ONU: le développement durable implique la solidarité intergénérationnelle, déclare Mgr Auza

« Le changement climatique et le programme de développement durable » (traduction complète)

Mgr Bernardito Auza, capture

Mgr Bernardito Auza, capture

« Nous ne pouvons pas parler de développement durable en dehors de la solidarité intergénérationnelle », déclare Mgr Auza à l’ONU.

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies à New York, est en effet intervenu lors d’un « Événement de haut niveau » sur « le changement climatique et le programme de développement durable », le 24 mars 2017.

« Ma délégation, a-t-il dit notamment, tient également à souligner notre responsabilité envers ceux qui viennent après nous. Comme l’affirme le pape François, « la solidarité intergénérationnelle n’est pas facultative, mais plutôt une question fondamentale de justice, puisque le monde que nous avons reçu appartient aussi à ceux qui nous suivront ». Nous ne pouvons pas parler de développement durable en dehors de la solidarité intergénérationnelle. Ma délégation appelle à la générosité, à la solidarité et à l’altruisme en mettant en œuvre à la fois l’Agenda 2030 et l’Accord de Paris, afin de ne pas laisser les générations futures payer le prix extrêmement élevé de la détérioration environnementale. »

Voici notre traduction intégrale, de l’anglais, de l’intervention de Mgr Auza.

AB

 

Intervention de Mgr Auza

Monsieur le Président,

Le Saint-Siège tient à vous remercier d’avoir rassemblé les différentes parties prenantes pour explorer les liens entre le changement climatique et l’Agenda pour le développement durable de 2030, afin de dynamiser l’élan et la volonté de proposer et de mettre en œuvre des solutions concrètes au profit de tous les gens du monde et de la « maison commune » que nous partageons.

Le Pape François nous rappelle que « le défi urgent de protéger notre maison commune comprend un souci de rassembler toute la famille humaine pour chercher un développement durable et intégral » [1]. De la même manière, les dirigeants du monde ont adopté l’Agenda 2030 qui représente l’agenda de développement universel le plus ambitieux jamais proposé. L’Accord de Paris sur le changement climatique est également ambitieux. Ensemble, ils reflètent la réalité de ce qu’un consensus mondial est essentiel pour affronter les problèmes plus profonds, qui ne peuvent être résolus par des actions unilatérales de la part de chaque pays.

Comme ce rassemblement cherche à poursuivre ensemble ces deux plans ambitieux, nous nous rappelons que sans un engagement à des mesures précises, coordonnées, quantifiables et significatives, ces plans ne réussiront pas à être à la hauteur de leur potentiel et resteront purement rhétoriques.

Tandis que des solutions spécifiques sont recherchées, nous devrions aussi être conscients de « combien les liens sont inséparables entre le souci de la nature, la justice pour les pauvres, l’engagement envers la société et notre propre paix intérieure » [2]. Notre souci de prendre davantage soin de la nature devrait également susciter chez nous une empathie envers ceux qui sont laissés, ceux qui sont touchés par la dégradation de l’environnement et ceux qui sont exclus des processus économiques et politiques. Le pape François a averti que « ne chercher qu’un remède technique à chaque problème environnemental qui se pose, c’est séparer ce qui est réellement interconnecté et masquer les vrais problèmes plus profonds du système mondial » [3].

Le Saint-Père nous invite donc à réfléchir au fait que la nature ne peut être considérée comme quelque chose de séparé de nous-mêmes ou comme un simple cadre dans lequel nous vivons. Nous faisons partie de la nature, y sommes inclus et donc en constante interaction avec elle. Cette symbiose implique qu’une crise de l’environnement signifie nécessairement une crise pour nous. Nous ne sommes pas confrontés à deux crises distinctes, l’une environnementale et l’autre sociale, mais plutôt à une crise complexe à la fois sociale et environnementale. Ainsi, « les stratégies pour une solution exigent une approche intégrée de la lutte contre la pauvreté, la restauration de la dignité aux exclus et la protection de la nature » [4].

Le même principe d’interdépendance lie les trois grands processus des Nations Unies en 2015, à savoir le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, l’Agenda pour le développement durable de 2030 et l’Accord de Paris sur le changement climatique.

Il n’y a pas trois défis distincts : le financement des besoins de développement, le consensus sur les nouveaux objectifs de développement et la lutte contre le changement climatique, mais un défi majeur : comment orienter notre politique, nos économies, notre technologie, nos entreprises et notre comportement personnel – en effet, tous nos efforts – vers un développement durable, intégral et authentique en harmonie avec la nature. « On ne peut pas assez souligner combien tout est interconnecté » [5].

Monsieur le Président,

Ma délégation se félicite de la manière dont l’Agenda 2030 et l’Accord de Paris reconnaissent l’importance centrale de la personne humaine. L’Agenda 2030 commence à juste titre en notant que « la dignité de la personne humaine est fondamentale ». Dans le même ordre d’idées, le pape François a insisté pour que toutes les initiatives environnementales et de développement se concentrent sur la dignité innée que nous partageons tous à égalité.

Cette dignité doit rester au centre de nos débats. En particulier, ceux qui sont faibles et marginalisés, ceux qui sont pauvres et malades, les enfants à naître et les personnes âgées, les réfugiés et les victimes de la guerre et de la violence et ceux qui sont touchés de manière disproportionnée par l’avidité et l’indifférence doivent occuper une place particulière dans les initiatives que nous poursuivons. Leurs souffrances et leurs inquiétudes, leurs craintes et leurs espoirs ne manqueront pas de faire écho dans nos cœurs. La « détermination » de l’Agenda 2030 de mettre fin à la pauvreté et à la faim … et de veiller à ce que tous les êtres humains vivent dans la dignité, l’égalité et dans un environnement sain [6] devrait être au cœur de nos efforts.

Ma délégation tient également à souligner notre responsabilité envers ceux qui viennent après nous. Comme l’affirme le pape François, « la solidarité intergénérationnelle n’est pas facultative, mais plutôt une question fondamentale de justice, puisque le monde que nous avons reçu appartient aussi à ceux qui nous suivront » [7]. Nous ne pouvons pas parler de développement durable en dehors de la solidarité intergénérationnelle. Ma délégation appelle à la générosité, à la solidarité et à l’altruisme en mettant en œuvre à la fois l’Agenda 2030 et l’Accord de Paris, afin de ne pas laisser les générations futures payer le prix extrêmement élevé de la détérioration environnementale.

Monsieur le Président,

La mise en œuvre de l’Agenda 2030 et de l’Accord de Paris séparément et en harmonie entre eux implique des aspects techniques, économiques, sociaux, politiques et juridiques complexes. Les buts et les cibles seront évalués minutieusement en utilisant des indicateurs et toutes sortes de mesures pour mesurer le succès ou l’échec. À la fin de la journée, leur impact positif sur la personne humaine, en particulier sur les personnes laissées en arrière, sera la véritable mesure de notre succès.

Merci, Monsieur le Président.

NOTES

  1. Pape François, Laudato Si’ (LS) : Sur la sauvegarde de la maison commune, n.13.
  2. LS, n.10.
  3. LS, n.111.
  4. LS, n.139.
  5. LS, n.138.
  6. Agenda 2030 pour le développement durable, Préambule.
  7. LS, n.159.

©Traduction de ZENIT, Constance Roques

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