ROME, Vendredi 8 janvier 2010 (ZENIT.org) - Différents pays, dont le Canada, la France et l'Italie, ont exprimé publiquement leur condamnnation des attaques contre les Coptes de la nuit de mercredi 6 à jeudi 7 janvier, nuit de Noël pour l'Orient chrétien qui suit le calendrier julien. On en appelle à la garantie de la liberté de culte et à la non-discrimination des minorités.

En France, le Quai d'Orsay demande que les auteurs de « ces meurtres odieux » soient traduits en justice et que les autorités veillent à la « sécurité » de cette minorité chrétienne.

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, a en effet déclaré aujourd'hui, lors du point presse quotidien, que la France « faisait confiance » aux autorités égyptiennes à la fois « pour maintenir l'ordre public », « pour veiller à la sécurité de cette minorité » et « pour garantir son entière liberté de culte ».

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, M. Lawrence Cannon a également appelé au recours à la justice : « Nous encourageons le gouvernement égyptien à poursuivre ses efforts pour traduire en justice les auteurs de ce crime, ainsi que pour restaurer l'ordre public et le calme dans la région. Nous incitons la communauté égyptienne dans son ensemble à coopérer pour mettre un terme à la violence sectaire ».

Il a souligné le caractère particulièrement grave de cette fusillade en disant : « Cet attentat est d'autant plus tragique que les victimes étaient des civils innocents réunis pour un office religieux ».

Le ministre italien des Affaires étrangères a déclaré qu'il parlerait « personnellement » avec son homologue, M. Aboul Gheit, « de la protection de la communauté copte dans ce pays » : il annonce en effet sa visite en Egypte à la fin de la semaine prochaine.

M. Frattini condamne ces « violences commises contre la communauté chrétienne copte en Egypte » comme suscitant « l'horreur et la réprobation » et se dit « particulièrement préoccupé » par ces « épisodes de violence et de discrimination à l'encontre des minorités religieuses » comme les Coptes et déplore ces nouvelles « dramatiques ».

Il interpelle la communauté internationale en disant : « La communauté internationale ne peut pas rester indifférente et ne doit jamais baisser la garde devant l'intolérance religieuse qui constitue une très grave violation des droits humains fondamentaux ».

Il affirme l'engagement de son pays pour « défendre partout le principe de la liberté de culte, comme une valeur de civilisation absolue et à laquelle on ne saurait renoncer ».

37 missionnaires tués durant l’année 2009

ROME, Jeudi 7 Janvier 2010 (ZENIT.org) – Comme chaque année, l’agence Fides a publié la « Liste des ouvriers pastoraux, prêtres, religieux, religieuses et laïcs tués en 2009 ». D’après ses informations, 37 ouvriers pastoraux ont été tués durant l’année 2009 : 30 prêtres, 2 religieuses, 2 séminaristes, 3 volontaires laïcs. Cela représente le double de l’année 2008, et c’est le chiffre le plus élevé enregistré au long des dix dernières années.

En analysant la liste de chaque continent, au premier plan figure cette année, avec un chiffre extrêmement élevé, l’Amérique, marquée du sang de 23 ouvriers pastoraux (18 prêtres, 2 séminaristes, 1 sœur, 2 laïcs), suivie par l’Afrique où 9 prêtres, 1 religieuse et 1 laïc ont perdu la vie de façon violente, puis par l’Asie, avec 2 prêtres tués, et enfin l’Europe, avec un prêtre assassiné.

En Amérique, 23 ouvriers pastoraux ont été tués au Brésil (6 prêtres), au Mexique (1 prêtre et 2 séminaristes), en Colombie (5 prêtres et 1 laïc), à Cuba (2 prêtres), au Salvador (1 prêtre et 1 laïc), aux Etats-Unis (1 prêtre et 1 religieuse) et au Guatemala (2 prêtres).

En Afrique, 11 ouvriers pastoraux ont perdu la vie de manière violente, dans la République Démocratique du Congo (2 prêtres, 1 religieuse et 1 laïc), en Afrique du Sud (4 prêtres), au Kenya (2 prêtres) et au Burundi (1 prêtre).

En Asie, deux prêtres ont été tués, l’un aux environs de Mangalore (État du Karnataka) et l’autre aux Philippines.

Enfin en Europe, un prêtre a été tué en France (diocèse de Tulle).

Le comptage de Fides ne concerne pas seulement les missionnaires ad gentes au sens strict, mais tous les ouvriers pastoraux morts de façon violente. « Nous n’utilisons pas de fait le terme ‘martyre’, sauf dans son sens étymologique de ‘témoin’, pour ne pas devancer le jugement que l’Eglise pourra éventuellement donner à certains d’entre eux, mais aussi à cause de la pauvreté des informations que, dans la majorité des cas, on réussit à recueillir sur leur vie et sur les circonstances de leur mort », souligne Fides.

« Certains de ces ouvriers pastoraux ont été victimes de cette violence même  qu’ils combattaient ou de la disponibilité à aller au secours des autres en mettant au second plan leur propre sécurité ». « Beaucoup ont été tué dans le cadre de tentative de vol ou d’enlèvement, surpris dans leur habitation par des bandits à la recherche de trésors fantomatiques, se contentant la plupart du temps d’une vieille voiture ou du cellulaire de la victime, enlevant en revanche le trésor le plus précieux, celle d’une vie donnée par Amour ». « D’autres ont été éliminés seulement parce que, au nom du Christ, ils opposaient l’amour à la haine, l’espérance au désespoir, le dialogue à la violence, le droit à l’injustice », affirme encore Fides.