UNESCO: l’éducation, «la responsabilité morale et la responsabilité sociétale»

Rencontre au Vatican

Mme Irina Bokova, 02/03/2015, © L'Osservatore Romano

Mme Irina Bokova, 02/03/2015, © L'Osservatore Romano

« L’éducation est un droit humain, affirme Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO. C’est un bien public et une responsabilité publique et, je dirais, une responsabilité morale et une responsabilité sociétale. »

Mme Bokova est intervenue à la rencontre « Éthique en action » centrée sur le thème de l’éducation qui a eu lieu les 15 et 16 octobre 2017 au Vatican, indiquent Les Amis du Saint-Siège auprès de l’UNESCO. La rencontre est organisée par l’Académie Pontificale des Sciences en partenariat avec le Réseau des solutions pour le développement durable. Mgr Marcelo Sanchez-Sorondo, président de l’Académie, a également participé au travail.

« Le mandat de l’UNESCO, a déclaré la directrice générale, est de construire les défenses de la paix dans l’esprit des hommes et des femmes, à travers le pouvoir de l’éducation, de la culture, de la communication et de la science. Le pape François l’a exprimé avec force dans son encyclique Laudato Si’. »

« Fondamentalement », a-t-elle poursuivi en citant le pape, l’éducation « est un appel à la ‘solidarité’, aux générations actuelles et futures ».

« L’éducation, a souligné Irina Bokova, est le moyen le plus puissant d’équiper les enfants et les jeunes des valeurs, des compétences et des connaissances dont ils ont besoin pour s’attaquer aux défis du monde actuel, élaborer des solutions, conduire les changements. »

Elle a noté qu’aujourd’hui, « plus que jamais, nous devons éduquer pour l’inclusion, pour le dialogue et la tolérance, pour vivre ensemble ; nous devons enseigner la solidarité, le respect mutuel et la paix ».

La directrice générale de l’UNESCO a cité les chiffres alarmants de la situation actuelle avec l’éducation dans le monde. « Quelque 750 millions d’adultes aujourd’hui, a-t-elle dit, manquent encore des plus élémentaires compétences en alphabétisation – la plupart d’entre eux sont des femmes. Quelque 264 millions d’enfants et de jeunes ne bénéficient pas du tout de l’éducation scolaire – la plupart d’entre eux sont des filles. »

« Être née une fille aujourd’hui reste une cause primaire d’exclusion, a déclaré la directrice générale. Trop de filles, dans trop de pays, sont forcées de quitter l’école : pour le travail, pour le mariage, pour la pauvreté. »

« Pour moi, a-t-elle ajouté, le visage du nouvel agenda mondial doit être celui d’une jeune fille, en bonne santé, qui étudie, dans des conditions sûres, pas forcée à se marier ou à travailler. Cette jeune fille doit être le point de départ de toute notre action et la mesure de son succès. »

Mme Bokova a dit aussi que l’UNESCO partageait « avec le pape François l’idée que l’éducation est une pratique de la « grammaire du dialogue » « qui est un fondement pour l’échange, pour la compréhension mutuelle et le respect, pour faire de la plus grande diversité culturelle et religieuse la force de notre humanité commune ».

La directrice générale a souligné le rôle décisif de l’éducation dans la lutte contre l’extrémisme de toutes sortes. « Les jeunes apprennent à détester – nous devons leur enseigner la paix, a-t-elle dit. Les extrémistes violents prêchent l’exclusion et la haine – nous devons enseigner les droits humains, la dignité, la tolérance et la solidarité. Les extrémistes violents se nourrissent de la méfiance, de la peur des autres, d’un manque de confiance dans l’avenir – nous devons donner aux jeunes femmes et hommes un sens renouvelé d’appartenance à la société et à la communauté mondiale, avec la vision de l’avenir. »

Le Réseau des solutions pour le développement durable, lancé par le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon en 2012, est un nouveau outil mondial indépendant regroupant des centres de recherche, des universités et des institutions techniques chargés de trouver des solutions à certains des problèmes environnementaux et socioéconomiques les plus pressants de la planète.

L’Académie Pontificale des sciences participe activement au Réseau comme membre du Conseil et est représentée par Mgr Marcelo Sanchez-Sorondo.

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