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"Repenser l'Europe", capture CTV

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Dialogue pour « une contribution chrétienne à l’avenir du projet européen »

A trois voix, le pape, le card. Marx et M. Tajani

« La première, et peut-être la plus grande contribution que les chrétiens puissent offrir à l’Europe d’aujourd’hui, c’est de lui rappeler qu’elle n’est pas un ensemble de nombres ou d’institutions, mais qu’elle est faite de personnes », déclare le pape François.

Le pape a en effet participé, ce samedi 28 octobre 2017, à 17h30, au « dialogue » entre représentants des communautés chrétiennes et de la vie politique, sur le thème « (Re)penser l’Europe. Une contribution chrétienne à l’avenir du projet européen ».

Le pape a décliné en sept points l’espace européen: personne et communauté, lieu de dialogue, domaine inclusif, espace de solidarité, source de développement, promesse de paix et « être l’âme de l’Europe ».

« Personne et communauté sont donc les fondements de l’Europe que, en tant que chrétiens, nous voulons et pouvons contribuer à construire. Les pierres de cet édifice s’appellent : dialogue, inclusion, solidarité, développement et paix », a expliqué le pape dans ce 5e grand discours sur l’Europe.

Il a notamment fait observer, à propos des migrants: « On est authentiquement inclusif lorsqu’on sait valoriser les différences, en les assumant comme patrimoine commun et enrichissant. Dans cette perspective, les migrants sont une ressource plus qu’un poids. Les chrétiens sont appelés à méditer sérieusement l’affirmation de Jésus: «J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli» (Mt 25, 35). Surtout devant le drame des déplacés et des réfugiés, on ne peut pas oublier le fait qu’on est devant des personnes, qui ne peuvent pas être choisies ou rejetées selon le bon vouloir, suivant les logiques politiques, économiques, voire religieuses. »

En même temps, le pape a ajouté: « Cela n’est pas en opposition avec le droit de chaque autorité de gouvernement de gérer la question migratoire «avec la vertu propre au gouvernement, c’est-à-dire la prudence», qui doit tenir compte aussi bien de la nécessité d’avoir un cœur ouvert que de la possibilité d’intégrer pleinement, au niveau social, économique et politique, ceux qui arrivent dans le pays. »

« On ne peut pas penser que le phénomène migratoire soit un processus sans discernement et sans règles, a affirmé le pape, mais on ne peut pas non plus ériger des murs d’indifférence ou de peur. De leur côté, les migrants eux-mêmes ne doivent pas négliger le devoir grave de connaître, de respecter et d’assimiler aussi la culture ainsi que les traditions de la nation qui les accueille. »

Il a affirmé que « de la foi jaillit une espérance joyeuse, capable de changer le monde ».

Le discours du pape a été précédé par deux allocutions du cardinal Reinhard Marx, président de la COMECE, et du président du Parlement européen, Antonio Tajani.

Le cardinal Marx s’est exprimé dans sa langue l’allemand, écouté par le pape sans écouteurs de traduction. Il a notamment encouragé l’engagement des chrétiens en politique. Faisant sourire le pape, il a salué l’amour de l’Europe manifesté par le pape argentin venu « du bout du monde ». Il a rappelé que construire l’Europe ce n’est pas forger son « uniformité », mais encourager l’unité dans la diversité ». I a souhaité que les chrétiens aient une « vision » de l’Europe de façon à être « prêts à s’engager ».

M. Tajani s’est exprimé en italien, sauf à la fin, en espagnol, pour saluer le pape. Il a notamment reconnu que l’Europe actuelle « cela ne va pas » et qu’il faut travailler à la « changer », mais sans renoncer. Il a affirmé que « défendre la personne et la famille sont des choix fondamentaux pour l’Europe ».  Il a donné l’exemple du Prix Sakharov décerné à l’opposition du Venezuela, et à la protestation de l’Europe contre la situation de ce pays où des enfants meurent de faim. Il a aussi exprimé la « préoccupation » du Parlement européen préoccupation pour la situation au Myanmar, en Turquie, et la journaliste Daphne Caruana Galizia assassinée à Malte. Il a insisté sur la nécessité d’une plus grande solidarité avec l’Afrique et de « ne laisser personne en-arrière, pas même en Europe ». Il a plaidé pour « la protection de la personne y compris dans le travail » et la lutte contre chômage. En espagnol, il a affirmé, entre autre, le « sens de la responsabilité politique du Parlement européen » qu’il préside.

Le texte intégral de traduction officielle de l’italien, du discours du pape François, prononcé en italien se trouve ici.

About Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (IJRS, Bruxelles), théologie biblique (PUG, Rome), lettres classiques (Paris IV, Sorbonne).

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