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Le cardinal Farrell à Murcia © laityfamilylife.va

Le cardinal Farrell à Murcia © laityfamilylife.va

Dublin 2018: les schémas pastoraux du passé ne fonctionnent plus, par le card. Farrell

Pour un véritable catéchuménat en préparation au mariage

« Les schémas pastoraux du passé ne fonctionnent plus », confie le cardinal Kevin Farrell dans cet entretien accordé à l’agence catholique italienne SIR à l’occasion de la préparation de la IXe Rencontre mondiale des familles avec le pape François, à Dublin (Irlande), du 21 au 26 août 2018, sur le thème « L’Évangile de la famille : joie pour le monde ». Il souhaite un véritable « catéchuménat » en préparation au mariage.

Les familles qui se rassembleront autour du pape la semaine prochaine viendront de 116 pays du monde, dont 6 000 enfants de moins de 18 ans (le chiffre le plus élevé dans l’histoire des Rencontres mondiales des familles jusqu’à ce jour) et 7 000 bénévoles.

Pour le Festival avec le pape François au Croke Park Stadium, 85 000 billets ont été réservés et 500 000 places pour la messe finale au Phoenix Park.

Pour les trois journées de congrès (22, 23 et 24 août), les organisateurs ont enregistré quelque 37 000 inscriptions pour 65 ateliers avec 200 intervenants, des femmes laïques et de nombreux couples.

Plus de 100 délégations seront présentes au congrès, dont une cinquantaine des « périphéries du monde », grâce au soutien du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, en collaboration avec l’archidiocèse de Dublin et les autres diocèses irlandais.

« La famille doit se raconter à travers les familles elles-mêmes : qui pourrait être un meilleur témoin que ceux qui expérimentent chaque jour cette grande beauté ? » interroge le cardinal Farrell, préfet du Dicastère romain.

Un catéchuménat, au-delà de schémas pastoraux obsolètes

Il constate que ‘ »les attentes sont nombreuses, mais l’objectif de fond est principalement le développement de la pastorale familiale amplement dessinée par l’exhortation apostolique Amoris laetitia ».

Il explique le contexte actuel de cette pastorale qui nécessite un « catéchuménat » en préparation au mariage sacramentel catholique, de façon créative: « Nous vivons dans un contexte d’individualisme exaspéré qui risque d’étouffer la beauté du mariage et de la famille ; les schémas et les méthodes pastorales du passé semblent ne plus être fonctionnels devant les profonds changements sociaux ; dans cette situation radicalement nouvelle et souvent déstabilisante, nous sentons pourtant le devoir de préparer et d’accompagner les couples au mariage de manière plus exigeante et constante, comme un véritable « catéchuménat », selon l’heureuse expression du pape François. Il ne s’agit pas simplement d’organiser des cours prématrimoniaux. La question est bien plus profonde et concerne l’accompagnement, y compris durant les premières années de mariage, des hommes et des femmes qui décident de faire partie du projet de Dieu. »

Il fait observer que « par le passé, les familles se consacraient à cette tâche délicate et splendide, noyaux élargis qui constituaient ce réseau de soutien aujourd’hui disparu à cause de l’effilochage des relations ou aussi plus simplement à cause des difficultés objectives à accompagner, par exemple, les enfants qui, pour des impératifs de travail, sont contraints à vivre loin de leur lieu d’origine. »

Il ne s’agit pas de changer l’enseignement catholique

Pour le cardinal Farrell, le contexte difficile de l’Irlande d’aujourd’hui « contient en soi le germe de la renaissance » : « La force pour annoncer la joie au monde est inhérente à la vie des familles, vous l’entendrez souvent répéter ces jours-ci, et nous ne nous lasserons  jamais de l’annoncer, que la famille est toujours une ressource, soutien irremplaçable – avec son lexique spécial basé sur la grammaire de l’amour – pour le bien commun et la vie de l’Église. La rencontre de Dublin est le grand rendez-vous des familles catholiques qui se retrouvent pour manifester  sa foi et témoigner au monde – à toutes les familles et à toutes les personnes de bonne volonté – la joie de l’Évangile vécu, bien que dans la simplicité et les limites de notre condition. »

Il souligne aussi que « la Rencontre mondiale des familles n’a aucune intention de modifier la doctrine catholique sur le mariage, mais d’en montrer la fécondité et la beauté, surtout avec le signe de la joie. C’est cela le sens du titre : « L’Évangile de la famille : joie pour le monde » ».

La formation au mariage

Il indique la « formation au mariage » comme ligne directrice du rassemblement: « À travers un itinéraire raisonné et cohérent, le congrès traite des neuf chapitres d’Amoris laetitia, offrant un panorama doctrinal, pastoral et expérimental de toute l’exhortation. Le fil rouge des trois jours est la formation au mariage (éloignée, proche et successive), importante non seulement pour prévenir les conflits et les problématiques, mais aussi parce que la vocation au sacrement du mariage a besoin d’être préparée, accompagnée, suivie et soignée dans le temps. »

Le rassemblement s’inscrit aussi dans le sillage du travail de deux synodes et de la réforme du dicastère romain: « Le Congrès et la Rencontre de Dublin, qui atteindra son sommet avec la présence du pape François, veut être, de manière visible et hautement représentative de toute l’Église catholique, le fruit mûr des deux synodes sur la famille et du magistère pastoral du pape offert dans Amoris laetitia et dans les nombreuses interventions qui ont suivi, ainsi que dans l’œuvre de réforme de la Curie qui a concerné notre dicastère, compétent entre autre justement « pour le soin pastoral des jeunes, de la famille et de sa mission » (art. 1 des Statuts). »

Témoins de la joie

Enfin, le cardinal Farrell insiste sur la joie du témoignage des familles chrétiennes: « Le peuple irlandais plonge ses racines dans la foi chrétienne avec une profondeur hors du commun. Nous espérons que, grâce à la Rencontre, les familles pourront acquérir une conscience plus intense de leur vocation, qui est de témoigner la joie pour le monde malgré toutes les difficultés dont est évidemment constellé le chemin. Nous sommes convaincus que le fait de se regarder dans la glace et de partager cette vocation à la joie avec d’autres familles offrira à tous un style de vie  plus familial, en ligne avec l’essence la plus authentique du christianisme.

Avec Anita Bourdin

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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