qu’il s’agit d’un projet utile, qu’un centre de loisirs soit construit sur leur terre. Cependant, auparavant, avant le début des travaux, doit être réglé, le problème du maintien des cinquante hectares de pinède réclamés par la communauté religieuse. Cette surface destinée à protéger le monastère doit l’entourer entièrement. Son pourtour doit être entièrement délimité le séparant clairement du terrain réservé au Centre de loisir. Par ailleurs, le service de tourisme devra tenir les promesses faites, à savoir ne pas créer de nuisances sonores susceptibles de troubler la vie monastique.

Jusqu’à présent, aucune réponse n’a été donnée de la part du gouvernement, à cette proposition que les autorités locales ont déjà refusée une fois. Dans le projet gouvernemental, il est seulement prévu que le monastère conservera une partie du flanc de la colline de Thiên An de cinq hectares, sans aucune source d’eau, sans l’orangeraie, sans le jardin potager et sans aucune protection contre le bruit et les incursions intempestives des touristes.

© EDA

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ZENIT Staff

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