« C’est la crise de la famille qui met en mouvement l’Église », affirme le card. Farrell

Un an après la publication d’Amoris Laetitia

Cardinal Farrell, capture vidéo WFAA

Cardinal Farrell, capture vidéo WFAA

« Ce n’est pas Amoris Laetitia qui a mis en crise la famille; c’est la crise de la famille qui met en mouvement l’Église », affirme le cardinal Kevin Farrell, préfet du nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. Il souligne la nouveauté de l’exhortation apostolique post-synodale un an après sa sortie (19 mars 2016).

Le cardinal s’exprime sur le sens d’Amoris Laetitia et son lien avec les précédents documents de l’Église sur la famille dans une interview à la revue espagnole Vida Nueva publiée intégralement sur le site du dicastère. Il parle aussi des futures Journées internationales de la jeunesse au Panama, en 2019, et du 50e anniversaire de l’encyclique Humanae Vitae (1968) du pape Paul VI.

Amoris Laetitia, « le document du magistère le plus attendu »

Le cardinal Farrell note qu’Amoris Laetitia, est « le document magistère le plus attendu de ces dernières années ». Une de ses idées centrales et que « le sens du mariage chrétien n’a pas changé – ni l’annonce de sa beauté par l’Église » estime le préfet : « mais la pastorale, les soins, l’attention de l’Église envers les familles, en particulier envers les personnes qui ont le plus besoin d’aide, de soutien et d’accompagnement, doivent changer, en termes de croissance et d’approfondissement. C’est la véritable révolution ».

Pour l cardinal, « l’indissolubilité du mariage » n’est pas « en danger à cause d’Amoris Laetitia » : l’Église « réaffirme l’union indissoluble entre l’homme et la femme » et « encourage et remercie … les familles qui restent fidèles aux enseignements de l’Évangile ».

En publiant Amoris Laetitia, souligne le préfet, « le pape a ouvert la voie pour rappeler certains défis pastoraux » qui touchent avant tout « des chemins pratiques », des « conseils » et des « stratégies ». Le cardinal rappelle, toujours en citant l’exhortation, que « tout cela constitue une pédagogie de l’amour qui ne peut pas ignorer la sensibilité actuelle des jeunes ».

Rencontre mondiale des familles à Dublin

Le cardinal Farell parle aussi de la préparation de la IXe Rencontre mondiale des familles qui se tiendra à Dublin du 22 au 26 août 2018 sur le thème « L’Évangile de la famille, joie pour le monde ». Il estime qu’il existe un lien entre cet événement et l’exhortation apostolique : c’est « le thème de la joie » qui les unit. « Amoris Laetitia, ajoute-t-il, est l’annonce de la joie de l’Évangile à la famille, lieu préférentiel de l’amour. »

« La famille, le monde, l’Église, la Croix et la Trinité sont les éléments qui composent le logo de la rencontre de Dublin », rappelle le cardinal. « Derrière, on voit la carte du monde, de la maison commune de toutes les familles ».

Une lettre officielle du pape pour cette rencontre est attendue à la fin du mois de mars, précise le cardinal. Elle donnera « des indications plus précises » sur « la façon dont l’Évangile continue à être la joie pour le monde d’aujourd’hui et comment les familles peuvent vivre et témoigner » que « la miséricorde est le cœur de Dieu ».

JMJ 2019 au Panama

Le cardinal Farell parle aussi de la préparation des JMJ prévues du 22 au 27 janvier 2019 au Panama. La première réunion officielle s’est tenue en novembre 2016 à Rome, explique-t-il. Et en décembre, il a visité le Panama : « Ce fut une belle occasion pour visiter les sites possibles qui accueilleront les célébrations et pour connaître la réalité du pays et de l’Église locale », dit-il. « Nous annoncerons bientôt le logo et l’hymne » de cet événement, ajoute le préfet.

Il y aura en avril à Rome, poursuit le cardinal, une rencontre internationale « des leaders de la jeunesse et des jeunes … du monde entier ainsi que des représentants de mouvements et d’associations internationales ». L’« une occasion d’une évaluation des JMJ de Cracovie et de la préparation de celles de Panama ». En outre, ce « sera également l’occasion d’aborder les questions liées au prochain Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, dit le cardinal. Le dimanche des Rameaux, les jeunes Polonais livreront les symboles des Journées (la croix, et l’icône de Marie Salut du Peuple romain) aux jeunes Panaméens, continuant la tradition du relais. »

Si pour des raisons de climat, la rencontre aura lieu durant l’hiver de l’hémisphère nord, le cardinal se dit « confiant » : « nous ne devrions pas sous-estimer la capacité des jeunes à trouver des occasions de participer ». En outre, en « août les jeunes Latino-Américains sont en année scolaire et eux aussi ont dû prendre des dispositions pour les Journées européennes » advenues en Europe.

50e anniversaire de l’encyclique Humanae Vitae

L’année prochaine aura lieu le 50e anniversaire de la publication de l’encyclique Humanae Vitae du pape Paul VI. Le cardinal Farell rappelle que le pape François cite « largement » cette encyclique dans Amoris Laetitia.

« Contredite et souvent mal comprise, parce que souvent réduite à un problème de pilule en négligeant l’enseignement principal: l’inséparabilité des aspects unitif et procréatif de l’union conjugale », la publication d’Humanae Vitae était « particulièrement difficile », note-t-il. « Mais sans aucun doute elle fait partie de la seule route doctrinale et de la sagesse de l’Église sur le mystère de la vie humaine ».

Humanae Vitae, estime le cardinal, « comme Amoris Laetitia, parlent surtout du thème de l’amour, chacun à sa manière, … ce sont de grands enseignements sur l’amour que nous devons mettre à la base de la pastorale familiale, mais aussi de celle des jeunes, en vue de l’éducation à l’amour avant même la préparation au mariage ».

Le nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie

Le préfet aborde aussi « les plans de travail » du nouveau dicastère qu’il dirige depuis septembre 2016 : « la logistique – travaux pour permettre la réunification des deux conseils précédents », « le personnel » et « le contenu » pour « élaborer et mettre en œuvre les lignes directrices indiquées dans les Statuts ».

« Je souhaite, conclut-il, qu’autant que possible, avec la nomination de membres et de consultants – y compris des hommes et des femmes laïcs, célibataires et mariés, engagés dans les différents domaines d’activité et provenant des différentes parties du monde – le Dicastère puisse démontrer pleinement l’universalité de l’Église. »

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