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Paul Schneider © Wikimedia commons

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Nouveaux martyrs: Paul Schneider, pasteur de l’Église réformée, tué au camp de Buchenwald

De la lucarne de sa cellule, il criait des paroles de consolation et d’espérance

Trois témoignages ont marqué la veillée de prière en l’honneur des « Martyrs des XXe et XXIe siècles » avec le pape François, dans la basilique Saint-Barthélémy de Rome, le 22 janvier 2017. Parmi eux, le fils de Paul Schneider (1897-1939), pasteur allemand de l’Église réformée, tué au camp de Buchenwald pour son opposition au nazisme.

Surnommé le « prédicateur de Buchenwald », « malgré les tortures et les souffrances, il a crié avec courage, de la lucarne de sa cellule dans le bunker, les paroles de consolation et d’espérance de la Bible aux autres prisonniers ». Il fut assassiné le 18 juillet 1939.

Voici notre traduction du témoignage de son fils :

Témoignage de Karl A. Schneider

Saint-Père,

chère Communauté de Sant’Egidio,

chère communauté chrétienne,

Je désire remercier de tout cœur pour le grand honneur que vous rendez aujourd’hui à mon père, Paul Schneider et parce qu’avec ma fille, nous pouvons être ici. Mon père a été assassiné en 1939 au camp de concentration de Buchenwald parce que, pour lui, les objectifs du national-socialisme étaient inconciliables avec les paroles de la Bible. L’Église a le devoir de veiller sur l’État. Avec cette conviction, mon père s’est opposé avec force à toute tentative d’influencer politiquement l’Église. Il s’est engagé pour que le peuple allemand conserve une orientation chrétienne dans l’État et dans la société. Nous tous, aujourd’hui encore, nous faisons trop de compromis, mais mon père est resté fidèle uniquement au Seigneur et à la foi. Il a été un pasteur et un guide spirituel. Même dans le camp de concentration. Jusqu’au bout, chaque fois que cela lui était possible, malgré les tortures et les souffrances, il a crié avec courage, de la lucarne de sa cellule dans le bunker, les paroles de consolation et d’espérance de la Bible aux autres prisonniers. C’est pour cette raison qu’on l’appelle aussi le « prédicateur de Buchenwald ». Et il ne nous a pas oubliés, nous, sa famille. Dans une lettre du camp de concentration, conservée dans cette église, mon père affirme avec force sa foi dans la victoire pascale de la vie et il écrit qu’il sait que ma mère, moi-même et mes frères et sœurs sommes sous la protection de Dieu. Les paroles de ma mère, même lorsqu’elle était très âgée, ont été : « Il a été choisi pour annoncer l’Évangile et c’est ma consolation ». Moi, son fils, je sens cette consolation jusqu’à ce jour.

Traduction de Zenit, Constance Roques

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