Catéchisme de l’Eglise catholique: le pape demande de proscrire la peine de mort

Un remède « inhumain » et « contraire à l’Evangile »

25 ans de Fidei Depositum © L'Osservatore Romano

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La Tradition est « une réalité vivante » et non pas « quelque chose de statique », a rappelé le pape François devant les participants à une rencontre promue par le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, le 11 octobre 2017. Le pape a illustré « l’évolution de la conscience du peuple chrétien » avec le thème de la peine de mort, plaidant pour une condamnation claire de ce remède « inhumain » et « contraire à l’Evangile », dans le Catéchisme de l’Eglise catholique.

A l’occasion du XXVe anniversaire de la signature de la Constitution apostolique Fidei Depositum – accompagnant le Catéchisme de l’Eglise catholique – par Jean-Paul II, le pape a souligné que « le développement harmonieux de la doctrine… demande d’abandonner des prises de position en faveur de questions qui apparaissent désormais absolument contraires à la nouvelle compréhension de la vérité chrétienne ».

Il a évoqué à ce propos la peine de mort, « un thème qui devrait trouver dans le Catéchisme de l’Eglise catholique un espace plus approprié et en cohérence avec les finalités énoncées ». « Cette question, a estimé le pape, ne saurait se réduire au pâle souvenir d’un enseignement historique sans faire émerger non seulement les progrès doctrinaux opérés par les derniers papes, mais également l’évolution de la conscience du peuple chrétien, qui refuse une attitude consentante face à une peine qui nuit terriblement à la dignité humaine. »

Actuellement, le Catéchisme de l’Eglise catholique stipule ceci (n. 2267) : « L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains. Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine. Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable ‘sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants’ (Evangelium vitae, n. 56). »

« Au cours des siècles passés, a noté le pape François, quand on faisait face à une pauvreté de moyens de défense et que la maturité sociale n’avait pas encore connu d’évolution positive, le recours à la peine de mort apparaissait comme une conséquence logique de l’application de la justice à laquelle il fallait se conformer. Malheureusement, dans l’Etat pontifical aussi on a eu recours à cet extrême et inhumain remède, négligeant le primat de la miséricorde sur la justice. » Pour le pape, « ces moyens étaient dictés par une mentalité plus légaliste que chrétienne » : « La préoccupation de conserver les pouvoirs et les richesses matérielles dans leur intégrité avait amené à surestimer la valeur de la loi, empêchant d’aller en profondeur dans la compréhension de l’évangile ».

« Toutefois, aujourd’hui, rester neutres face aux nouvelles exigences pour la réaffirmation de la dignité personnelle, nous rendrait plus coupables », a-t-il affirmé. Ainsi « on doit affirmer avec force que la condamnation à la peine de mort est une mesure inhumaine qui humilie la dignité humaine, quelle que soit la façon de l’appliquer. Elle est en soi contraire à l’évangile parce qu’on décide volontairement de supprimer une vie humaine qui est toujours sacrée aux yeux du Créateur et dont Dieu seulement, en dernière analyse, est le vrai juge et garant… A personne, donc, ne peut être ôtée non seulement la vie, mais la possibilité même d’un rachat moral et existentiel qui retourne en faveur de la communauté ».

« Nous sommes ici en présence de contradictions avec l’enseignement du passé, car la défense de la dignité de la vie humaine dès le premier instant de sa conception jusqu’à la mort naturelle a toujours trouvé dans l’enseignement de l’Eglise sa voix cohérente et digne de foi, a fait observer le pape. (…) Il est donc nécessaire de réaffirmer que la peine de mort, indépendamment de la gravité du délit commis, est inadmissible car elle porte atteinte à l’inviolabilité et la dignité de la personne. »

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