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"L'Eglise face à ses défis", par Mgr Eric de Moulins-Beaufort (c) Photo: Anita Sanchez

"L'Eglise face à ses défis", par Mgr Eric de Moulins-Beaufort © Photo: Anita Sanchez

Publication: «L’Eglise face à ses défis», par Mgr Eric de Moulins-Beaufort

«Points d’appui de l’Église de France» (Editions CLD/NRT)

Dans son nouveau livre « L’Eglise face à ses défis » (Editions CLD / Nouvelle revue théologique), Mgr Eric de Moulins-Beaufort décrit notammentquelques points d’appui dont dispose l’Église de France pour faire face aux défis de notre temps et des temps à venir”.

Voici un passage sur ces ressources tiré du livre, sorti en librairie jeudi dernier, 12 septembre 2019 (186 pages – 18 € – isbn 978-2-85443-601-3), que nous reproduisons avec l’aimable autorisation des éditions CLD.

Ce livre s’adresse aux catholiques français et à ceux qui s’intéressent à l’avenir du christianisme. Ce n’est pas un programme mais un outil pour discerner, réfléchir et espérer”, explique l’éditeur qui précise: “Pour Alban Massie, jésuite, directeur de la Nouvelle revue théologique cet ouvrage « sera l’occasion d’un travail de lecture en groupe, communauté, paroisse, mouvement, etc., car il interpelle et vise à mettre l’Eglise en chemin ».

L’ensemble offre un aperçu significatif de la pensée du nouveau président de la Conférence des évêques de France sur des sujets cruciaux : abus sexuels, situation actuelle de l’Eglise, mariage et famille, sacerdoce, même si tous les défis ne peuvent être ici abordés ou traités de manière exhaustive.

Au fil des pages, le lecteur découvre « l’unité et la richesse d’une pensée qui aide à repérer les signes des temps et qui cherche à ouvrir ce que l’auteur appelle des “voies d’espérance” ».

Il explique notamment que « depuis 1965 environ, l’humanité occidentale vit une mutation anthropologique majeure (société basée sur le devoir / société basée sur l’épanouissement personnel) ; – cette mutation a aussi à voir avec le christianisme ; – le Dieu de la Révélation s’adresse toujours aux hommes de notre époque ; – leur rencontre prend souvent l’allure d’un combat spirituel ; – nous vivons, non la crise terminale du christianisme, mais ses débuts, etc », relève CLD.

Rappelons que Mgr Eric de Moulins-Beaufort, cinquante-sept ans, a été nommé évêque auxiliaire de Paris pr le pape Benoît XVI, en 2008, puis archevêque de Reims par le pape François, en 2018. Le 3 avril 2019, il a été élu président de la Conférence des évêques de France.

Voici un passage sur ces « points d’appui de l’Église de France » (pp.63-64), tiré du chapitre II dont voici le schéma et la conclusion.

AB

« L’Eglise face à ses défis”

Chapitre II

Face aux défis du temps, quelles ressources pour l’Eglise en France?

I. Des défis culturels et spirituels qui transforment la vie de l’Eglise

  1. Des défis culturels et sociaux (…)
  2. Des défis spirituels (…)
  3. Quelques facteurs propres à la France (…)

II. Une lecture théologique de notre temps

  1. De la mission à la missions défis spirituels (…)
  2. Interpréter les signes des temps (…)
  3. Election et sacerdoce (…)

III. Les points d’appui de l’Église de France 

  1. Des ressources spirituelles

Je voudrais citer trois ressources spirituelles :

a) Le sens de l’adoration et la capacité de la prière silencieuse

De plus en plus, nous le constatons, les jeunes catholiques, ceux qui viennent encore à nous, sont capables de passer de l’excitation du chant et de la danse au silence de la prière et à l’adoration. Je le dis sans forfanterie : cette capacité a impressionné les Espagnols lors des JMJ de Madrid. Elle nous émerveille lorsque nous rassemblons à Lourdes les lycéens d’Île-de-France : à 9 ou 10 000 dans la basilique souterraine, ils entrent aujourd’hui dans la prière dès que le Saint-Sacrement est exposé ou tout simplement dès qu’on le leur demande.

b) Un renouvellement de la place des pauvres

De plusieurs expériences a monté, ces dernières années, la conviction que les pauvres ne sont pas seulement ceux à qui les mieux lotis peuvent faire du bien mais sont des fidèles du Christ qui peuvent partager à tous et avec tous leurs richesses spirituelles. Il y suffit, mais c’est exigeant, que les mieux dotés culturellement et socialement fassent l’effort de les écouter et veillent à créer des conditions d’attention mutuelle qui permettent à tous de s’exprimer. Un grand rassemblement de l’Église de France sur le thème de la solidarité s’est tenu à Lourdes en 2013 sous le titre : Diaconia 2013 ; il a ancré cette manière nouvelle dans les esprits et les pratiques. Bien sûr, du temps et du travail sont nécessaires pour que nos œuvres de bienfaisance se transforment en ce sens. Mais la journée mondiale des pauvres est née de l’initiative française de rassembler autour du pape des personnes en précarité. Depuis une dizaine d’années à Paris, des jeunes professionnels choisissent d’habiter un appartement en colocation avec des personnes sorties de la rue, avec une vie tout à fait commune et notamment une vie de prière commune.

c) La place de la Parole de Dieu

Nous progressons dans notre capacité à donner aux fidèles les clefs nécessaires pour que la Parole de Dieu soit pour eux une nourriture vivifiante et éclairante et non pas un livre scellé. L’expérience parisienne des parcours EVEN est impressionnante, mais il en existe d’autres. Là encore, du travail est nécessaire, mais les pistes existent dans les facultés de théologie et en un certain nombre de paroisses ou de diocèses.

  1. La catholicité (…)
  2. Engendrer la liberté spirituelle (…)

Conclusion

Le psaume 64 nous indique l’acte de foi à renouveler toujours. Nous sommes dans une phase d’émondage, de mise à l’épreuve, de transformations. Nous la traversons si nous osons croire que le Seigneur ne nous abandonne pas et qu’il vaut la peine d’avancer sur ses chemins comme nous le pouvons. Car Dieu, lui, ne renonce pas – toute l’histoire d’Israël le prouve – à procurer à son peuple une riche moisson : « Tu couronnes une année de bienfaits; sur ton passage ruisselle l’abondance. »

Copyright : Editions CLD / Nouvelle revue théologique

About Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (IJRS, Bruxelles), théologie biblique (PUG, Rome), lettres classiques (Paris IV, Sorbonne).

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