Lors de l’audience accordée, le 27 août dernier, aux participants à la rencontre organisée par la Commission pontificale pour l’Amérique latine sur le problème des addictions en Amérique latine, Léon XIV a appelé l’Église, les familles, les acteurs scientifiques et les organisations internationales à unir leurs forces pour accompagner les jeunes et reconstruire le tissu communautaire.
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Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Que la paix soit avec vous.
Bonjour à tous et bienvenue !
Je vous salue tous avec une affection fraternelle. Je remercie tout particulièrement le Conseil épiscopal d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAM) et l’Organisation des États américains (OEA) d’avoir rendu possible cette rencontre, ainsi que la Commission pontificale pour l’Amérique latine et l’Académie pontificale pour la vie.
Je salue également les frères des centres d’accompagnement, de prévention, de réinsertion et d’intégration pour les jeunes, fondés sur la foi, venus d’Asie, d’Afrique, d’Europe et d’Amérique, qui, par leur présence, nous rappellent que la souffrance et l’espoir n’ont pas de frontières.
Le thème qui nous rassemble est celui d’une réflexion, à partir de la foi, sur le problème de la drogue et son impact sur nos jeunes. Les addictions constituent un phénomène complexe qui met en évidence l’échec d’un monde déshumanisé. La souffrance des jeunes exige de nous des réponses globales : prévention communautaire, prise en charge scientifique, justice au visage humain et accompagnement pastoral de proximité. Notre contribution doit être orientée vers la prise en charge, la présence et la reconstruction du tissu communautaire.
Je me réjouis de constater comment, lors de cette rencontre, convergent quatre ponts qui représentent autant de voies de collaboration dans ce domaine.
Le premier pont relie l’Église aux organismes internationaux, car personne ne peut affronter seul le problème de la drogue. C’est pourquoi la collaboration en cours entre l’Organisation des États américains et le Conseil épiscopal latino-américain et des Caraïbes mérite une mention particulière : ils coordonnent des formations destinées aux organisations communautaires confessionnelles, tissent des réseaux d’accompagnement et ont même permis au CELAM de présenter le Manuel de la pastorale latino-américaine d’accompagnement et de prévention des addictions.
Le deuxième pont relie la science et la foi. L’Église n’intervient pas dans la problématique de la drogue dans le but de rivaliser avec les neurosciences, la psychiatrie ou la santé publique, ni de se substituer à elles ; elle cherche plutôt à l’éclairer à la lumière de l’Évangile, grâce à une compréhension globale de la personne humaine.
Le troisième pont se trouve au sein même de l’Église en pèlerinage sur les différents continents. Ces derniers jours, des personnes venues d’Amérique, d’Asie, d’Afrique et d’Europe se sont rendues ici pour partager leurs souffrances, leurs espoirs et leur enthousiasme pastoral.
Le quatrième pont est œcuménique. L’Église catholique et les autres communautés ecclésiales, dans la pratique d’un amour concret envers ceux qui souffrent, trouvent un langage commun très éloquent, ancré dans la foi, pour accompagner et intégrer les jeunes dans leurs besoins et leurs rêves.
Mais permettez-moi de m’arrêter un instant sur une institution qui traverse notre travail de manière transversale : la famille. La famille, que le Concile Vatican II a justement appelée « Église domestique » (cf. Lumen gentium, 11), est le lieu où la vie est cultivée, où elle est préservée et projetée vers l’avenir. Il n’y a pas de meilleure prévention contre la drogue qu’une bonne famille.
Aujourd’hui, nous sommes témoins de la souffrance de nombreuses familles brisées, que ce soit à cause de la consommation de drogues, de la violence, du recrutement d’un enfant par des organisations criminelles, de la pauvreté ou du manque d’opportunités qui les poussent à la marge de la société. Saint Jean-Paul II nous a demandé de faire de l’Église « la maison et l’école de la communion » (Lettre apostolique Novo millennio ineunte, 43). Et le pape François nous a rappelé que Jésus veut que « nous touchions la misère humaine, que nous touchions la chair souffrante des autres » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, 270). C’est là que s’exprime le cœur de la mission que vous menez : que l’Église soit une famille, en accueillant tout particulièrement les personnes qui souffrent.
Enfin, je voudrais vous exprimer un souhait : que l’Église soit la famille de toutes les personnes qui sont restées en marge du chemin. À l’instar du Samaritain, qui s’est fait le prochain de l’homme tombé, ne passons pas notre chemin ; construisons une Église qui s’arrête, s’approche, s’émeut, panse les blessures, nourrit et devient un foyer.
Merci pour votre travail. Que Dieu vous bénisse.
Je vous donne la bénédiction du Seigneur. Que la grâce de Dieu vous accompagne toujours, vous tous, vos familles et vos activités. C’est un travail très important que vous accomplissez aux quatre coins du monde.
[Bénédiction]
