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"Sanctus", Nouvelle tombe de Paul VI (au même endroit qu'avant) © Vatican Media

"Sanctus", Nouvelle tombe de Paul VI (au même endroit qu'avant) © Vatican Media

Panama 2019: «Je préfère donner ma vie plutôt que de changer la loi sur le célibat», disait Paul VI

Conférence de presse dans l’avion Rome-Panama (4)

« Je préfère donner ma vie plutôt que de changer la loi sur le célibat », disait Paul VI que le pape François a cité en répondant à la presse dans l’avion Panama-Rome (27-28 janvier 2019).

Voici notre traduction de la question et de la réponse du pape François.
AB

Pendant quatre jours, nous avons vu ces jeunes prier avec beaucoup d’intensité, nous pouvons penser que beaucoup ont la vocation. Peut-être que certains d’entre eux hésitent parce qu’ils ne pourront pas se marier. Est-il possible que vous permettiez à des hommes mariés de devenir prêtres dans l’Église catholique de rite latin, comme cela se fait dans les Églises orientales ?

Dans l’Église catholique de rite orientale, ils peuvent le faire, il y a l’option du célibat ou de l’homme marié avant le diaconat. En ce qui concerne le rite latin, il me vient à l’esprit une phrase de Paul VI : « Je préfère donner ma vie plutôt que de changer la loi sur le célibat ». Cela m’est venu à l’esprit et je tiens à le dire parce que c’est une phrase courageuse, il l’a dit en 1968-1970, à un moment plus difficile qu’actuellement.

Personnellement, que pense que le célibat est un don pour l’Église et je ne suis pas d’accord pour permettre le célibat comme option. Non. Il resterait seulement quelques possibilités dans des endroits très loin, je pense aux îles du Pacifique, mais c’est une chose à laquelle penser lorsqu’il y a une nécessité pastorale. Le pasteur doit penser aux fidèles.

Il y a un livre du p. Lobinger, intéressant, c’est quelque chose qui est en débat parmi les théologiens mais ce n’est pas ma décision. Ma décision est : non au célibat optionnel avant le diaconat. C’est quelque chose qui vient de moi, c’est personnel, mais je ne le ferai pas, c’est clair. Suis-je quelqu’un de fermé ? Peut-être, mais je ne me sens pas de me mettre devant Dieu avec cette décision. Le p. Lobinger dit : l’Église fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Église. Mais là où il n’y a ni l’Eucharistie ni la communauté – que l’on pense aux îles du Pacifique – Lobinger demande : qui fait l’Eucharistie ? Les directeurs et les organisateurs de ces communautés sont des diacres ou des sœurs ou des laïcs. Lobinger dit : on pourrait ordonner un homme âgé marié, c’est sa thèse. Mais qu’il exerce seulement le « munus sanctificandi », c’est-à-dire qu’il célèbre la messe, qu’il administre le sacrement de réconciliation et qu’il donne l’onction des malades. L’ordination sacerdotale donne les trois « munera » : le « munus regendi » (le pasteur qui guide), le « munus docendi » (le pasteur qui enseigne) et le « munus sanctificandi ». L’évêque lui donnerait seulement l’autorisation pour le « munus sanctificandi ». C’est la thèse, le livre est intéressant et cela peut peut-être aider à répondre au problème.

Je crois que le thème doit être ouvert en ce sens pour les lieux où il y a un problème pastoral à cause du manque de prêtres. Je ne dis pas qu’il faut le faire, je n’y ai pas réfléchi, je n’ai pas suffisamment prié sur ce point. Mais les théologiens en discutent, il faut qu’ils étudient.

Je parlais avec un official de la Secrétairerie d’État, un évêque qui a dû travailler dans un pays communiste au début de la révolution et, quand ils ont vu comment arrivait cette révolution dans les années 50, les évêques ont ordonné en cachette des paysans, bons et religieux. Et puis une fois passée la crise, trente ans plus tard, cela a été résolu. Et il me disait l’émotion qu’il avait quand, lors d’une concélébration, il voyait ces paysans avec des mains de paysan, mettre leur aube pour concélébrer avec les évêques.

Cela s’est produit dans l’histoire de l’Église. Il faut y réfléchir et prier sur ce point.

Enfin, j’avais oublié de citer Anglicanorum coetibus de Benoît XVI, pour les prêtres anglicans qui sont devenus catholiques en gardant leur vie comme s’ils étaient orientaux. Je me souviens, lors d’une audience du mercredi, j’en ai vu beaucoup avec leur petit col et avec beaucoup de femmes et d’enfants.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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