Voeux au Corps diplomatique © Vatican Media

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Droits de l’homme : le pape dénonce des formes « subtiles » d’atteinte à la vie

Devant le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège

Devant les ambassadeurs du monde entier accrédités près le Saint-Siège, ce 8 janvier 2018, le pape a dénoncé des formes « subtiles » d’atteinte du droit à la vie, notamment la vie des enfants et des personnes âgées. Il a aussi mis en garde contre « des conceptions controversées des droits humains ».

Le pape a consacré son long discours annuel, à l’occasion de vœux de Nouvel An, à la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par les Nations Unies le 10 décembre 1948 : « Après soixante ans, a-t-il déclaré, il est regrettable de relever comment de nombreux droits fondamentaux sont aujourd’hui encore violés. »

« Le premier d’entre tous ces droits est celui à la vie, à la liberté et à l’inviolabilité de chaque personne humaine », a rappelé le pape pour qui « ce ne sont pas seulement la guerre ou la violence qui les compromettent ».

Et de dénoncer « des formes plus subtiles » d’atteinte à ce droit : « je pense d’abord aux enfants innocents, rejetés avant même de naître ; non voulus parfois uniquement parce qu’ils sont malades ou malformés, ou à cause de l’égoïsme des adultes. Je pense aux personnes âgées, elles aussi bien des fois rejetées, surtout si elles sont malades, car considérées comme un poids. Je pense aux femmes, qui souvent subissent des violences et des abus y compris au sein de leurs propres familles. Je pense, ensuite, à ceux qui sont victimes de la traite des personnes. »

Parmi le droit à la vie et à l’intégrité physique, le pape François a inclus « le droit à la santé de la personne et de ses proches » : il a invité à « favoriser surtout un accès facile de tous aux soins et aux traitements sanitaires. Il est important d’unir les efforts afin qu’on puisse adopter des politiques en mesure de garantir, à des prix accessibles, la fourniture des médicaments essentiels pour la survie des personnes démunies, sans négliger la recherche et le développement des traitements qui, bien que n’étant pas économiquement importants pour le marché, sont déterminants pour sauver des vies humaines ».

Des conceptions controversées des droits humains

« Au cours des années passées, surtout suite aux bouleversements sociaux de ‘1968’, l’interprétation de certains droits s’est progressivement modifiée, de façon à inclure une multiplicité de ‘nouveaux droits’, souvent en contradiction entre eux », a encore noté le pape.

« Des conceptions controversées des droits humains ont été exprimées, en contraste avec la culture de nombreux pays, qui ne se sentent pas par conséquent respectés dans leurs traditions socio-culturelles propres, mais plutôt négligés quant aux nécessités réelles qu’ils doivent affronter ». Le pape a alors averti du risque « que, au nom des mêmes droits humains, on en vienne à instaurer des formes modernes de colonisation idéologique des plus forts et des plus riches au détriment des plus pauvres et des plus faibles ».

En revanche, a-t-il ajouté, « les traditions de chaque peuple ne peuvent être évoquées comme un prétexte pour manquer au respect dû aux droits fondamentaux énoncés par la Déclaration universelle des droits humains ».

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