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Eau © casinapioiv.va

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ONU: que chacun assume ses responsabilités pour la préservation de l’eau

Intervention de Mgr Auza (Traduction complète)

« Chacun d’entre nous, sommes appelés à assumer nos responsabilités » plutôt que « de rester indifférents aux défis liés à l’eau », un domaine « si décisif pour les générations présentes et futures, et pour l’avenir de l’humanité ». C’est ce qu’a déclaré Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU à New York, le 22 mars 2017.

Intervenant lors du Premier Dialogue pour discuter sur les objectifs liés à l’eau dans le cadre du développement durable, Mgr Auza a souligné que les droits à l’eau étaient fondamentaux et pressants parce que l’eau est essentielle à la vie.

Au cours du dialogue, consacré au thème « Décennie internationale pour l’action (2018-2028) : L’eau pour un développement durable », il a aussi affirmé que « la nécessité d’un partage de l’eau devrait être une occasion de coopération transfrontalière et de plus grands efforts pour adopter des instruments contraignants afin d’assurer des relations transnationales stables et prévisibles ».

« Nous devons développer une culture de soin et de solidarité, faire de notre maison commune un lieu plus habitable et fraternel, où personne n’est laissé en arrière et où tous sont capables de manger, boire et vivre une vie saine et de grandir en conformité avec leur dignité », a insisté Mgr Auza.

Voici notre traduction du discours complet du représentant du Saint-Siège.

AK

Intervention de Mgr Bernardito Auza

« Décennie internationale d’action : l’eau pour le développement durable »

Distingués co-modérateurs,

Ma délégation tient à vous remercier d’avoir préparé ce dialogue au niveau opérationnel et se félicite de l’occasion qui lui est offerte de partager son point de vue sur les questions relatives à l’eau, également en vue de la Décennie internationale d’action 2018-2028 : « L’eau pour un développement durable ».

Aujourd’hui, au Vatican, plus de 400 experts en eau et activistes locaux du monde entier se sont réunis pour discuter sur la façon de reconstituer les valeurs de l’eau pour un monde assoiffé. Sa Sainteté le Pape François a donné un message selon lequel cette réunion était une étape importante dans l’engagement commun des différentes institutions pour sensibiliser à la nécessité de protéger l’eau comme un bien pour tous et il a aussi souligné la valeur culturelle et religieuse de l’eau.

Les questions concernant le droit à l’eau ne sont pas marginales, mais fondamentales et pressantes : fondamentales, parce que là où il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de vie ; et pressantes, car il est urgent de protéger et de mieux s’occuper de notre maison commune.

Toute eau n’est pas source de vie, mais seulement l’eau qui est sûre et de bonne qualité. Chaque jour, les maladies d’origine hydrique, comme la dysenterie et le choléra, restent une des principales causes de décès, surtout chez les nourrissons et les enfants. Chaque jour, des millions de personnes absorbent de l’eau polluée, qui les rend malades et les pousse encore plus profondément dans l’extrême pauvreté. L’accès à l’eau potable est un droit fondamental de l’homme et une condition du développement durable. Il doit donc être placé en avant et au centre des politiques publiques, en particulier dans les programmes visant à sortir les gens de la pauvreté.

La responsabilité tout aussi fondamentale de prendre soin de cette ressource vitale et de la partager est inhérente au droit fondamental à l’eau. Comme l’a affirmé le pape François il y a un mois [1], notre droit à l’eau est aussi un devoir en matière d’eau, y compris le devoir pour chaque État de mettre en œuvre, entre autres par des instruments juridiques, des politiques concernant la sécurité de l’eau potable.

La concurrence pour l’eau peut être très déstabilisante, en particulier lorsque des sources aquatiques vitales franchissent les frontières nationales, comme les cours d’eau traversant plusieurs pays et lacs territorialement partagés par plusieurs États. Les implications de l’eau pour la paix et la sécurité nationales, régionales et internationales ne peuvent guère être surestimées. En effet, les experts en eau et les défenseurs prédisent de façon inquiétante que la Troisième Guerre mondiale concernera l’eau. Lorsqu’il a visité l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture en 2014, le Pape François a déclaré : « L’eau n’est pas libre, comme nous le pensons souvent. C’est un problème grave qui peut mener à la guerre » [2]. Ainsi, plutôt que de provoquer un conflit, la nécessité d’un partage de l’eau devrait être une occasion de coopération transfrontalière et de plus grands efforts pour adopter des instruments contraignants afin d’assurer des relations transnationales stables et prévisibles.

De plus, les acteurs non étatiques et chacun d’entre nous, sommes appelés à assumer nos responsabilités dans ce domaine si décisif pour les générations présentes et futures, et pour l’avenir de l’humanité. Plutôt que de rester indifférents aux défis liés à l’eau auxquels nous sommes confrontés, nous devons développer une culture de soin et de solidarité, faire de notre maison commune un lieu plus habitable et fraternel, où personne n’est laissé en arrière et où tous sont capables de manger, boire et vivre une vie saine et de grandir en conformité avec leur dignité.

Merci aux co-modérateurs.

  1. Pape François, Discours aux participants au quatrième Atelier organisé par l’Académie Pontificale des Sciences et intitulé « Le droit humain à l’eau : un intérêt interdisciplinaire et des contributions au rôle central des politiques publiques dans la gestion de l’eau et de l’assainissement », 24 février 2017.
  2. Pape François, Salutations de l’état-major de la FAO, 20 novembre 2014.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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