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ONU : l’héroïsme des femmes, par Mgr Auza

Elles doivent devenir acteurs de leur propre développement

« Les femmes défendent et protègent souvent leurs familles de manière héroïque, en sacrifiant beaucoup en vue d’une meilleure vie pour elles-mêmes et pour leurs enfants », déclare Mgr Auza. « Elles méritent d’être assistées et soutenues pour réaliser leurs aspirations légitimes à une vie meilleure pour elles-mêmes et pour leurs proches ».

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège, a pris la parole à la troisième commission de la soixante-douzième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, sur le point 28 de l’ordre du jour : La promotion des femmes, à New York, le 6 octobre 2017.

Lorsque les jeunes femmes et les filles n’ont pas accès à l’éducation, « on les empêche de devenir des acteurs dignes de leur propre développement », souligne le nonce apostolique qui évoque le problème de l’accès à l’eau dans les régions rurales où les femmes sont impliquées « de manière disproportionnée dans le travail domestique non rémunéré ». Mgr Auza a enfin dénoncé le « lien profond entre l’exclusion économique et la violence » et la vulnérabilité des femmes et des filles migrantes.

Voici notre traduction de l’intervention en anglais de Mgr Auza.

HG

 

Monsieur le Président,

Ma délégation remercie le secrétaire général d’attirer notre attention sur la situation des femmes et des filles dans les zones rurales, sur le fléau de la violence contre les femmes migrantes et sur nos efforts collectifs pour la promotion de la femme.

La pauvreté et l’emplacement, comme l’indique le rapport du secrétaire général, restent les plus graves menaces contre l’inclusion des filles dans l’éducation, ce qui entrave leur pleine participation à la vie sociale et économique de la communauté. Dans sa lettre encyclique Laudato si’, le pape François attire l’attention sur « l’abandon et la négligence […] vécus par certaines populations rurales qui n’ont pas accès aux services essentiels et où certains travailleurs sont réduits à des conditions de servitude, sans droits ni même l’espoir d’une vie plus digne » [1]. Les femmes et les filles supportent souvent le fardeau le plus lourd de ces privations.

Dans le domaine de l’éducation, des progrès significatifs ont été réalisés en ce qui concerne la parité entre les garçons et les filles des familles relativement riches ou de situation économique décente. Cependant, comme le note le secrétaire général, les femmes et les filles rurales vivant dans la pauvreté sont les plus désavantagées en matière de scolarité, d’alphabétisation et d’éducation des adultes [2]. Ma délégation souhaite attirer l’attention sur la situation des adolescentes, qui courent le plus grand risque d’être exclues de l’éducation en raison de difficultés sociales et économiques. Chaque fois que les jeunes femmes et les filles n’ont pas accès à l’éducation, on les empêche de devenir des acteurs dignes de leur propre développement.

En cherchant à « éliminer les causes structurelles de la pauvreté et à promouvoir le développement intégral des pauvres » [3], les besoins matériels de base de chaque fille d’âge scolaire vivant dans les zones rurales doivent être abordés. À cet égard, les initiatives, telles que la fourniture de repas scolaires pour réduire l’absentéisme des filles, se sont révélées efficaces et devraient favoriser la propagation d’efforts similaires pour garantir à toutes les filles l’accès à l’éducation. Le partenariat souligné entre le Programme alimentaire mondial et les agriculteurs locaux, y compris les femmes, pour fournir des « repas scolaires locaux » dans 37 pays, est également un exemple encourageant du développement intégral : il répond aux besoins des filles et des garçons, favorise l’éducation et augmente en même temps l’accès au marché pour les femmes [4].

Monsieur le Président,

Les jeunes femmes dans les zones rurales sont impliquées de manière disproportionnée dans le travail domestique non rémunéré et ont surtout le plus grand fardeau lorsque l’accès à l’eau potable et à l’assainissement n’est pas facilement disponible. Elles sont forcés de consacrer beaucoup de temps et d’efforts à aller chercher de l’eau pour la communauté et, ce faisant, leur accès à l’éducation de base est souvent contrarié, sans oublier que, dans de nombreux endroits isolés, elles sont également exposées à des risques de violence. Cela reflète, en partie, comment échouer à réaliser le droit fondamental de l’homme, qui requiert un accès universel à l’eau potable, [5] peut saper d’autres droits de l’homme, car c’est une condition préalable à leur réalisation.

De telles conditions génèrent souvent des inégalités, des exclusions et même des violences, comme le rappelle le pape François : « tant que l’exclusion et l’inégalité dans la société et entre les peuples ne sont pas inversées, il sera impossible d’éliminer la violence » [6]. Par la pauvreté et l’exclusion, les adolescentes, en particulier celles des zones rurales, connaissent également une vulnérabilité accrue à l’exploitation sexuelle, au mariage des enfants et à d’autres formes de violence inacceptables. La prévalence scandaleuse de la violence à l’égard des femmes reste donc un exemple important et triste du lien profond entre l’exclusion économique et la violence.

Monsieur le Président,

La crise migratoire mondiale et la vulnérabilité particulière des femmes et des filles migrantes sont des préoccupations majeures. La communauté mondiale a la responsabilité « d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer » les migrants et les réfugiés. Pourtant, des millions de femmes et de filles fuient des conflits violents ou l’extrême pauvreté uniquement pour se faire exploiter par des trafiquants et des manipulateurs sur des routes dangereuses et même dans les communautés d’accueil. Ma délégation appuie donc fermement la communauté internationale dans ses efforts pour sensibiliser et prendre des mesures concrètes pour prévenir le phénomène odieux de la violence perpétrée contre les femmes et les filles migrantes.

Monsieur le Président,

Les femmes défendent et protègent souvent leurs familles de manière héroïque, en sacrifiant beaucoup en vue d’une meilleure vie pour elles-mêmes et pour leurs enfants. Elles méritent d’être assistées et soutenues pour réaliser leurs aspirations légitimes à une vie meilleure pour elles-mêmes et pour leurs proches. Ma délégation se félicite de tous les efforts visant à protéger véritablement la dignité des femmes, tout en favorisant leur développement intégral et leur progrès au sein de la famille et de la société et reste fortement engagée dans cette noble cause.

Merci, Monsieur le Président.

 

  1. Pape François, lettre encyclique,Laudato Si’, 154.
  2. A/72/207, 14.
  3. Pape François, exhortation apostoliqueEvangelii Gaudium, 188.
  4. A/72/207, 19.
  5. Pape François, lettre encycliqueLaudato Si’, 30 ; voir aussi Art. 24.2.c de la Convention sur les droits de l’enfant et A/RES/64/292.
  6. Pape François, exhortation apostoliqueEvangelii Gaudium, 59.
  7. Pape François, Message pour la Journée mondiale des migrants 2017.

 

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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