En France, les moines de l’abbaye de La Trappe envisagent de quitter leur monastère courant 2028. Dans un communiqué datant du 5 mars 2026, ils expliquent leur décision qu’ils qualifient de « douloureuse et exigeante », et qui marque un tournant pour ce monastère fondé au 12e siècle.
Située dans le village de Soligny-La-Trappe, en Normandie, cette abbaye est le berceau des moines cisterciens de la Stricte observance, et s’inscrit dans la grande tradition monastique occidentale issue de saint Benoît. Mais comme d’autres monastères en Europe, La Trappe est confrontée à la baisse des vocations monastiques et au poids de l’entretien de son patrimoine.

Fête de la Présentation de Jésus au Temple, 2 février 2026 © Facebook.com / Abbaye de La Trappe
« Une réflexion est en cours avec d’autres communautés pour trouver des solutions plus adaptées, plus pertinentes économiquement et spirituellement. Si ce n’est pas une catastrophe, c’est évidemment une page d’histoire qui s’apprête à se tourner » expliquent les moines cisterciens dans leur communiqué.
« Présente depuis près de neuf siècles sur un site emblématique du Perche, la communauté a noué des liens étroits avec son entourage : les voisins, le village, le diocèse. Le départ des frères, très exigeant et douloureux pour eux, ne sera pas sans bouleverser toutes les personnes attachées, parfois depuis des générations, à la communauté », ajoutent-ils.
Cependant, le monastère n’a pas encore été mis en vente, contrairement aux rumeurs, et les moines continuent de mener normalement leur vie de prière, de silence et de travail au sein de l’abbaye. Les offices y sont toujours célébrés, l’accueil spirituel continue et les activités économiques se poursuivent également.
Depuis quelques années, plusieurs abbayes ont annoncé leur fermeture ou le départ de leurs moines. Si certaines d’entre elles « retrouvent vie » en accueillant de nouvelles communautés monastiques, d’autres sont appelées à changer de vocation. C’est le cas par exemple de l’abbaye cistercienne Notre-Dame du Port-du-Salut, en Mayenne, qui est devenu un lieu spirituel, culturel et patrimonial ouvert à tous.
En revanche, certaines abbayes ont pu assurer une continuité monastique. C’est le cas récemment de l’abbaye de Notre-Dame-des-Neiges en Ardèche, qui a été reprise par des moniales cisterciennes, ainsi que l’abbaye de Bellefontaine, dans le Maine-et-Loire, qui va être reprise cet été par une douzaine de moines bénédictins provenant du Barroux.
