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Veillée pascale 2016, baptêmes, capture CTV

Veillée pascale 2016, baptêmes, capture CTV

Le nombre de catholiques augmente dans le monde, spécialement en Afrique

Même dans des pays en guerre ou de persécutions

Le nombre de catholiques augmente dans le monde, spécialement en Afrique, et même dans des pays de persécution comme au Nigeria ou de guerre comme la République démocratique du Congo.

Selon les chiffres publiés par l’Annuaire pontifical 2018 et l’Annuaire statistique de l’Eglise 2016, le 13 juin 2018, le nombre de baptisés catholiques augmente dans le monde, particulièrement en Afrique, mais le nombre de prêtre diminue légèrement.

Voici notre traduction complète de ces données, réalisée par Océane le Gall et Hélène Ginabat.

AB

L’Annuaire pontifical 2018 et l’Annuarium Statisticum Ecclesiae 2016, édité par le Bureau central des statistiques de l’Église, sont actuellement en distribution dans les librairies, avec un retard dû au passage à des méthodes plus avancées de rédaction et de production des deux annuaires.

L’impression des deux volumes a été réalisée par la Typographie Vaticane.

Selon les données rapportées dans l’Annuaire Pontifical, voici les quelques nouveautés qui caractèrisent la vie de l’Église catholique dans le monde, à partir de 2017.

Pendant cette période, ont été érigés 6 nouveaux sièges épiscopaux et 4 éparchies; un diocèse a été élevé au siège métropolitain et 3 vicariats apostoliques en diocèses.

Les statistiques de l’Annuarium Statisticum, se référant à l’année 2016, nous permettent d’actualiser certains aspects numériques fondamentaux de l’Église catholique dans le contexte mondial, et de mettre en évidence les tendances les plus marquées et les plus importantes.

Les catholiques baptisés dans le monde sont passés de 1 285 millions en 2015 à 1 299 millions en 2016, avec une augmentation relative globale de 1,1%. Cette augmentation est inférieure à la moyenne annuelle enregistrée au cours de la période 2010-2015 (1,5%), mais encore légèrement inférieure à celle de la population mondiale entre 2015 et 2016, si bien que la présence relative des catholiques baptisés ne diminue que de quelques millièmes : elle passe de 17,73 catholiques pour 100 habitants en 2015 à 17,67 l’année suivante.

La répartition des catholiques, en fonction de la densité démographique des différents continents, varie selon les zones géographiques.

L’Afrique représente 17,6 % des catholiques du monde et se caractérise par une expansion très dynamique de l’Église catholique : le nombre de catholiques est passé d’un peu plus de 185 millions en 2010 à plus de 228 millions en 2016, révélant un changement relatif de 23,2 %. Sur le continent africain, en particulier, la République démocratique du Congo confirme sa première place pour son nombre de catholiques baptisés, avec plus de 44 millions, suivie du Nigeria avec 28 millions. Mais l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya enregistrent aussi des chiffres de tout respect.

La position de l’Amérique en tant que continent auquel appartiennent 48,6% des fidèles baptisés du monde se confirme. 57,5 % résident en Amérique du Sud (27,5 % dans le seul Brésil qui reste le pays ayant le plus grand nombre de catholiques au monde), 14,1 % en Amérique du Nord et 28,4 % en Amérique centrale. Si l’on compare le nombre de catholiques au nombre d’habitants, l’Argentine, la Colombie et le Paraguay, ressortent avec une incidence de catholiques égale à plus de 90% de la population.

L’incidence du continent asiatique dans le monde catholique a légèrement augmenté. Avec une densité de plus de 60% de la population de la planète, celle-ci reste autour des 11% sur l’ensemble de la période. 76% des catholiques de l’Asie du Sud-Est sont concentrés aux Philippines (avec 85 millions de catholiques en 2016) et en Inde (22 millions).

L’Europe, où résident près de 22% de la communauté catholique mondiale, reste la région la moins dynamique, avec une croissance du nombre de catholiques, entre 2010 et 2016, de seulement 0,2%. Cette variation, par ailleurs, par rapport à une stagnation de la dynamique démographique, se traduit par une légère amélioration de sa présence sur le territoire, qui s’élève en 2016 à près de 40%. En Italie, en Pologne et en Espagne, l’incidence des catholiques dépasse les 90% de la population.

Les catholiques en Océanie sont un peu plus de 10 millions et sont légèrement en hausse par rapport à l’année précédente, alors que leur nombre diffère légèrement par rapport à 2010 : sur l’ensemble de la période, on enregistre une variation positive de 10,4%.

La dynamique différentielle des catholiques baptisés dans les divers continents a imposé un ajustement de la structure territoriale de l’Église pour mieux répondre aux besoins et aux exigences d’un fonctionnement efficace des services pastoraux. En particulier, le nombre de circonscriptions ecclésiastiques, au cours de la période 2010-2016, a enregistré sa croissance la plus constante dans les zones territoriales qui ont fait preuve d’un plus grand dynamisme dans la demande de services pastoraux. Les circonscriptions ecclésiastiques ont augmenté en effet de 3% en Afrique et de 1,9% en Asie, contre une inertie substantielle en Europe. Les autres zones géographiques enregistrent une croissance moyenne d’environ 1 %.

Les circonscriptions présentent une variabilité territoriale tant en termes de superficie que de population catholique. Les plus étendues sont celles de l’Océanie, avec une superficie de plus de 105 000 kilomètres carrés, et de l’Amérique du Nord, avec 71 378 kilomètres carrés, suivies de l’Asie du Sud-Est avec plus de 68 000 kilomètres carrés, de l’Amérique du Sud avec près de 30 000 kilomètres carrés et de l’Europe avec un peu plus de 13 000 kilomètres carrés. Le rapport entre le nombre de catholiques et le nombre de circonscriptions présente également une sensible variation.

L’Amérique a confirmé sa position de continent ayant le quotient le plus élevé, avec 577 000 catholiques appartenant à la même circonscription ecclésiastique. Viennent ensuite l’Afrique avec une présence territoriale de 422 000 catholiques, l’Europe avec 376 000 catholiques et l’Asie, où chaque circonscription compte en moyenne plus de 265 000 catholiques.

Les données les plus récentes se rapportant à 2016 indiquent également que le clergé compte 466 634 personnes, dont 5 353 évêques, 414 969 prêtres et 46 312 diacres permanents.

Entre 2010 et 2016, le nombre d’évêques a augmenté de 4,88%, passant de 5 104 en 2010 à 5 353 en 2016 ; cependant, cette augmentation varie au plan territorial. Si on calcule l’augmentation linéaire moyenne, nous obtenons des différences consistantes de ce phénomène dans les différentes parties du globe : nous allons, en ordre décroissant, d’une valeur maximale de 1,47 % pour l’Amérique centrale, à une valeur minimale pour l’Amérique du Nord de 0,34 % (autres valeurs : Amérique du Sud 1,07 %, Asie 0,95 %, Europe 0,82 %, Afrique 0,45 % et Océanie 0,39 %). On peut donc constater que l’Amérique centrale, l’Amérique du Sud et l’Asie enregistrent une augmentation relative plus importante par rapport aux autres zones géographiques et, on peut affirmer qu’elle est plus élevée par rapport à l’Amérique du Nord et à l’Europe.

On peut voir aussi que le nombre de catholiques par évêque, en 2016, n’est pas très différent d’un continent à l’autre (moyenne mondiale de 243 mille avec des variations de 313 mille à 169 mille, respectivement pour l’Afrique et l’Europe). Particulièrement favorable est la situation en Océanie où chaque évêque est à la tête de 79 mille catholiques, signe de ce point de vue, d’un léger excès d’évêques par rapport aux autres continents.

L’évaluation du nombre de prêtres pour chaque évêque peut également être utile, dans la mesure où ce rapport donne une indication de ce que sont, au moins à un niveau purement numérique, les engagements pastoraux auxquels tout évêque, en moyenne sur chaque continent, doit faire face. Eh bien, les données de ce rapport, par rapport à la période 2010-2016, révèlent un meilleur équilibre quantitatif au niveau mondial entre prêtres et évêques, dans le temps qui s’écoule entre le début et la fin de la période examinée : on passe de 81 prêtres par évêque en 2010 à 78 en 2016. Une diminution de ce rapport est relevée en Amérique (de 64 à 61), en Europe (de 118 à 105) et en Océanie (de 37 à 36), alors que ce rapport augmente en Afrique (de 54 à 63) et en Asie (de 75 à 82).

En 2016, le nombre de prêtres dans le monde catholique s’élève à 414 969, répartis de la façon suivante : 67,9% d’entre eux appartiennent au clergé diocésain et les 32,1% restants à celui des religieux ; à noter que par rapport à l’année précédente, cette répartition est pratiquement la même, tandis que le pourcentage de prêtres diocésains a augmenté d’environ un point par rapport à celui de 2010. Si de 2010 à 2014 il y a eu une croissance qui n’a pas été forte mais néanmoins appréciable (moyenne annuelle de la variation relative +0,22%), dans les deux années suivantes le nombre de prêtres a subi peu de changement : Globalement, il a diminué de 0,2% (+0,19 pour les diocésains et -1,01 pour les religieux), mais les diminutions se concentrent en Amérique du Nord (-2,7%), en Europe (-2,8%) et au Moyen-Orient (-1,7%), tandis que des augmentations de 4-5% se vérifient dans toutes les autres régions, à l’exception de l’Amérique centrale et de l’Océanie, où l’augmentation est de 2%. Sur l’ensemble de la période 2010-2016, le nombre de prêtres a augmenté globalement de 0,7 %, passant de 412 236 à 414 969 unités. Cependant, lorsque l’on analyse séparément les prêtres diocésains et les prêtres religieux, on constate que par rapport à une croissance des premiers (1,55%), les deuxièmes subissent un déclin numérique non négligeable (diminution relative de 1,4%). Sur les différents continents, les dynamiques semblent contraires.

Les prêtres religieux, à quelques exceptions près, comme l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et l’Amérique centrale et continentale, sont en général en décroissance numérique avec des pics d’une certaine importance en Amérique du Nord et en Europe. Par contre, les prêtres diocésains montrent une tendance opposée : ici, les zones de décroissance, limitées à l’Amérique du Nord, à l’Europe et, dans une moindre mesure, à l’Océanie, constituent l’exception d’une situation de croissance générale, même si dans certains cas, elle est plutôt modérée. Il convient de noter le cas de l’Afrique, où le mouvement de croissance est remarquable et continu (+23,1%). On peut aussi noter que ces dynamiques ont redonné un poids relatif aux prêtres diocésains par rapport à celui des religieux. Toutefois, une variation appréciable ne se présente qu’en Afrique, où les prêtres religieux qui représentaient 47,5% des diocésains, au début de la période, sont devenus en 2016 beaucoup moins nombreux que les diocésains (43,5%). On peut attribuer le redimensionnement des prêtres religieux en Afrique à un retour des agents pastoraux dans leurs lieux d’origine, appuyé par le renforcement des communautés ecclésiales locales, assuré par la croissance des prêtres diocésains.

Les changements que l’on vient de décrire ont influencé, de façon conséquente, le volume des prêtres dans les différents continents. La répartition, en 2016, par zones géographiques, montre que par rapport aux 42,6% du nombre total de prêtres présents en Europe, 29,5%, appartiennent au continent américain, tandis que les autres zones géographiques suivent avec 15,9% pour l’Asie, 10,9% pour l’Afrique et, enfin, 1,1% pour l’Océanie.

A cette analyse structurelle des prêtres, on peut ajouter celle des catholiques pour mettre en évidence d’éventuels déséquilibres entre la demande et l’offre de services pastoraux. Dans le cas d’un équilibre parfait entre la présence et la demande d’activités pastorales, les pourcentages de composition des prêtres devraient coïncider, pour chaque zone territoriale examinée, avec ceux des catholiques. En réalité, une comparaison entre les pourcentages de la composition des prêtres et des catholiques montre qu’en 2016 on enregistre de grandes différences. En particulier, les pourcentages de prêtres dépassent ceux des catholiques en Amérique du Nord (11,2% de prêtres contre 6,8% de catholiques), en Europe (42,6% de prêtres et 22% de catholiques) et en Océanie (1,1% de prêtres et 0,8% de catholiques). Les carences de prêtres les plus évidentes se trouvent en Amérique du Sud (12,1% des prêtres et 27,9% des catholiques), en Afrique (10,9% des prêtres et 17,6% des catholiques) et en Amérique centrale (5,3% des prêtres et 11,6% des catholiques).

La différence entre les distributions des deux séries signifie qu’il y a une variabilité dans la charge pastorale, comprise comme rapport entre le nombre de catholiques et le nombre de prêtres. La tendance de cet indice, au niveau mondial, ne peut qu’être orientée vers une augmentation due au différentiel de croissance démographique entre les différentes zones territoriales : on passe donc de 2 900 à 3 130 catholiques par prêtre, respectivement pour les années 2010 et 2016. Mais encore, les différences géographiques sont très importantes : en 2016, cela va d’un peu plus de 1 600 catholiques par prêtre en Europe, à plus de 7 200 en Amérique du Sud, un peu plus de 5 000 en Afrique et un peu moins de 2 200 en Asie.

Traduction de ZENIT, Océane Le Gall

Les diacres permanents constituent le groupe des clercs qui augmente avec un dynamisme remarquable. L’augmentation moyenne annuelle, au cours de la période 2010-2015, représente 2,88% au niveau planétaire, et elle s’est poursuivie en 2016, bien qu’à un rythme inférieur (2,34%) ; cette année-là, ils sont 46 312 au lieu de 39 564 enregistrés en 2010. Les écarts territoriaux restent très accentués : dans les années entre 2010 et 2015, les rythmes de croissance les plus importants se manifestent en Asie et en Amérique méridionale et centrale, tandis que les plus faibles sont enregistrés en Amérique du nord, en Europe et en Afrique.

Dans la période 2015-2016, les rythmes de croissance de la présence des diacres dans les différents zones territoriales se sont maintenus, avec une forte accélération en Afrique, en Amérique centrale et méridionale et un ralentissement considérable en Amérique du nord, en Europe et en Asie où l’on enregistre une stagnation. On n’observe pas de variations importantes dans la distribution planétaire des diacres entres les années 2015 et 2016 : on observe seulement une légère diminution du poids du nombre relatif de diacres en Europe et une croissance tout aussi légère de leur nombre en Amérique. La possibilité effective pour les diacres permanents de coopérer avec les prêtres dans l’attribution des services pastoraux sur le territoire demeure cependant encore contenue. Dans le monde, la distribution des diacres pour cent prêtres présents, est en effet à peine égale à 11, 2 en 2016 et va d’un minimum de 0,48 en Asie à un maximum de 24,8 en Amérique. Le quotient en Europe tourne autour de 8% tandis qu’en Afrique il équivaut à un diacre pour 100 prêtres présents.

Les dimensions du phénomène, par conséquent, sont encore tout à fait inadéquates pour que l’oeuvre de cette catégorie d’acteurs pastoraux puisse avoir une incidence significative sur l’équilibre entre la demande et l’offre de services à des fidèles catholiques présents sur le territoire. En termes d’évolution, toutefois, on observe qu’ils ont tendance à manifester une plus grande fréquence sur leur territoire là où le rapport du nombre de catholiques baptisés par prêtre est plus insuffisant.

En 2016, le groupe des religieux profès non prêtres dans le monde comprend 52 625 unités ; ils sont 8 731 en Afrique, 14 818 en Amérique, 12 320 en Asie, 15 390 en Europe et 1 366 en Océanie. La diminution qui s’est vérifiée au cours de la période 2010-2015 s’est poursuivie et s’est accentuée en 2016 : le groupe, au niveau mondial, a diminué de 3% au cours de la dernière année. On observe en particulier que tandis qu’on enregistre en Afrique quasiment un plafonnement, sur tous les autres continents on assiste à une diminution généralisée particulièrement marquée en Océanie (-4,5%), en Europe (-3,8%) et en Amérique (-3,7%).

La distribution en pourcentage des religieux profès non prêtres subit en 2016 de très légères variations par rapport à 2015, la plus significative concernant l’Europe qui a vu baisser son quota relatif de 29,5 à 29,2 pour cent.

Les religieuses professes représentent le groupe dont le poids numérique est le plus important dans l’ensemble des acteurs de la pastorale (spécifiquement les évêques, les prêtres, les diacres permanents, les religieux profès non prêtres et les religieuses). En 2010, elles étaient 722 000 ; elles diminuent progressivement au point qu’en 2016 on en comptait 659 000 (avec une variation relative dans cette période de 8,7%). La diminution enregistrée du nombre de religieuses professes dans le monde est due en substance à une augmentation importante des décès, en raison d’une présence élevée des religieuses d’âge avancé, tandis que le nombre d’abandons de la vie religieuses est moins important au cours de la période de référence. Il est important de noter la profonde différence de comportement sur les différents continents qui reflète les caractéristiques déjà observées pour les autres catégories d’acteurs pastoraux, en en combinant les déterminations géographiques.

Dans la période 2010-2016, l’Afrique enregistre la plus grande augmentation (+9,2%), suivie du sud-est asiatique (+4,2%). L’Amérique du nord, elle, a un record négatif, avec une diminution de presque 21%. Suivent de près l’Europe (qui ne dépasse pas -16%) et l’Amérique du sud (-11,8%), tandis que la chute enregistrée en Amérique centrale et au Moyen-Orient est plus contenue. Enfin, la situation en Amérique centrale et aux Antilles est plutôt stationnaire, avec une diminution de 2%. Ces mouvements, naturellement, ont une influence sur les variations des poids continentaux des religieuses. Si l’on observe, dans la période 2010-2016, la distribution par zones continentales, on enregistre une réorganisation de la présence des religieuses en Europe et en Amérique du nord, au bénéfice de l’Asie et de l’Afrique. En particulier, en effet, si, en 2010 l’ensemble des religieuses professes actives en Europe et en Amérique du nord représentait 49,7% du total mondial, en 2016, elles ne représentent plus que 45,1%.

La variation positive de plus grande importance s’observe dans le sud-est asiatique où l’incidence des religieuses passe de 22,2% en 2010 à 25,4% en 2016 et en Afrique où l’incidence sur le total au niveau mondial, est passé de 9,2% en 2010 à 11% en 2016.

En 2016, en ligne avec la diminution déjà observée les années précédentes, la phase de diminution des vocations sacerdotales se poursuit : on passe de 116 843 séminaristes (grand séminaire) en 2015 à 116 160 en 2016 (683 en moins, soit 06%). Le taux de vocations (nombre de séminaristes pour 100 000 catholiques) diminue de 9,09 à 8,94. Au niveau territorial, l’Amérique (spécialement l’Amérique du sud) est le continent avec le taux de vocations le plus bas (5,13 séminaristes pour 100 000 catholiques ; l’Europe suit de près avec un quotient égal à 6,17.

Dans le monde, entre 2010 et 2016, on enregistre une diminution de 2 830 séminaristes (grand séminaire) qui est le résultat de l’augmentation de 1 061 séminaristes pendant la période 2010-2012 et de la baisse de 3 891 unité pendant la période qui a suivi. La crise des vocations s’accentue donc au niveau mondial mais une analyse par zones plus restreintes met en évidence des situations territoriales variées. L’Asie présente une évolution semblable à l’évolution mondiale (une phase de croissance, suivie d’une phase de baisse) ; elle enregistre un solde actif, pour toute la période, de 779 unités, le point le plus élevé étant en 2012. En Europe et sur le continent américain, on observe en revanche une diminution constante qui a mené à une diminution totale, sur toute la période, de 4 082 unités pour l’Amérique et de 2 949 pour l’Europe. L’Afrique présente une évolution différente, à la fois de l’évolution mondiale et de celle des autres zones territoriales. Sur ce continent, en effet, le nombre de séminaristes (grand séminaire) a constamment augmenté avec une augmentation absolue de 2010 à 2016 de 3 538 unités.

Un examen du territoire encore plus analytique, mené sur des pays où, en 2016, il y a eu au moins 1000 séminaristes (grand séminaire), diocésains et religieux, montre que – sauf pour un petit nombre de pays où les tendances e sont pas toujours perceptibles avec précision – dans la grande majorité des nations considérées, dans la période 2010-2016, il y a eu des évolutions du type de celles qui ont été rencontrées précédemment : croissance suivie d’une décroissance, croissance ou décroissance constantes.

La croissance constante observée en Afrique se retrouve aussi dans ses principaux pays. Ceux-ci, en effet, présentent tous une augmentation du pourcentage total supérieure à celui déjà très élevé (+13,1%) du continent : en effet l’Ouganda, où l’augmentation est de 22,1%, a été dépassé par le Cameroun (+31,2%), par la Tanzanie (+39,5%) et par Madagascar qui présente une augmentation extrêmement élevée (+65,6%). La République démocratique du Congo présente une croissance jusqu’à 2013, suivi d’une baisse dans les années suivantes (avec une augmentation du pourcentage totale, pour toute la période, de 5,1%. Le Kenya manifeste la tendance inverse, avec une chute constante des vocations : pour toute la période, elle est de -13%.

Dans les Amérique, celle du nord reprend grosso modo l’évolution des vocations dans le monde entier, avec un maximum en 2012 suivi d’une lente diminution. L’Amérique continentale du centre enregistre une diminution constante des vocations avec, dans l’ensemble, 91 séminaristes en moins entre 2010 et 2016. Le pays qui a le plus grand poids démographique du sous-continent, le Mexique, montre une tendance, non relevable avec précision, étant donné qu’à une légère augmentation enregistrée jusqu’en 2012, suit une tendance à la baisse dans les années qui ont suivi : à la fin de la période, le nombre de séminaristes se stabilise autour de 5 000 unités. L’Amérique du sud présente une baisse continue des vocations entre 2010 et 2016, avec une diminution absolue égale à 3 752 unités et un pourcentage égal à -17,4%. La chute concerne avec une intensité variable tous les pays du sous-continent, avec un accent pour le Pérou, la Colombie et le Brésil.

En Europe, tous les principaux pays ont une évolution des vocations analogue à celle du continent : en diminution constante sur toute la période et avec un solde négatif qui a atteint aussi des niveaux importants en Pologne, Allemagne, Irlande, Grande-Bretagne et Espagne.

En Asie, les Philippines et la République de Corée enregistrent une baisse des vocations sur toute la période, avec un solde négatif de 1,1% de séminaristes pour les Philippines et de -30,2% pour la Corée, tandis que le Vietnam connaît une augmentation constante et le solde est de +48,3%. Une légère augmentation temporaire se vérifie en Indonésie où les vocations ont augmenté e 2%.

La confrontation entre la distribution en pourcentage des séminaristes entre les différents continents et la distribution en pourcentage correspondante des catholiques met clairement en évidence les excédents positifs et négatifs des vocations au niveau territorial.

À l’Europe qui, malgré la baisse des vocations dans la période 2010-2016, semble être en mesure de pouvoir répondre de manière adéquate aux exigence des catholiques (15,2% des séminaristes contre 22% des catholiques), répond le déficit des vocations dans les Amérique (27,9% de séminaristes contre 49% de catholiques) qui est particulièrement élevé pour l’Amérique du sud.

Dans les pays d’Afrique et d’Asie, où le taux de catholiques par rapport aux habitants est bas, le pourcentage des séminaristes est particulièrement supérieur au pourcentage bas des catholiques.

Sur ces continents, l’exigence de pourvoir, en toute autonomie, à l’œuvre d’apostolat local, a tendance à être satisfaite.

Si l’on tire les conséquences de cette analyse quantitative des principaux phénomènes qui concernent l’Église catholique sur les différents continents et si l’on porte son attention sur les aspects qui semblent constituer les tendances les plus marquées et de plus grande importance, on peut observer, en premier lieu que dans les années de 2010 à 2016, le nombre de catholiques dans le monde a augmenté de manière significative. Pendant ces années, on enregistre une situation de concentration territoriale élevée des catholiques baptisés dans le monde. En tout, en 2016, environ 830 millions d’entre eux résident dans 15 pays, soit 64% des catholiques baptisés dans le monde. En Amérique et l’Europe (respectivement 49 et 22%), résident 71% de la population baptisée totale.

Si l’on regarde dans le détail chaque pays, 4 des 15 pays (République démocratique du Congo, Nigéria, Ouganda et Angola) se trouvent en Afrique et représentent à eux seuls 47% du total sur le continent. En Amérique, plus de 64% du total est attribué à 4 autres pays (Brésil, Mexique, Etats-Unis et Colombie) ; 2 pays appartiennent au continent asiatique (Philippines et Inde) qui, à eux seuls, représentent presque 77% du total du continent, et les 5 pays restants sont européens (Italie, France, Espagne, Pologne et Allemagne), soit 74% du continent.

Un autre aspect important est que, dans la période examinée, on enregistre une atténuation des déséquilibres préexistants dans la distribution géographique pour les grandes zones, que ce soit des circonscriptions ecclésiastiques ou des centres pastoraux. Le nombre des évêques aussi semble plus harmonieusement distribué et en bonne croissance. Quant à l’évolution des autres acteurs pastoraux, on observe une évidente diminution parmi les religieux non prêtres, les religieuses professes et les prêtres. Ces derniers, toutefois, enregistrent une flexion seulement dans la dernière partie de la période examinée. Les pertes subies pendant toute la période par l’Europe et par l’Amérique se démarquent, en grande partie compensées par la vivante dynamique manifestée par l’Afrique et par l’Asie en ce qui concerne les prêtres diocésains.

Les religieuses professes, malgré la diminution observée globalement et au niveau de certaines réalités continentales, restent une réalité non négligeable : l’ensemble des sœurs représentent 59% en plus de la population sacerdotale. Bien que le rôle qu’elles jouent, historiquement, dans l’attribution des services pastoraux se soit globalement redimensionné – comme indiqué par les statistiques de la quantité des paroisses animées par des religieuses – leur action dans la vie des communautés religieuses restent encore d’accompagner, sinon carrément de remplacer, celle des prêtres.

Les candidats au sacerdoce représentent globalement une tendance à la décroissance, le nombre des séminaristes (grands séminaires) ayant baissé de 1,8% entre 2010 et 2016. Dans ce cas-là aussi, certains motifs de préoccupation viennent de l’Europe et du continent américain, où la diminution semble très évidente. Vice versa, l’Afrique et l’Asie montrent une grande vitalité.

Traduction de ZENIT, Hélène Ginabat

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