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Le pape salue, audience générale du 10 oct 2018 © Vatican Media

Le pape salue, audience générale du 10 oct 2018 © Vatican Media

Maroc : le pape François se rendra en visite à Rabat et Casablanca, en mars 2019

Il y a 33 ans, la visite de Jean-Paul II

Le pape François se rendra en visite au Maroc, à Rabat et Casablanca, les 30 et 31 mars 2019, annonce Greg Burke, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, ce 13 novembre 2018, dans un communiqué en italien, et en français.

Le pape, précise la même source a en effet été invité par le roi Mohammed VI – dès 2013 – et par les évêques catholiques du pays. Le programme sera publié plus tard.

Rabat est la capitale du Maroc : le pape y sera reçu par le roi Mohammed VI. La ville compte quelque 600 000 habitants (1, 8 million dans l’agglomération).

Casablanca est souvent considérée comme une capitale économique, avec une population de quelque 3, 4 millions d’habitants (4, 3 dans l’agglomération), ce qui en fait la plus grande ville du Maghreb, sur la côte atlantique, à quelque 80 km au sud de Rabat.

D’ici-là le roi du Maroc pourrait se rendre au Vatican. Le Royaume du Maroc souhaite être « un centre d’excellence dans le dialogue interculturel et interreligieux », a déclaré un diplomate marocain.

Le pape François sera le second pape à se rendre au Maroc, à Casablanca, au Stade Mohammed V, où Jean-Paul II avait rencontré les jeunes musulmans, il y a 33 ans, le 19 août 1985, à l’invitation du roi Hassan II, au terme d’un voyage en Afrique.

Il avait dit notamment: “Je rencontre souvent des jeunes, en général des catholiques. C’est la première fois que je me trouve avec des jeunes musulmans.”

Saint Jean-Paul II a évoqué les relations entre chrétiens et musulmans en disant: “Chrétiens et musulmans, nous avons beaucoup de choses en commun, comme croyants et comme hommes. Nous vivons dans le même monde, marqué par de nombreux signes d’espérance, mais aussi par de multiples signes d’angoisse. Abraham est pour nous un même modèle de foi en Dieu, de soumission à sa volonté et de confiance en sa bonté. Nous croyons au même Dieu, le Dieu unique, le Dieu vivant, le Dieu qui crée les mondes et porte ses créatures à leur perfection.”

Il a voulu parler de Dieu aux jeunes: “C’est donc vers Dieu que va ma pensée et que s’élève mon cœur: c’est de Dieu même que je désire avant tout vous parler; de Lui, parce que c’est en Lui que nous croyons, vous musulmans et nous catholiques, et vous parler aussi des valeurs humaines qui ont en Dieu leur fondement, ces valeurs qui concernent l’épanouissement de nos personnes, comme aussi celui de nos familles et de nos sociétés, ainsi que celui de la communauté internationale. Le mystère de Dieu n’est-il pas la réalité la plus élevée dont dépend le sens même que l’homme donne à sa vie? Et n’est-ce pas le premier problème qui se présente à un jeune quand il réfléchit sur le mystère de sa propre existence et sur les valeurs qu’il entend choisir pour construire sa personnalité grandissante?”

Il a évoqué le Dieu créateur, puis il a invité à la paix et au dialogue entre les croyants: “Le dialogue entre chrétiens et musulmans est aujourd’hui plus nécessaire que jamais.”

Il disait déjà que la foi implique la reconnaissance de l’autre comme un frère: “Notre conviction est que « nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains de ces hommes créés à l’image de Dieu » (Décl. Nostra Aetate, n. 5).”

Il en appelait aussi à la responsabilité des jeunes: “Vous êtes responsables du monde de demain. C’est en assumant pleinement vos responsabilités et avec courage, que vous pourrez vaincre les difficultés actuelles. Il vous revient donc de prendre des initiatives et de ne pas tout attendre des aînés et des gens en place. Il vous faut construire le monde, et non pas seulement le rêver.”

Il insistait sur l’acceptation et le respect des différences: “Le monde à venir dépend des jeunes de tous les pays du monde. Notre monde est divisé, et même éclaté; il connaît de multiples conflits et des injustices graves. Il n’y a pas de véritable solidarité Nord-Sud; il n’y a pas assez d’entraide entre les nations du Sud. Il y a dans le monde des cultures et des races qui ne sont pas respectées.”

Son message parlait aussi de solidarité: “Dieu a donné la terre à l’ensemble du genre humain pour que les hommes en tirent leur subsistance dans la solidarité et pour que chaque peuple ait les moyens de se nourrir, de se soigner et de vivre en paix.”

Il rappelait l’histoire et la tradition de ces pays: “Les Arabes du Machreq et du Maghreb, et plus généralement les musulmans, ont une longue tradition d’étude et de savoir: littéraire, scientifique, philosophique. Vous êtes les héritiers de cette tradition, vous devez étudier pour apprendre à connaître ce monde que Dieu nous a donné, le comprendre, en découvrir le sens, avec le goût et le respect de la vérité, et pour apprendre à connaître les peuples et les hommes créés et aimés par Dieu, pour vous préparer à mieux les servir.”

Il les exhortait à se mettre au service de l’humanité d’aujourd’hui: “Je souhaite, chers jeunes, que vous puissiez contribuer à construire ainsi un monde où Dieu ait la première place pour aider et sauver l’homme. Sur ce chemin, vous êtes assurés de l’estime et de la collaboration de vos frères et sœurs catholiques que je représente parmi vous ce soir.”

Jean-Paul II avait achevé son discours par cette prière:

« O Dieu, Tu es notre Créateur.
Tu es bon et ta miséricorde est sans limites.
A Toi la louange de toute créature.
O Dieu, Tu as donné aux hommes que nous sommes une loi intérieure dont nous devons vivre.
Faire Ta volonté, c’est accomplir notre tache.
Suivre Tes voies, c’est connaître la paix de l’âme.
A Toi, nous offrons notre obéissance.
Guide-nous en toutes les démarches que nous entreprenons sur terre.
Affranchis-nous des penchants mauvais qui détournent notre cœur de Ta volonté.
Ne permets pas qu’en invoquant Ton Nom,
nous venions à justifier les désordres humains.
O Dieu, Tu es l’Unique. A Toi va notre adoration.
Ne permets pas que nous nous éloignions de Toi.
O Dieu, juge de tous les hommes,
aide-nous à faire partie de tes élus au dernier jour.
O Dieu, auteur de la justice et de la paix,
accorde-nous la joie véritable, et l’amour authentique,
ainsi qu’une fraternité durable entre les peuples.
Comble-nous de Tes dons à tout jamais.
Amen! 
»

 

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