Prince Alois de Liechtenstein © fuerstenhaus.li

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Le prince Alois dit non à l’avortement au Liechtenstein

Il n’hésitera pas exercer son droit de veto pour « protéger la vie »

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Ce mercredi 2 septembre 2026, le Parlement du Liechtenstein a approuvé à 13 voix contre 12 un texte issu d’une initiative citoyenne, qui vise notamment à légaliser l’avortement durant les trois premiers mois de grossesse.

Situé entre la Suisse et l’Autriche, la petite principauté du Liechtenstein est une monarchie constitutionnelle dirigée par le prince Hans-Adam II. Son fils, le prince héritier Alois, exerce de fait les fonctions de chef de l’État depuis 2004. Dans ce pays, l’avortement reste interdit sauf dans des cas exceptionnels, notamment lorsque la vie de la mère est en danger ou lorsque la grossesse résulte d’un viol. 

Pour que ce document soit effectivement promulgué, le prince Alois devrait le signer dans un délai de 6 mois. Ce qu’il ne fera pas, a-t-il déjà fait savoir. Catholique pratiquant, il a annoncé qu’il exercerait son droit de veto contre une telle réforme. Il a notamment rappelé l’engagement de la Principauté : « Sur des questions aussi fondamentales que la protection de la vie, un chef d’État doit prendre une position claire et assumer ses responsabilités, même si c’est la voie la plus difficile. » 

Cette prise de position du prince Alois n’est pas la première. En 2011, lors d’un référendum populaire visant à dépénaliser l’avortement, il avait déjà publiquement annoncé qu’il opposerait son droit de veto si les citoyens votaient en faveur du projet. Son opposition avait fortement pesé dans le débat, et l’initiative avait finalement été rejetée.

« Assumer ses responsabilités, même si c’est la voie la plus difficile »

"Assumer ses responsabilités, même si c’est la voie la plus difficile" © fuerstenhaus.li

Le même courage, 15 ans après © fuerstenhaus.li

De son côté, l’Église catholique au Liechtenstein réagit. Pour Mgr Benno Elbs, l’administrateur apostolique de l’archidiocèse de Vaduz, « il est troublant de constater que, d’une part, des femmes se rendent dans les pays voisins pour accoucher en maternité, et d’autre part, que nous débattons actuellement de la mise en place d’un système d’interruption de grossesse dans notre propre pays ».  Le pays est donc dépourvu de maternités depuis plusieurs années : « Il me semble qu’il y a un déséquilibre. »

Mgr Elbs remercie également la famille princière pour son engagement de longue date en faveur de la protection de la vie, et salue tout particulièrement le travail de la Fondation Sophie von Liechtenstein, qui soutient et accompagne depuis de nombreuses années les femmes enceintes, les jeunes parents et les familles en difficulté au Liechtenstein, en Autriche et en Suisse.

« Mon souhait est que nous, en principauté de Liechtenstein, construisions ensemble une société où chaque enfant est accueilli et où chaque parent reçoit le soutien nécessaire pour prendre les décisions les plus appropriées pour son enfant. Une société qui protège la vie doit aussi être une société qui n’abandonne personne en difficulté », ajoute l’archevêque de Vaduz.

À noter que cette nouvelle situation fait aussi écho aux évènements survenus dans la principauté de Monaco en novembre dernier, lorsque le prince Albert II a refusé de signer une loi sur l’avortement adoptée par le Conseil national. Le texte prévoyait d’autoriser l’interruption volontaire de grossesse jusqu’à la douzième semaine de grossesse et jusqu’à seize semaines lorsque la grossesse résultait d’un viol. Le prince Albert avait, lui aussi, invoqué la dignité de la personne humaine et la protection de la vie.

 

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Anne van Merris

Anne van Merris, journaliste française, a suivi une formation à l'Institut européen de journalisme Robert Schuman, à Bruxelles. Elle a été responsable de la communication au service de l'Église catholique et responsable commerciale dans le secteur privé. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

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